Aider un enfant en difficulté ou un handicapé en école

Les élèves ont tendance à admettre souvent avec difficulté ceux qui ne leur ressemblent pas. Ils peuvent même être méchants. Le fait de souffrir d’un handicap, physique ou mental, peut représenter une différence selon l’esprit enfantin. Les écoles sont maintenant tenues d’accueillir toutes les sortes de handicaps et il vous faudra les gérer, avec l’aide de vos élèves. Vos élèves vous seront d’une grande aide car autant ils peuvent devenir une meute qui s’acharne sur l’enfant différent, autant ils sauront, quelquefois mieux que vous, le prendre en charge, l’aider, le protéger.

Lorsque vous accueillez un enfant différent, demandez à vos élèves de vous aider à le gérer. Ils sauront très bien le faire, ils se sentiront investis d’une responsabilité. Au contraire, s’ils ne se sentent pas concernés, s’ils n’ont pas appris à être tolérants, ils l’accuseront alors de tous les maux : c’est lui qui aura « volé » le crayon, c’est lui qui aura tapé dans la cour, c’est lui encore qui empêche de travailler… Chaque enfant différent demande un traitement approprié. Telle méthode qui peut convenir avec l’un peut être totalement inefficace avec un autre.

Pensez à vous faire aider par le médecin scolaire ou encore par vos collègues. Certains enfants différents seront accompagnés par un Assistant de Vie Scolaire (AVS) qui aura pour tâche de vous aider dans leur gestion. Son rôle dans la classe ne se limitera pas à aider son « protégé » : il pourra travailler en collaboration avec vous, avec d’autres enfants, mais sera tout à son activité quand l’élève dont il a la charge aura besoin de son intervention exclusive.

L’enfant en difficulté scolaire

Cet élève a besoin impérativement de vous. De votre attitude dépendra la manière dont il sera perçu par ses camarades.

Voici quelques moyens pour l’aider à sortir de sa condition :

  • Place dans la classe : vous le placerez auprès d’un très bon élève à qui vous demanderez d’aider son camarade, de lui expliquer, avec ses mots, qui seront peut-être mieux entendus que les vôtres.
  • Participation : vous le solliciterez davantage que les autres : c’est lui qui répétera la consigne, c’est lui qui répondra à votre question, même s’il n’a pas levé le doigt.
  • Attention particulière : vous aurez pour lui une attention particulière, quitte à être auprès de lui quand il réalise un exercice.
  • Valorisation très fréquente : vous mettrez en valeur tout progrès, tout effort, même minime.
  • Performances spécifiques : vous devez trouver un champ disciplinaire dans lequel il réussit mieux que beaucoup d’autres : sa gentillesse, son adresse, la course, la souplesse, le graphisme, l’écriture, le théâtre, la poésie, etc. Il vous appartiendra alors de mettre en valeur ses qualités.
  • Soutien quotidien : la nouvelle organisation de l’école donne la possibilité de le soutenir presque quotidiennement dans les matières où cela paraît le plus indispensable.

Avec tout cela, ses camarades comprendront facilement que vous lui accordiez une attention particulière et, souvent, vous imiteront et le prendront en charge.

enfant en difficulté scolaire

L’enfant handicapé physique

C’est sûrement l’enfant « différent » le plus facile à intégrer et le plus facilement accepté par ses camarades. Ceux derniers prendront sans difficulté cet élève en charge, que ce soit pour lui porter son sac, l’aider à se déplacer ou à s’installer en classe…

Pour faciliter son intégration, veillez à ce que tous les élèves de la classe se retrouvent en situation de l’aider à différents moments. Veillez à ne pas déléguer cette aide à un seul élève. D’une part vous imposeriez à celui-ci une trop lourde responsabilité, et, d’autre part, vous ne faciliteriez pas l’intégration de l’enfant concerné. Il est important qu’il ait, lui aussi, à s’adapter à des partenaires différents.

Pour l’Éducation nationale, l’égalité des droits et des chances concerne bien sûr l’accessibilité au savoir et à la connaissance. Cela se traduit aujourd’hui d’abord par le droit sans restriction à l’inscription dans l’établissement scolaire le plus proche du domicile de l’enfant. Cela se concrétise aussi par l’ensemble des mesures collectives ou individuelles qui permettent aux élèves handicapés de recevoir l’enseignement auquel ils ont droit, au même titre que les autres élèves. Il peut s’agir de matériel pédagogique adapté mais aussi, dans certains cas, d’aides humaines peu ou très spécialisées : AVS (auxiliaire de vie scolaire), secrétariat, interprète en langue des signes…

un enfant handicapé physique

Chaque enfant handicapé bénéficie d’un projet personnalisé de scolarisation, projet établi en concertation avec les équipes pédagogiques et les représentants de la Maison du handicap. Dans ce projet figureront entre autres les temps de présence à l’école, l’aide apportée par un AVS, les objectifs espérés, les aides extérieures dont bénéficiera l’élève… Un enseignant référent assurera le suivi du projet. C’est auprès de lui que le professeur des écoles en charge d’un élève handicapé trouvera aides et conseils.

L’enfant handicapé mental

Suivant la nature du handicap, ce peut être une des intégrations les plus difficiles à réussir. Il peut s’agir d’un enfant trisomique, d’un autiste mais aussi d’un hyperactif.

Les élèves de la classe devront s’adapter au fait qu’il soit nécessaire d’être plus tolérant avec cet élève particulier. Il leur sera difficile d’admettre que le maître accepte que cet élève différent fasse preuve d’apparente indiscipline et ait un comportement que les règles de la classe ne leur permettent pas.

Ce sera un travail de longue haleine, ce sera un effort supplémentaire qui est demandé à ses camarades. La présence d’un AVS est souvent d’un grand secours, car celui-ci pourra alors isoler son patient, le sortir de la classe quand sa présence deviendra par trop déstabilisante pour les autres.

un enfant handicapé mental

Un contact régulier avec les parents est indispensable : il faut qu’ils vous fassent confiance mais qu’ils ne se déchargent pas complètement sur vous de la difficulté des apprentissages et de l’intégration, en particulier en l’absence d’un AVS. Ce contact régulier vous permettra de demander aux parents une déscolarisation partielle ou momentanée quand la gestion deviendra par trop difficile.

Par ailleurs, facilitez les horaires pour des séances avec des intervenants spécialisés, au sein de l’école ou dans le domaine privé. En ce qui concerne la dyslexie par exemple, plusieurs  moyens peuvent venir en aide aux élèves dyslexiques. Un article qui abordera ces moyens sera publié ultérieurement.

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