Bien admettre la différence dans une classe

Qu’est-ce qu’un enfant différent dans une classe ? Tous les cas peuvent être envisagés. Les élèves ont tendance à admettre souvent avec difficulté ceux qui ne leur ressemblent pas. Ils peuvent même être méchants. La différence peut être aux yeux des enfants : ne pas avoir la même couleur de peau, être étranger, ne pas être habillé comme les autres… Mais, c’est aussi souffrir d’un handicap, physique ou mental. Vos élèves vous seront d’une grande aide car autant ils peuvent devenir une meute qui s’acharne sur l’enfant différent. Autant ils sauront, quelquefois mieux que vous, le prendre en charge, l’aider, le protéger. Lorsque vous accueillez un enfant différent, demandez à vos élèves de vous aider à le gérer. Ils sauront très bien admettre la différence. Ils se sentiront investis d’une responsabilité.

Au contraire, s’ils ne se sentent pas concernés, s’ils n’ont pas appris à être tolérants. Ils l’accuseront alors de tous les maux. Chaque enfant différent demande un traitement approprié. Telle méthode qui peut convenir avec l’un peut être totalement inefficace avec un autre. Positivez la présence d’un enfant différent dans votre classe : c’est un excellent moyen d’aborder les thèmes du « vivre ensemble ».

Bien admettre la différence

L’enfant d’une autre culture

L’enfant d’une autre culture doit être considéré comme une richesse pour les autres élèves de la classe, particulièrement dans deux domaines. 
La première relève du vivre ensemble : cet enfant est différent, il est d’une autre couleur de peau, il a une histoire différente, il n’a peut-être pas les mêmes habitudes, les mêmes valeurs que les nôtres. Sa religion est peut-être différente. Ce sera donc avec prudence qu’on aborde les problèmes de couleur ou d’origine. La présence de ces enfants est très importante pour aborder l’aspect multiculturel de notre pays où l’une des valeurs de la République est l’égalité. Elle peut aussi permettre d’aborder le sujet du racisme et admettre la différence.

La deuxième richesse peut relever de l’histoire et de la culture. L’enfant qui a des origines différentes ne pourra en parler que s’il est un primo arrivant, par contre il lui sera beaucoup plus difficile d’aborder le problème de ses origines s’il est de la deuxième ou troisième génération. D’autant que si ses parents ont eu comme ambition de s’intégrer, ils n’ont pas transmis leur histoire à leur enfant. Dans les écoles multiculturelles, il peut être intéressant de faire échanger, se rencontrer les parents, sur des thèmes particuliers : les contes, les repas, les habitudes, l’éducation, l’habitat, les cultures

Soyez toujours extrêmement prudent, évitez des paroles ou des gestes qui pourraient paraître déplacés par rapport aux habitudes culturelles ou religieuses de vos élèves.  Certaines pages d’histoire sont plus difficiles à traiter que d’autres. De même, s’il est recommandé de « coller » à l’actualité pour étudier des chapitres du « vivre ensemble », de l’histoire ou de la géographie, il faudra le faire avec circonspection et délicatesse quand ces thèmes pourront concerner des élèves ou leur famille.

L’enfant en difficulté scolaire

C’est un de nos échecs. Il renvoie une image négative de notre efficacité. Nous ne savons pas par quel biais l’amener à progresser et, rapidement, si nous n’y veillons pas, nous baissons les bras et nous décidons inconsciemment que nous ne pouvons rien faire. Et pourtant, cet élève est bien le seul qui a besoin impérativement de nous et d’en admettre la différence. De votre attitude dépendra la manière dont il sera perçu par ses camarades. Voici quelques moyens pour l’aider à sortir de sa condition.

  • Sa place dans la classe : vous le placerez auprès d’un très bon élève à qui vous demanderez d’aider son camarade, de lui expliquer, avec ses mots, qui seront peut-être mieux entendus que les vôtres.
  • Participation : vous le solliciterez davantage que les autres. C’est lui qui répétera la consigne. C’est lui qui répondra à votre question, même s’il n’a pas levé le doigt.
  • Attention : vous aurez pour lui une attention particulière, quitte à être auprès de lui quand il réalise un exercice.
  • Valorisation : vous mettrez en valeur tout progrès, tout effort, même minime.
  • Performances : vous devez trouver un champ disciplinaire dans lequel il réussit mieux que beaucoup d’autres. Il vous appartiendra alors mettre de mettre en valeur ses qualités.
Bien admettre la différence

Bien admettre la différence du « bon » élève

C’est lui qui vous donne toutes les satisfactions. II vous renvoie l’image d’un bon maître, répond à toutes les questions, réussit tous les exercices. Il a toujours fini avant les autres. Et il arrive même que l’on considère comme un surdoué.

Il semblerait qu’il soit facile de gérer ce type d’élèves mais quelquefois il n’en est rien. Il ne laisse pas de place aux autres, vous n’avez pas fini de poser votre question qu’il vous a devancé pour répondre. Ainsi, il empêche ses camarades de se donner la peine de chercher. Vous aurez tôt fait de vous laisser abuser par ces quelques élèves qui fonctionnent tout seuls, qui n’ont pas besoin de vous. Il vous semblera que le concept ou la connaissance que vous avez voulu faire passer est compris de tous.  Un moyen de canaliser ce type d’élèves plus à l’aise que les autres est de lui demander de vous aider à prendre en charge des camarades qui ont des difficultés. Souvent, les explications données par un pair sont plus aisément compréhensibles. Il se sentira alors investi d’une tâche noble et il prendra à cœur de réussir là aussi.

L’enfant ayant un handicap physique

C’est sûrement l’enfant handicapé le plus facile à intégrer el le plus facilement accepté par ses camarades. Encore faut-il que les conditions matérielles de déplacement permettent des déplacements faciles dans l’école. Les camarades de la classe prendront sans difficulté cet élève en charge, que ce soit pour lui porter son sac, l’aider à se déplacer ou le « défendre » contre les élèves des autres classes. Vous n’aurez qu’à lui proposer des activités qu’il peut réaliser seul, ou aidé par un camarade.

Pour faciliter son intégration, veillez à ce que tous les élèves de la classe se retrouvent en situation de l’aider à différents moments. Veillez à ne pas déléguer cette aide à un seul élève. D’une part vous imposeriez à celui-ci une trop lourde responsabilité, et, d’autre part, vous ne faciliteriez pas l’intégration de l’enfant concerné. Il est important qu’il ait, lui aussi, à s’adapter à des partenaires différents.

Admettre la différence d’un enfant ayant un handicap mental

Suivant la nature du handicap, ce peut être une des intégrations les plus difficiles à réussir. Il peut s’agir d’un enfant trisomique, d’un autiste mais aussi d’un hyperactif.  Les élèves de la classe devront s’adapter au fait qu’il soit nécessaire d’être plus tolérant avec cet élève particulier. Il leur sera difficile d’admettre que le maître accepte que cet élève différent fasse preuve d’apparente indiscipline et ait un comportement que les règles de la classe ne leur permettent pas. Ce sera un travail de longue haleine, ce sera un effort supplémentaire pour ses camarades.

Un contact régulier avec les parents est indispensable. Il faut qu’ils vous fassent confiance. Mais qu’ils ne se déchargent pas complètement sur vous de la difficulté des apprentissages et de l’intégration. Ce contact régulier vous permettra de demander aux parents une déscolarisation partielle ou momentanée quand la gestion deviendra par trop difficile. Par ailleurs, facilitez les horaires pour des séances avec des intervenants spécialisés, au sein de l’école ou dans le domaine privé.

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