Bien définir un objectif pédagogique

Si vous ne savez où vous allez, vous arriverez probablement ailleurs. Certains objectifs comme par exemple apprendre à aimer la musique, peuvent sembler risibles. En fait, ils sont extrêmement difficiles, sinon impossibles, à réaliser tant que leur définition reste aussi vague. Pour être utile, un objectif pédagogique doit être exprimé en termes concrets. Il est idéal s’il décrit comment agit l’étudiant qui a atteint effectivement l’objectif, les conditions dans lesquelles la performance désirée est effectuée, et les moyens de déterminer si l’objectif est atteint. Un objectif défini utilement est donc un objectif qui nous aide à voir où nous allons et à comprendre si nous sommes arrivés. Le présent article vous proposera quelques idées pour vous aider à bien définir un objectif pédagogique.

bien définir un objectif institutrice

Distinguer, tout d’abord, les objectifs affectifs

Peut-être n’avez-vous jamais trempé dans les eaux troubles des objectifs affectifs c’est-à-dire de ceux qui touchent aux sentiments ou aux attitudes. Ce domaine est pavé de bonnes intentions bien plus que de savoir ou d’expérience. Il vaut donc mieux avancer avec précaution. Considérons tout d’abord le mot « attitude ». Ce terme est certes utile dans la conversation courante. Mais il n’est pas utile si nous nous occupons d’objectifs que nous désirons réellement atteindre et si nous voulons bien définir un objectif. En fait, «attitude» est un terme servant à désigner une tendance générale de l’individu à agir d’une certaine manière en certaines circonstances.

Notre emploi du mot « attitude » est fondé sur ce que dit ou fait une personne. Il est fondé sur un comportement visible. Si, par exemple, quelqu’un aime écouter de la musique composée par Bach. On en déduit une tendance, une inclination, une propension.., ou une « attitude ». Chaque fois que nous utilisons le mot « attitude », nous prédisons le comportement futur d’un individu d’après nos observations sur son comportement antérieur. Dire qu’une personne a une attitude favorable envers la musique classique signifie : on peut prévoir qu’elle en parlera favorablement. Il recherchera ce stimulus. Il s’y soumettra aussi longtemps que possible. Dire qu’une personne a une attitude négative envers la télévision signifie: on peut prévoir que, mise en présence de la télévision, cette personne essaiera de s’éclipser. Il ne fera sans doute aucun effort pour se soumettre à ce stimulus.

Quand nous classons un individu comme ayant une « attitude favorable », nous prédisons une réaction de mouvement vers, en nous basant sur un comportement de « mouvement vers » déjà observé. Réciproquement, quand nous déclarons qu’un individu a une « attitude négative », nous prédisons une réaction d’évitement, déduite d’un comportement d’éloignement remarqué précédemment.

définir un objectif cible

Les objectifs portant sur le comportement

Supposons maintenant que nous parlions de comportement au lieu d’«attitude». Après tout, c’est au comportement de l’étudiant que nous nous intéressons pour bien définir un objectif pédagogique. En nous limitant à cela, nous évitons les zones nébuleuses des «vraiment». L’étudiant a-t-il « vraiment » telle attitude, ou plutôt telle autre… Nous trouvons, dans le comportement, quelque chose de concret. Nous traitons de réactions. Et nous pouvons concentrer notre attention sur l’augmentation de la fréquence des «mouvements vers», ou réactions d’approche et sur la réduction des réactions d’évitement. De plus, nous pouvons non seulement tenter d’atteindre l’objectif fixé, mais aussi en évaluer la réalisation.

“Quand cesse l’action sur un étudiant, le pourcentage de ses réactions d’approche en présence du sujet enseigné sera au moins égal à ce qu’il était quand cet étudiant arriva au cours”. Cet objectif explique bien ce qu’il faut chercher dans le comportement de l’étudiant. Il requiert, en fait, des réactions d’approche envers la matière. En plus, cet objectif spécifie clairement quand le comportement est censé se manifester. Il dit que le comportement devrait apparaître lorsque l’étudiant est sur le point d’échapper à votre influence. Dans ce cas vous désirerez peut-être examiner cette tendance à l’approche à intervalles réguliers afin de vérifier comment, et si, elle progresse de façon positive. Il est essentiel que la performance recherchée soit observée avant le départ de l’étudiant.

L’objectif indique aussi que vous devrez évaluer la situation au début et à la fin du cours. Ce qui conduit à une comparaison entre les deux moments. La façon dont vous rédigez l’objectif démontre que le genre de tests ou de situations utilisés pour ces évaluations est indifférent. C’est le pourcentage de réactions d’approche qui est important. Il doit être au moins égal au début et à la fin de votre action.

Est-ce suffisant pour bien définir un objectif pédagogique ?

Certains d’entre vous se demandent peut-être pourquoi l’objectif se préoccupe seulement des réactions de l’étudiant quand il est confronté avec la matière enseignée. Et pourquoi il ne traite pas des efforts de l’étudiant pour être en présence de la dite matière, ni de leur fréquence. Après tout, seules les réactions de l’étudiant placé par hasard en présence d’un sujet ou d’une activité nous intéressent-elles ?

Non, bien sûr. Mais si vous désirez connaître les réactions de l’élève, après son départ, envers la matière que vous enseignez, cela nécessite alors un nouvel énoncé. Il s’agit en effet d’un nouvel objectif. Vous pourriez le rédiger ainsi : “Pendant une période allant de… à… , la fréquence des réactions d’approche de l’étudiant envers tel sujet sera au moins égale à celle du premier mois de cours”. Supposons que les étudiants soient encore accessibles après leur départ loin de vous. Comment pourriez-vous évaluer la réalisation de cet objectif ? Par exemple, en suivant vos élèves et en comptant le nombre de fois où ils ont fait quelque chose se rapportant à votre cours ? Ce n’est pas facilement réalisable évidemment.

Au lieu de cela, vous pourriez leur demander de mesurer eux-mêmes leurs besoins en réalité pour la matière enseignée. C’est-à-dire, de dénombrer les fois où ils ont acheté un disque, où ils sont allés au concert, où ils ont peint un tableau, où ils ont tentés de résoudre un problème, etc… Cependant, à moins d’être à même d’évaluer facilement les réactions de l’étudiant après la fin de votre cours. Il vaut mieux limiter un objectif à ce qui se passe tant que s’exerce votre influence. Vous pouvez alors toujours apprécier dans quelle mesure vous avez atteint votre but.

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

error: Content is protected !!