Bienfaits de la formation professionnelle pour les jeunes en difficulté

Nombreux sont les professionnels qui constatent que la formation professionnelle et technologique introduit des changements positifs et modifie le rapport aux apprentissages. Quels sont les changements ? Que se passe-t-il lorsque le jeune en difficulté s’est réapproprié les savoirs ? Quels bienfaits de la formation professionnelle pour ces jeunes ?

De façon générale, ces changements sont liés aux particularités ainsi qu’aux contenus spécifiques à cette formation.

bienfaits de la formation professionnelle

Un horizon élargi avec d’autres perspectives

En formation professionnelle, l’horizon s’élargit hors de l’espace scolaire ou institutionnel. Le jeune devient acteur ailleurs, dans un autre environnement, un autre temps, une autre perspective personnelle et sociale.
Quittant le milieu spécialisé ou adapté qui l’entourait, le protégeait jusqu’alors, il entre dans la réalité. À ce moment il répond, pour la première fois, à des sollicitations familiales ou institutionnelles mais aussi sociales ou personnelles.
Ce temps permet aussi au jeune de se situer en variant les points de vue et les perspectives. L’alternance formation-entreprise permet de placer l’apprenant dans et à côté de l’école, dans une relation égocentrée et plus ou moins allocentrée :

  • égocentrée car elle informe le jeune sur ses propres possibilités
  • allocentrée parce qu’elle le situe à la fois par rapport à une production en particulier, à un environnement en général. Mais aussi relativement aux autres dans des relations sociales de hiérarchie et de collaboration.

Un nouveau départ avec d’autres savoirs, parmi les bienfaits de la formation professionnelle

Cette situation particulière permet aussi au jeune d’être acteur, au sens où, avec et parmi d’autres, il est une personne qui prend une part déterminante dans une action. Par ses actes, ses responsabilités, il se distingue au lieu d’être simplement distinct. Il révèle ainsi son individualité. Il peut s’autoriser un nouveau départ, de nouvelles initiatives et quelquefois l’oubli d’un passé d’échec scolaire douloureux. Par exemple, pour un jeune handicapé, une intégration en milieu professionnel ordinaire est souvent plus facile à mettre en œuvre qu’une intégration en milieu scolaire.

Les savoirs des cours scolaires et les savoirs professionnels n’ont pas tout à fait le même statut. Le savoir professionnel moins sacralisé, il trouve sa justification dans les résultats d’actions.

Pour la formation technique et professionnelle, les buts sont plus explicites, les objectifs et consignes sont clairs. Le travail conduit à un produit fini ou à des objectifs spécifiques (en entreprise l’action engagée-achevée). La réussite est vérifiable et évaluée.

Efficacité et expérimentation de stratégies

D’une part, chaque geste est chargé de signification en amont et en aval de l’action. Le jeune apprend à être efficace. Mais il obéit aussi à des règles, à des gestes, à des attitudes chargées de culture, d’histoire, de traditions (culture sociale et technologique, culture d’entreprise). Pour être accepté par le groupe, il devra remarquer puis respecter ces codes implicites. En stage, il sait qu’il peut quitter l’entreprise ou être jugé indésirable sur décision de l’employeur. Sa présence n’est pas obligée mais choisie.

D’autre part, l’action oblige le jeune à utiliser ses capacités sur un registre qui lui est notoirement difficile : simuler des hypothèses, prédire et prévoir les conséquences. Ainsi, un des bienfaits de la formation professionnelle, elle permet de construire puis de reproduire des stratégies déjà expérimentées. Ces stratégies sécurisent mais autorisent les variations. Elles se déroulent sur un temps suffisant pour favoriser les apprentissages. Certains constatent que les jeunes dépassés par la multitude d’informations à intégrer, à choisir. Mais ils progressent au fil des jours s’ils sont accompagnés. La situation naturelle répond au référentiel type qui prend là tout son sens : s’informer, analyser, réaliser, communiquer.

Valorisation des compétences et apprentissage de l’autonomie et de la collaboration

Le travail est nécessairement adapté : on ne donne pas des tâches insurmontables car tout travail doit être utile. De fait, il valorise les compétences car il y a obligation de résultat. Le jeune a le sentiment d’être socialement utile. Il rend un véritable service. Son travail peut avoir une valeur marchande. On sait que la résignation apparaît lorsque le jeune ne perçoit plus l’utilité de son action et qu’une demande excessive produit le découragement.

Parmi les bienfaits de la formation professionnelle, en fait, le groupe n’est pas vécu comme un système en compétition individuelle. Mais comme celui de la collaboration, de la coopération, de l’entraide même. Toutefois, la situation de travail oblige à l’autonomie, notamment lors des stages en entreprises lorsque les cadres intermédiaires n’existent pas. Elle permet l’émergence d’un sentiment de compétence. Elle participe à la revalorisation narcissique du jeune. Enfin, elle suscite la motivation qui est la résultante de la compétence perçue et de l’autodétermination.

formation professionnelle

Autres précieux bienfaits de la formation professionnelle, faciliter le dialogue et promouvoir l’engagement personnel

A travers le dialogue permanent et les interactions peut naître la réussite.

Pour cela les acteurs devraient:

  • Privilégier les rencontres, les discours, les situations. Les rencontres qui relient, qui recomposent, qui construisent et reconstruisent. Par exemple le suivi des stages, le travail conjoint de deux enseignants professionnel et général sur un temps commun d’enseignement. Sur des périodes, sur des projets permet à l’un d’entrevoir une partie des contenus de l’autre, de comprendre les corrélations possibles.
  • Organiser la contractualisation de la formation scolaire sur des objectifs explicites qui donnent du sens à la formation. Cette contractualisation clairement exprimée autorise l’engagement et permet au jeune de se situer dans le lien scolaire/professionnel.
  • Autoriser le temps de choisir, de s’informer, de différer le choix… et le droit de changer d’avis ou d’évoluer… autoriser plusieurs formations, parcours… plusieurs lieux de formation sans limite d’âge sachant qu’il faut généralement plus de temps aux élèves handicapés ou en difficulté. La multiplicité des parcours est cohérente avec la conception humaniste.
  • Les jeunes en difficulté sont dans une situation paradoxale parce qu’ils sont souvent en échec scolaire. Ils choisissent très tôt un projet de parcours professionnel court sur des choix limités. Alors qu’ils ont besoin de formations riches en parcours et en choix sur un temps retardé et élargi.

Pour conclure, la formation professionnelle est un lieu privilégié de mise en cohérence, d’engagement personnel, de re-motivation. La mise en cohérence des aspirations personnelles, sociales, familiales et des référentiels scolaires et professionnels avec la perception d’informations qui sont toujours à reconstruire à lier et à recomposer. La re-motivation garantie lorsque ce lieu de mise en cohérence révèle des compétences et rencontre les attentes et les choix des adolescents et de leur famille.

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