Comment fixer les objectifs d’une nouvelle éducation (1ère partie)

Pour construire un système éducatif d’avenir, il est impératif de miser sur la formation des compétences, de parier sur primauté de l’intelligence.

Le meilleur système éducatif est celui qui fait de l’homme la première et la plus importante des préoccupations de la société et en retour l’homme y est le premier et le plus important acteur du progrès. Former l’homme de demain, c’est forger un esprit ouvert, c’est le doter de dispositions et de savoirs nécessaires pour être à même d’acquérir de nouveaux savoirs, c’est lui apprendre à devenir et à s’adapter à des situations toujours renouvelées. Aussi la formation doit-elle reposer sur trois composantes essentielles et indissociables : le savoir, le savoir-faire et le savoir-être. L’absence de l’une de ces composantes conduirait fatalement à une formation au rabais.

S’il est dangereux d’ignorer le savoir et les bases théoriques des connaissances du fait qu’un savoir-faire se réduirait à l’acquisition des réflexes sans portée aucune, il serait désastreux de se contenter d’un savoir pontifiant sans être à même de l’appliquer. De l’utiliser et de prolonger son efficacité par le biais d’un savoir-faire. En outre, ne pas posséder un savoir-être basé sur les capacités de dialogue, de communication et sur les facultés d’adaptation et d’intégration sociales représente un inconvénient majeur et une défaillance certaine dont les résultats sont catastrophiques.

Miser sur l’éducation et la formation

Dans ces conditions, miser sur l’éducation et la formation pour préparer des hommes et des femmes capables de créer les conditions du progrès, d’imaginer les facteurs de la croissance et d’inventer les éléments d’un avenir de succès serait : une prise de conscience, un choix et un impératif.

Une prise de conscience car le besoin d’éducation et de formation ne s’analyse pas seulement au niveau de l’individu en quête de savoirs et de connaissances mais aussi au niveau de la collectivité et de la société en quête de progrès. Il n’y a point de prospérité sans hommes qualifiés, sans compétences.

Un choix pour ceux aux yeux desquels le rapport existant entre le développement économique, le progrès social et l’épanouissement culturel d’une nation et de la part qu’elle fait à l’éducation, à la formation est très étroit. Il n’est en économie qu’un seul facteur irremplaçable, c’est l’homme compétent.

Un impératif enfin imposé par la somme des connaissances qui se développent sans trêve et par une évolution des techniques et des métiers imposée au monde socio-professionnel par les mutations diverses au plans scientifique, technologique et culturel.

Seulement avec un effort permanent d’éducation, la formation est capable d’actualiser les savoirs, d’entretenir leur capacité d’adaptation, permettant d’affronter les mutations, d’intégrer les innovations et de réussir les évolutions.

Toute société pour progresser et les hommes qui la composent pour s’épanouir ont besoin tout au long de leur existence, de formation et d’éducation. Il faut bien se garder de réduire l’éducation ou la formation au seul espace scolaire. Comme il est dangereux de croire que l’éducation ou la formation doivent être réduites à une tranche de vie. Il faut, à cet égard, que tous les acteurs de la société (famille, école, secteurs productifs) contribuent, dans la complémentarité, à l’ensemble de cette œuvre exaltante.

Dans un système éducatif rénové

Dans un système rénové en plus reformé il s’agira, en définitive, à instaurer de nouveaux rapports entre les individus, l’éducation et la société, de dégager une nouvelle conception selon une approche systémique globale qui donne aux individus le goût et le moyen de progresser à tout moment de leur existence.

La collectivité serait alors dans l’obligation de prendre en compte ces progrès et à les consacrer au niveau de l’école, au niveau de l’entreprise et dans l’ensemble des structures de la société. Pour l’avenir, et à fin de réussir cette réforme, il y a assurément, une grande responsabilité politique à prendre. Le système éducatif que se donne une nation n’a de sens que par rapport à ses possibilités et compte tenu de ses ambitions.

L’école est le moule de la société dans lequel elle prend sa forme, sa vigueur et au sein duquel elle développe son génie. Il appartient donc à la société, à travers ses divers représentants politiques, de fixer les objectifs et les finalités de l’éducation, aux éducateurs de proposer les voies et moyens de réaliser ces objectifs. Il revient enfin à l’Etat d’accorder ces moyens, d’en contrôler leur bon emploi après en avoir vérifié leur convenance aux buts poursuivis et aux objectifs fixés.

Dans cet ordre d’idées, la réforme du système éducatif doit reposer sur des impératifs à la fois techniques (efficacité, équité, modernité) et éthiques (inculcation des valeurs morales, patriotisme, solidarité, esprit critique…).

Les objectifs d’une formation préparant les hommes du troisième millénaire pourraient s’articuler autour de quelques points focaux :

Assurer les chances d’accéder au savoir

a) assurer au plus grand nombre les chances d’accéder au savoir et à une formation conformément à leur vocations et leurs capacités et aptitudes intellectuelles et physiques.

Le principe démocratique devra se traduire par la multiplication des chances offertes aux jeunes de suivre une formation qualifiante et d’atteindre un niveau en rapport avec leurs potentialités intellectuelles, tout en leur offrant les voies et moyens de les améliorer, de les perfectionner tout au long de leur existence. C’est là le véritable sens de la sélection démocratique qui repose sur le mérite, l’effort et l’aspiration légitime de chacun à l’excellence. Pour atteindre cette excellence un long effort et un lent travail sont nécessaires. Le génie ne naît pas de l’improvisation. L’effort qui est à la base de la création doit être organisé, ordonné afin d’être conscient.

Afin d’éviter la dualité consécration-échec, les systèmes de formation se doivent d’assurer la multiplication des voies et des filières pour tenir compte à la fois des vocations et des aptitudes des jeunes et des besoins renouvelés de la société.

A cet effet, les rigidités actuelles doivent céder la place à une souplesse favorisant la multiplication des passerelles entre les différentes filières afin d’assurer une meilleure adéquation entre les profils de formation et les exigences du marché du travail en perpétuelle mutation.

Offrir un enseignement de qualité

b) offrir un enseignement de qualité permettant le développement et l’épanouissement de la personnalité, l’ouverture de l’esprit, encourageant l’innovation et la créativité par l’intermédiaire d’enseignants dévoués, grâce à des contenus de programmes actualisés, à l’aide de méthodes pédagogiques rénovées. L’exigence de qualité et d’excellence doit être la base d’un système éducatif ouvert sur l’avenir. Un tel système se doit de favoriser l’émergence de l’homme imaginant, capable de laisser parler son imagination créatrice.

Valoriser socialement la fonction d’éducateur

c) valoriser socialement la fonction d’éducateur qui doit être considérée comme l’un des premiers métiers au sein de la société. Les éducateurs doivent être armés non seulement d’une compétence technique et pédagogique mais aussi de valeurs éthiques (venu, générosité, dévouement, enthousiasme, désintéressement). Enseigner n’est pas un métier commun, il doit faire appel à des hommes et des femmes de qualité.

Nous nous contentons de ces trois objectifs pour la première partie, les autres seront présentés ultérieurement à la deuxième partie de cet article.

Les objectifs d’une nouvelle éducation (2ème partie)

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