Comment fixer les objectifs d’une nouvelle éducation (2ème partie)

Nous poursuivons la citation des objectifs d’une nouvelle éducation autres que ceux qui ont été abordés à la première partie de cet article. 

Pour consulter Comment fixer les objectifs d’une nouvelle éducation (1ère partie)

Ces autres objectifs pourraient s’articuler autour des points suivants :

Cesser de réduire la période de formation

d) Cesser de réduire la période de formation à une tranche de vie de l’individu, tranche plus ou moins courte et qui s’achève soit par la consécration soit par l’échec. L’éducation et la formation constituent une œuvre continue et ininterrompue. En prenant en compte le fait que la diffusion des savoirs n’est plus réductible au seul espace scolaire ou universitaire, la vie sociale se voit confier un rôle important. Il sera, en conséquence, nécessaire d’établir une politique cohérente de formation dans laquelle s’intègreraient et se complèteraient touts les actions entreprises par les divers acteurs de la société. C’est ici que la notion de transversalité doit prendre toute sa valeur.

Une politique transversale de formation aurait à unir la formation initiale, la formation professionnelle et la formation continue dans un ensemble cohérent d’éducation permanente (ou continuée). Cette politique doit être dans une voie de concertation, de coopération et de complémentarité entre les différents départements et secteurs concernés.

Considérer l’éducation et la formation comme parties intégrantes d’une société vivante

e) considérer l’éducation et la formation comme parties intégrantes d’une société vivante en renforçant leurs liens avec l’environnement économique, la vie sociale et le contexte culturel. Ouvrir les institutions éducatives sur l’environnement par une participation plus active de celui-ci à la définition des besoins, à la formation et à l’encadrement, c’est permettre au système éducatif d’être en symbiose avec la société, c’est aussi renforcer la cohésion sociale et la solidarité nationale. C’est aller dans le même sens que de permettre aux autres secteurs d’apporter leur part dans l’effort d’éducation et de formation.

Une éducation et une formation qui ne feraient pas une place équitable à l’humanisme

f) La révolution scientifique et ses modes de pensée ont oblitéré les disciplines qui relèvent de l’homme. Une éducation et une formation qui ne feraient pas une place équitable à l’humanisme tout autant qu’à la science et à la technologie seraient, au total, stérilisantes et incapables de susciter et de favoriser l’imagination créatrice de l’homme. Rien n’est plus débilitant que la monoculture, que la vision moniste de l’univers.

C’est en intégrant culture générale, esprit critique et humanisme à tous les niveaux de la formation que l’on fera retrouver à l’éducation sa fonction première, celle d’éveiller les esprits. Aujourd’hui, la disciplines s’interpénètrent, s’entrecroisent et se fertilisent, faute de quoi elles sont condamnées à la momification et à l’ossification.

En effet, les concepts nomades favorisent les découvertes les plus sensationnelles. La civilisation serait menacée de barbarie si la pensée humaniste était dissociée de la pensée scientifique. Leur convergence est la condition du progrès et la réponse aux grands problèmes de l’éthique.

Le relativisme de certains concepts

Le relativisme de certains concepts conduit à une meilleure compréhension des autres cultures et à la reconnaissance de la pluralité des sagesses. L’un des grands courants novateurs sera de préparer les enfants d’aujourd’hui et les hommes de demain à constituer la base d’un humanisme nouveau qui mettra en évidence le déterminisme de nos comportements, l’aveuglement qui anime nos jugements de valeur pour déboucher sur la tolérance et le relativisme des faits humains. ll s’agit de mettre en ordre des informations transmises et des connaissances acquises par niveaux d’organisation successifs avec les interrelations entre eux permettant de réaliser l’homme moral.

Renforcer la recherche en développant l’esprit de créativité

g) renforcer la recherche en développant l’esprit de créativité et d’innovation. Sans recherche il n’est pas possible d’assurer une bonne production des connaissances. Sans recherche la transmission des savoirs serait sclérosée et momifiée. Cette recherche devra être à la fois fondamentale et appliquée. La recherche des besoins naturels va pousser au renouvellement et la contribution efficace au développement socio-économique durable. On a trop souvent mesuré la recherche à son efficacité, au sens direct du terme. Nous avons remarqué, à travers l’histoire de nombreuses recherches, que l’efficacité et la rentabilité ne sont pas toujours immédiatement perceptibles.

Il est impératif de développer pour les hommes de demain un esprit permettant de faire converger le possible et le souhaitable pour faire germer l’innovation. Avec l’arrêt des inhibitions de la production intellectuelle, en encourageant les attitudes d’éveil, la recherche cessera d’être considérée comme une activité de luxe, ou un secteur réservé aux seuls pays nantis. Sachons qu’une nation, qu’une civilisation, qu’une culture pour perdurer a besoin de mobiliser le mieux, à la fois l’imagination, l’intelligence et la volonté. Les sociétés de demain sont condamnées à la perfection et à l’excellence absolues. Elles auront à faire reposer leur légitimité non seulement sur la maîtrise des techniques et des sciences d’avant-garde mais sur l’harmonieuse combinaison de variables de comportement et de paramètres d’ordre éthique. Ces buts ne seront réalisés que si à leur tour les structures productives prolongent et amplifient les efforts de recherche entrepris par une action s’articulant sur trois actions pivots :

Les trois actions sont:

  • Intégrer dans les processus de production le savoir-faire développé par les structures de formation et de recherche;
  • Contribuer au faire-savoir par des actions de sensibilisation aux innovations et d’information sur les produits nouveaux et leurs effets inducteurs dans le tissu productif;
  • Promouvoir le faire-faire et l’incitation à l’inventivité avec implication les divers secteurs productifs.

Conclusion

La réussite des mutations de demain ne pourra être assurée que dans le cadre d’une stratégie systématique globale. Un système éducatif évolutif, une organisation économique modernisée et une politique sociale valorisant l’apport des ressources humaines dans la solidarité; pourront contribuer à engager les efforts sur la voie du succès.

Certains esprits ne manqueront pas de crier à l’utopie, à la difficulté de répondre à toutes ces exigences, à toutes ces ambitions, à toutes ces finalités. Cette vision de la société ne pourra pas se concrétiser sans efforts, sans sacrifices et surtout sans la participation et engagement de tous dans le cadre d’une politique consensuelle prédéfinie.

Nous osons espérer l’émergence d’une telle société. Nous osons parier sur une telle société. Elle est possible aux yeux de ceux qui veulent opter pour un projet porteur, pour ceux qui y croient en œuvrant avec méthode, détermination et persévérance, pour ceux qui veulent exalter l’imagination, valoriser la compétence et compter sur l’avenir et le génie de l’homme.

En mettant en place les savoirs et technologies, il deviendra possible d’offrir à l’homme les moyens de gagner du temps sur le temps, de dégager un esprit pour la créativité et d’utiliser cet environnement comme levier permanant pour un esprit inventif et évolutif.

Savoir-faire collectif

Dans une société en perpétuel renouvellement, il existe un grand nombre d’hommes et de femmes capables de détenir chacun une parcelle du savoir-faire collectif, à même d’atteindre les hautes cimes de la compétence, un haut degré de précellence. Ils seront plus novateurs, créatifs et inventifs, aussi capables d’affronter les défis de l’avenir en ayant la conviction que:

  • la vie est une longue course à obstacles ;
  • l’apprentissage et la recherche du savoir est le lot quotidien de l’homme;
  • le succès est toujours relatif car il n’est jamais définitivement assuré;
  • chaque victoire doit être prolongée par de nouveaux défis, menant à de nouvelles batailles et à de nouvelles victoires.

Avec un tel état d‘esprit, ils seront suffisamment préparés pour leur avenir et solidement formés dans le but de contribuer à faire muer l’utopie en réalisme et pour ne pas se suffire de se compter parmi les bons mais pour avoir l’ambition de faire partie des meilleurs.

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