Comment prévenir la peur d’être chez un enfant

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On peut avoir des difficultés à interpréter ce symptôme, très discret, mais très gênant pour l’enfant en évolution. Cet article parlera de ce qu’on appelle la peur d’être. Malaise diffus, qui envahit l’être tout entier, cette peur a des signes précurseurs dans certaines angoisses. Elle se développe alors que l’enfant, normalement, est insouciant et heureux de vivre. Au lieu d’avoir confiance en l’avenir, l’enfant redoute cet avenir. Il a peur d’exister et se trouve pris dans un conflit entre son désir d’être et sa peur d’être.

D’un côté, les forces de la croissance le poussent à vivre intensément quand on a tout l’avenir devant soi. Qu’on a acquis une certaine liberté et qu’on a assez de maturité pour l’apprécier. De l’autre côté, la peur d’être réduit les possibilités d’expression et lui fait mener une vie étroite, limitée par des barrières intérieures imaginaires. Et qui n’ont aucune raison morale ou sociale d’être placées ici plutôt que là. Seule la peur d’exister les fait surgir. Dans la vie, certes, tout est risque et un enfant normal, a plaisir à sentir ces risques. Ceux-ci, il le sait font partie de son existence et dans certains cas, il se grise même à les affronter.

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L’origine de ce malaise

L’enfant, tenaillé par sa peur d’être, ne prend pas le moindre risque. Il donne l’impression de mener une vie incomplète. S’il participe à des groupes, c’est pour mieux laisser aux autres le soin de la décision, lui ne décide pas. Il parait trop sage. Souvent ce malaise a son origine dans l’anxiété d’un des parents qui redoute toujours que quelque chose de fâcheux, accident ou maladie, n’arrive à sa famille. Mais l’enfant, au lieu de limiter ses craintes aux dangers extérieurs, bien réels et objectifs, les a élargis à l’existence tout entière. Ce symptôme est plus fréquent chez la fille que chez le garçon. Il se développe en général dans un contexte particulier où les rôles paternel et maternel sont inverses. Le père étant davantage lié à l’affectivité, la mère à la loi.

Par ailleurs, pour que la peur d’être soit plus forte que le désir d’être, il faut aussi que les conditions matérielles de l’existence soient peu épanouissantes pour l’enfant. Qu’il y ait des difficultés financières objectives, sans doute, mais démesurément grossies par une mère anxieuse, obsédée par la peur du lendemain. Et qui, pour mieux assurer son avenir, pour faire des économies, impose à la famille des privations. Puis, indirectement, rend le père responsable de ces difficultés. Dans un tel climat, il est aisé de comprendre qu’un enfant, qui a le sens de responsabilité, va limiter encore bien plus ses désirs, ses besoins et que, de limitation en limitation, il finira par ne plus oser demander, avoir, faire, décider et enfin être. L’état de malaise n’est pas facilement perceptible car l’enfant, bien intégré dans la famille, en assume les habitudes et les préoccupations.

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Les conséquences de la peur d’être et sa prévention

Certes, des conséquences se feront sentir plus tard, vers l’adolescence, quand l’enfant ne s’épanouit pas et, encore plus tard, lorsqu’il n’arrivera pas à accepter sans angoisse les autres aventures de l’existence. A noter que le choix de la profession ne fera pas problème, cet enfant éprouve très tôt le besoin d’avoir un travail pour mieux assurer sa sécurité matérielle qui lui apparaît comme l’antidote à sa peur d’être.

Vous voyez donc qu’en présence d’un enfant qui a ce sentiment, la première chose à faire est de ne pas revêtir l’existence d’une charge anxieuse. De ne pas dramatiser les questions financières, d’organiser le budget familial de manière que l’enfant ne se sente pas restreint. De ne pas expliciter devant lui les difficultés matérielles de la vie. Car, il a vite fait de passer du matériel au psychique. Il est important également de ne pas limiter son expression verbale et d’encourager ses expressions diverses de soi. Enfin, on n’accentuera pas les différences de niveau ou de style de vie qu’il peut y avoir entre lui et ses autres camarades, pour ne pas lui donner le sentiment supplémentaire d’une différence entre lui et les autres. En bref, ce qui est essentiel, c’est de lui laisser le droit à l’épanouissement.

Avant de conclure, il est à remarque que ces enfants, malgré une petite tendance à la susceptibilité, ont heureusement une très bonne conscience morale. Ils sont aimés dans leur milieu scolaire, où ils réussissent bien. On les apprécie pour leurs qualités d’obéissance, de politesse, leur conformité aux standards du groupe, leur discrétion. Cette acceptation de la part des autres et leur bon travail en classe sont deux facteurs précieux pour rétablir en eux une certaine forme d’équilibre et leur éviter le découragement.

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