Comment réussir ses premiers pas à l’école ?

Pour répondre à cette question, « comment réussir ses premiers pas à l’école ? », les parents s’efforcent de trouver les meilleurs arguments à présenter pour convaincre leur nouvel écolier. Mais, le raisonnement logique proprement dit par lequel on voudrait convaincre ce nouveau « grand », ne servirait à rien. L’intelligence garde encore des restes de syncrétisme. C’est seulement vers 7 ans que l’enfant quittera son stade actuel dénommé, stade de « l’intelligence représentative préopératoire » par le psychologue PIAGET, et qu’il sera capable de ce travail de logique intériorisée que l’on définit par le terme « d’opérations ». Vers 6 ans, en pleine période préopératoire, donc avant l’accès aux vraies opérations logiques, il faudra encore faire appel à sa capacité d’imitation différée, à ses souvenirs, à ses images mentales, grâce auxquels l’enfant pourra évoquer des objets, des événements ou des situations qu’il ne perçoit pas présentement, autrement dit se représenter ce qu’il a déjà vu et ce qu’il doit faire.

On se trompe d’ailleurs très facilement sur l’intelligence d’un « 6 ans ». En effet, celui-ci, dans ses bons moments, s’exprime et se comporte comme un adulte. De là, à le croire doté d’une logique semblable à la nôtre, il n’y a qu’un pas. Or, en réalité, ce pas est un fossé. On s’aperçoit très bien au cours de l’apprentissage de la lecture et de l’écriture, qui nécessitent une capacité d’analyse et de synthèse, que cette démarche n’est pas encore naturelle à l’enfant de 6 ans, même si parfois il comprend certains symbolismes et commence à savoir généraliser.

salle de classe

L’entrée à la « grande école »

Ces possibilités constituent déjà un petit bagage intellectuel avec lequel votre enfant va aborder la « grande école ». En effet, aux alentours de 6 ans, l’enfant entre au Cours préparatoire. Cette entrée, tellement attendue, n’est pas une petite affaire car la différence avec l’école maternelle, si elle est très préoccupante du point de vue psychologique par l’idée que s’en fait l’enfant, est aussi réellement bien chargée de conséquences objectives. En effet, celui-ci va rencontrer un milieu scolaire tout différent, avec une discipline et des règles impersonnelles, avec les exigences du devoir scolaire et avec une vie collective complètement nouvelle. Ne vous étonnez donc pas d’un retour des réactions de frustration ou de rejet un peu semblables à celles enregistrées lors de l’entrée à la maternelle, malgré les déclarations pleines d’assurance de votre nouveau « grand» les jours précédant la rentrée.

Ménager la transition

Sachez ménager la transition. Allez faire avec lui un petit tour aux abords de l’école pour « reconnaître » la cour de récréation, l’emplacement des toilettes; faites-lui rencontrer sa nouvelle maîtresse ou son nouveau maître; accompagnez-le pour visiter la salle de classe (les opérations « portes ouvertes » organisées ici ou là sont très profitables pour les parents comme pour l’enfant).

L’achat du tablier, du cartable, de la trousse, facilitera également le passage. N’oubliez pas non plus qu’à la grande école il n’y a pas de femme de service pour conduire l’enfant aux toilettes, l’aider à se rhabiller, à enfiler ses vêtements avant de partir. A 6 ans, un enfant doit savoir se débrouiller tout seul. Cependant, ne compliquez pas sa tâche avec des vêtements difficiles à mettre et à ôter. La bouffée émotionnelle monte vite lorsqu’on n’arrive pas à être prêt en même temps que les autres ! Si minime qu’il vous paraisse, un tel incident peut perturber l’adaptation scolaire d’un enfant de 6 ans. Pensez-y en renouvelant le trousseau de votre écolier.

L’apprentissage de la lecture et de l’écriture

Le grand souci au cours préparatoire, est l’apprentissage de la lecture et de l’écriture, puis qu’il y a quotidiennement 4 leçons de lecture et 2 leçons d’écriture, et qu’il faut leur ajouter, les exercices de vocabulaire, d’élocution, de récitation et d’initiation à l’orthographe qui les complètent. Si tout va bien, si l’enfant est mûr, s’il a le désir d’être grand d’apprendre « pour de vrai », l’apprentissage de la lecture est rapide : en 6 mois, l’enfant sait déchiffrer, lire comprendre ce qu’il lit. La tendance actuelle veut même que la lecture soit expressive dès l’acquisition de ses premiers éléments ; mais elle prévoit aussi, pour les enfants dont le rythme d’acquisition est plus lent, un étalement de l’apprentissage sur le cours élémentaire, afin que leur retard, qui n’est pas imputable à une déficience de l’intelligence, ne se solde pas par un redoublement de la classe.

Pour les parents, tous les échecs et toutes les difficultés au cours préparatoire se concentrent sur ces apprentissages et il faut donc que vous connaissiez les conditions nécessaires pour que l’enfant les mène à bien.

lire en classe

Conditions requises par cet apprentissage

L’apprentissage de la lecture et de l’écriture suppose les conditions ci-après:

-Un niveau d’intelligence analytique : isoler et différencier les formes, décomposer et recomposer les groupes de lettres.

-Une maîtrise suffisante de langage parlé: distinguer les sons, les mots, les sens.

-L’absence de troubles de l’élocution.

-Une bonne latéralisation et une bonne organisation de l’espace et du temps : les lettres, en effet sont des signes orientés. Par exemple, le b, le d, le p, le q, en lettres d’imprimerie ne diffèrent que par leur orientation dans l’espace; et le dynamisme de l’écriture est un dynamisme gauche-droite. A gauche et à droite, devant et derrière, haut et bas, dessus et dessous, sont donc des savoirs absolument indispensables pour cet apprentissage.

-Une acuité visuelle et auditive normale : vérifiez que votre enfant entend bien et voit bien. Il existe des surdités partielles qui portent sur certaines fréquences et qui passent inaperçues. On dit alors que l’enfant est distrait ou « tête dure ».

-Une bonne psychomotricité : dans l’écriture, il s’agit de coordination fine entre l’œil et la main, et d’intégration des perceptions. Un bon test de cette capacité consiste à faire copier à l’enfant le dessin d’un losange. Si sa figure est correcte, avec les 4 angles à leur place, il y a de grandes probabilités pour qu’il ne rencontre pas trop de difficulté à former et à lier ses lettres.

Prévenir l’échec

Un handicap sur l’un des six points ci-dessus peut provoquer un échec au cours préparatoire, échec dont les conséquences se feront longtemps ressentir, d’abord parce que toute la scolarité est fondée sur la lecture et l’écriture, et puis, car l’échec scolaire, à 6 ans, période d’insécurité et d’incertitude, d’affirmation de soi et de comparaison avec les autres camarades, entraine des troubles de la personnalité et de la relation, et plus spécialement le complexe d’infériorité qui est une gêne sérieuse dans une vie.

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