Communication interculturelle et relations langue-culture

Depuis les années 1990, le cadre européen commun de référence pour les langues multiplie les projets et les ouvrages concernant la dimension socioculturelle et interculturelle dans l’apprentissage et l’enseignement des langues.

Les travaux sur l’acquisition de la compétence interculturelle reposent sur l’étude des objectifs et le mode d’évaluation de cette compétence.

la culture

Définissons la communication interculturelle

C’est une composante clé de l’éducation à la citoyenneté. Elle prépare les apprenants à vivre dans une société pluriculturelle et à reconnaître le droit à la différence. Elle vise à renforcer la cohésion sociale, la compréhension mutuelle et la solidarité.

La communication interculturelle repose sur l’interrelation de personnes issues de culture différente en situation d’interactions verbales et non-verbales dans des contextes de communication variés.

Il est à remarquer qu’il existe de nombreux pays qui possèdent une langue identique et plusieurs cultures. Le dysfonctionnement dans la communication peut avoir des origines intra-culturelles.

Quoi qu’il en soit, un meilleur entraînement aux éléments paralinguistiques de la langue étrangère ne pourra que faciliter la communication interculturelle.

La connaissance et la reconnaissance des normes réglant les comportements et les conduites au sein des échanges permettent d’éviter certains blocages interactifs.

Les paramètres à prendre en considération

Dans la communication interculturelle, plusieurs paramètres sont à prendre en considération:

  • Le rôle et le statut social des interlocuteurs, le type de relation qu’ils entretiennent, le sujet de communication, etc., ce qui implique certains choix linguistiques dans les salutations.
  • Les échanges sont également ponctués d’allusions culturelles, de connotations. Celles-ci, sous forme d’expressions ou de jeux de mots, véhiculent un contenu implicite qui manifeste l’adhésion du locuteur à la communauté à laquelle il appartient.
  • La rencontre de la culture dans la communication ne se situe pas uniquement sur le plan verbal. Tout message verbal est accompagné de gestes, d’attitudes, de mimiques, de postures… Ces éléments accompagnent et complètent la communication verbale : sourires, mouvements des yeux, battement des sourcils… Ces signes non verbaux sont complexes, car ils varient d’une culture à une autre. Certains sont imposés par les normes sociales, d’autres sont une partie de l’héritage culturel d’une communauté. Dans une situation de communication interculturelle, un geste commun entre deux cultures étrangères, mais ayant un sens différent dans les deux cultures, peut désorienter le locuteur étranger. Celui-ci pourrait mal interpréter ce geste pour ne pas avoir pu le décoder. C’est ce que l’on appelle une «homonymie interculturelle».
  • Aux facteurs kinésiques s’ajoutent des facteurs proxémiques tels l’espace et le temps. Ceux_ci, soumis à des variables culturelles, jouent un rôle considérable dans les interactions interculturelles. Les Méditerranéens, par exemple, se tiennent proches de leurs interlocuteurs quand ils conversent. Par contre, les cultures nordiques maintiennent une certaine distance corporelle.

Les finalités didactiques des relations langue-culture

Quand on s’interroge sur les finalités de l’enseignement des langues vivantes, on affirme avec raison, que l’enseignement d’une langue à l’état pur est impossible, voire impensable.

Apprendre une langue pour elle-même n’aurait aucun sens. La langue est un moyen d’apprentissage qui tend vers autre chose: la communication avec les membres d’une culture étrangère.

Mais plus que l’objectif formatif et fonctionnel, l’apprentissage d’une langue poursuit aujourd’hui, et plus que dans le passé, un objectif humaniste: l’intercompréhension entre les différentes cultures.

Bon nombre d’enseignants de langue sont d’accord sur le fait qu’enseigner une langue revient à enseigner une culture. Langue et culture sont donc indéniablement liées et si nous approfondissons cette idée, force est de reconnaître qu’aucun apprenant n’apprend une langue pour en démontrer les mécanismes, mais dans le but de l’utiliser au contact de la culture étrangère. Le fait de considérer la langue comme le moyen de transmission de la culture étrangère est fondamental en didactique, quand il s’agit de définir les objectifs d’enseignement/apprentissage linguistiques et communicatifs.

En effet, il n’existe aucun enseignement de la culture indépendamment de l’enseignement de la langue. La culture est dépendante des contenus linguistiques. Les contenus culturels traités dans les cours sont issus de la culture savante (littérature, Histoire…). Ils sont aussi issus de l’anthropologie culturelle (vie quotidienne, coutumes…), de la sociologie (phénomènes sociaux, économiques…) et de la sociolinguistique (règles implicites du comportement verbal et non-verbal dans les conversations…).

Cet ensemble de constatations nous informe sur le rapport qu’entretiennent les objectifs de l’enseignement de la langue et les contenus culturels.

langue et communication interculturelle

Les objectifs privilégiés dans l’enseignement des langues-cultures

Depuis les années 80, c’est l’aptitude à communiquer oralement qui est considérée comme l’objectif essentiel de l’enseignement des langues. Toutefois, la « compétence de communication » comporte également des composantes socioculturelles que l’apprenant devra connaître lors de tout échange.

Cette dernière serait incomplète, si elle n’incluait pas un ensemble de significations culturelles qui n’ont pas de relation directe avec les fonctions du langage. La langue incarne aussi des normes sociales, des références culturelles, des valeurs, des implicites… qui se réfèrent au réel.

Par conséquent, elle dépasse largement la relation qu’elle entretient avec le domaine communicatif.

L’enseignement de la culture implique aussi, pour l’apprenant, l’acquisition d’un savoir factuel.

Ceci est le plus souvent organisé sous forme de thèmes: le chômage, l’éducation et les sentiments.

Ces connaissances ne mettent aucunement l’accent sur la réalisation d’objectifs communicatifs.

En effet, si on apprend une langue dans le seul but de demander son chemin ou d’aller faire ses courses, l’apprenant n’ira pas très loin au contact de la culture étrangère!

Par conséquent, il ne faut pas négliger le fait que d’autres composantes culturelles ont une place à tenir dans l’enseignement des langues. Elles doivent poursuivre leurs propres objectifs d’apprentissage, au même titre que la langue.

La problématique de l’apprentissage culturel relève de la définition des objectifs et des contenus retenus dans les méthodologies et dans les cours de langue, mais aussi d’une question de point de vue sur ce que signifie la langue pour les enseignants et les apprenants.

C’est un outil de communication efficace pour produire et comprendre des énoncés dans un but utilitaire? Ou un outil de communication qui vise une meilleure compréhension des membres de la culture étrangère?

Ces questions seront abordées dans notre prochain article qui portera sur l’apprentissage interculturel en classe.

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