L’acte de lire quelles problématiques pour l’élève et l’enseignant

De nombreuses définitions de l’acte de lire existent. En proposer une de plus reviendrait à alourdir inutilement la liste de ces définitions. D’une certaine façon, elles sont toutes justes et ne s’excluent pas systématiquement. Bien au contraire, elles nous paraissent complémentaires dans la mesure où elles portent chacune sur un aspect différent mais constitutif de la lecture. Et de l’activité que met en œuvre l’enfant pour lire.

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Les éléments essentiels à l’acte de lire

Au-delà d’un point fondamental de désaccord qui porte sur les activités de déchiffrage dans les premiers apprentissages, les praticiens et les chercheurs qui se sont intéressés à la lecture se sont entendus sur les points suivants :

  • La compétence du lecteur ne peut en aucun cas, se réduire à la maîtrise de la combinatoire. La lecture est recherche et ponctions oculaires de sens. Et également, possibilité de distance critique à l’égard du texte.
  • La nécessité de développer des situations d’apprentissage par tâtonnement régulé. Il ne s’agit pas seulement dans la lecture d’un dressage. Mais d’un véritable apprentissage où l’élève cherche à résoudre des problèmes par une activité d’observation, de tri, de classement, opérés sur la langue orale et écrite. Même pour ceux qui mettent l’accent sur la combinatoire, il y a une activité de recherche nécessaire dans cette combinatoire, qui n’est pas seulement un dressage du type stimulus-réponse.
  • La nécessité de créer un environnement favorable à la lecture, c’est-à-dire la nécessité de créer une abondance d’écrits dans la salle de classe. Et cela sous toutes ses formes. La nécessité de varier les situations de lecture et la nature des textes lus, textes informatifs, techniques, distractifs, poétiques. Donc de ne pas s’en tenir aux manuels ou de concevoir les manuels d’une autre façon.

l’acte de lire, une situation de communication avant tout

Quelle qu’en soit donc la définition, l’acte de lire se situe toujours dans une situation de communication. Il est clair que lorsque l’enfant lit, il cherche à comprendre la pensée d’autrui à travers un intermédiaire : le langage écrit. Toutefois, la particularité de cette situation de communication tient à ce qu’elle est différée.

La problématique de l’élève : la gestion de la tâche

L’enfant doit faire preuve, face à l’apprentissage de la lecture, de compétences qui relèvent de plusieurs domaines différents.

  • Domaine cognitif : se familiariser puis connaître les caractéristiques des types de textes auxquels il sera progressivement confronté. Cette connaissance facilitera son accès au sens. Et l’aidera à choisir la modalité de lecture qui convient au type de texte.
  • Domaine comportemental: vouloir lire pour rêver, penser, apprendre, agir, communiquer. Et adopter le comportement de lecteur qui convient à chacune de ces fonctions.
  • Domaine technique: maîtriser la combinatoire. Connaître plusieurs modalités de l’acte de lire. S’entraîner à mémoriser les diverses informations contenues dans un texte. Les mettre en relation pour construire progressivement le sens du texte.
  • Domaine méthodologique. Adapter son mode de lecture au type de textes, aux fonctions des supports, au but que l’élève s’est donné.
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La problématique du maitre : poursuivre l’apprentissage

Mettre en évidence que l’acte de lire nécessite des apprentissages cognitifs, techniques, méthodologiques et comportementaux ne suffit pas. Pour de nombreux enseignants, l’apprentissage de la lecture se limite encore à l’acquisition systématique et structurée du code. Si l’apprentissage instrumental est nécessaire à l’acte de lire, il n’est pas suffisant pour permettre aux enfants de lire efficacement une poésie, un énoncé de problème ou la description d’une expérience scientifique. La majorité des «mauvais en mathématique» est constituée d’élèves qui n’ont jamais appris à développer un comportement de lecture pertinent devant un écrit de ce type.

L’apprentissage de la lecture doit donc se poursuivre de façon diversifiée tout au long de la scolarité. Cela suppose que le temps consacré à la lecture de textes dont certains poseront de véritables problèmes de compréhension, soit effectif. Et pas essentiellement utilisé à répondre à des questions dont le seul but est de vérifier la compréhension du texte. Apprendre à découvrir et à construire progressivement le sens d’un texte. Y trouver du plaisir même si le texte est complexe, ambigu, éloigné culturellement du monde du lecteur. Tels doivent être les objectifs des maîtres.

Certes, la nouvelle politique pour l’école primaire, dans laquelle l’organisation en cycles tient une part essentielle, invite à prendre en compte autant qu’il est possible, les acquis, les procédures et les rythmes d’apprentissage de chaque enfant. Objectif prioritaire de l’école primaire, la conquête de la langue suppose que tout soit mis en œuvre pour respecter ce principe.

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