L’apprentissage par imitation et ses conditions

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Dans cet article, on se propose d’insister sur les conditions d’apprentissage par imitation parce que c’est à ce point qu’on peut apporter des améliorations, avec le minimum d’efforts et de frais. Le comportement est fort influencé par l’imitation, ou l’apprentissage par imitation. Une petite fille ne met pas la robe et les hauts talons de sa mère parce qu’on le lui a appris. Elle fait ce qu’elle a vu faire sa mère. Souvent un petit garçon imite le comportement de son père au volant (et inclut parfois les remarques déplaisantes qu’il a entendues, en pensant peut-être qu’elles font partie du rituel de la conduite automobile).

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L’apprentissage par imitation peut-il remplacer l’expérience directe ?

C’est en imitant que nous apprenons à nous comporter dans des situations peu familières. Supposons que vous soyez invité à prendre le thé à l’Elysée, où vous n’avez jamais pénétré. Comment saurez-vous quel comportement adopter ? Très probablement, vous regarderez ce que font les autres, et vous agirez de même. Le Docteur Bandura conduit, depuis de nombreuses années, des recherches sur les effets de l’imitation. Il dit : « Grâce à notre travail à l’université de Stanford, nous avons trouvé que pratiquement tout apprentissage résultant d’une expérience directe, peut également être obtenu par procuration. Et ce grâce à l’observation du comportement des autres, et des conséquences qui en découlent pour eux ».

Une des expériences les plus intéressantes, concernait l’attitude des enfants envers une poupée-baigneur ordinaire. Des enfants de l’école maternelle purent observer des adultes qui se comportaient différemment envers le baigneur. Un groupe d’enfants vit un adulte frapper la poupée et lui parler de façon agressive. Un second groupe regarda des adultes se comportant plus gentiment avec elle. Quant au troisième groupe, il n’eut aucun modèle à imiter. Les enfants n’eurent guère l’occasion de répéter ce qu’ils avaient vu ou de s’y exercer.

Toutefois, les enfants ayant observé des modèles agressifs eurent de nombreuses réactions d’agressivité exactement correspondantes. Alors que de tels types de comportement survinrent rarement dans le groupe non exposé à de l’agressivité. Ainsi que dans le groupe témoin. En effet, les enfants avaient tendance à réagir de la même façon que les adultes qu’ils avaient vus. Ceux qui avaient observé un adulte en train de frapper le jouet, avaient tendance à le frapper également. Ceux qui n’avaient vu aucun adulte battre la poupée, agissaient rarement eux-mêmes de cette façon.

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Les recherches sur l’imitation

Parmi les conclusions des recherches sur l’apprentissage par imitation, retenons celles-ci:

  • Les élèves apprennent plus par imitation si le modèle a du prestige (pour l’élève).
  • L’étudiant utilisera davantage ce qu’il a appris s’il voit le modèle encouragé, et non puni, pour cette utilisation.
  • S’il voit un modèle puni, l’élève aura tendance à ne pas s’engager dans le genre de comportement sanctionné.
  • S’il voit un modèle accomplir des actions défendus (transgression), et si ces actions ne sont suivies pour le modèle d’aucune conséquence « contraire ». Les chances de voir l’étudiant faire de telles actions augmenteront.

Les recherches sur l’imitation indiquent que si nous voulons pousser au maximum les tendances à l’approche envers la matière enseignée chez nos étudiants, nous devons montrer nous-mêmes le comportement désiré. En quelque sorte, nous devons agir de la façon dont nous voulons que nos élèves se comportent. Montrer de l’intérêt et de l’enthousiasme ne suffit pas à garantir de telles manifestations chez un élève. Mais les probabilités sont sûrement plus grandes que si nous affectons apathie et manque d’intérêt.

De récentes recherches ont confirmé qu’enseigner une chose et en montrer une autre rend l’instruction moins efficace que si l’on fait ce qu’on enseigne. Par exemple, le père qui dit: « Cesse de te battre avec les autres ou je te donnerai une raclée. » réussira probablement moins bien que s’il représente lui-même le genre de comportement qu’il désire enseigner. S’ils se querellent continuellement, des parents auront moins de chance de susciter chez leur enfant l’amour du prochain. Et, lorsqu’un père exhorte ses enfants à travailler pendant que lui-même se gorge de bière en regardant la télévision, il obtiendra moins facilement le comportement voulu en offrant l’exemple du paresseux plutôt que celui du père travailleur qui aide ses enfants.

Sommes-nous des modèles dignes d’être imités ?

Ce qu’apprennent par imitation les élèves ne peut cependant se limiter à leurs attitudes envers les matières scolaires proprement dites. Par exemple, un professeur de psychologie passe beaucoup de temps à enseigner aux étudiants comment lire et interpréter des articles. Il leur montre comment distinguer les données de leur interprétation, les éléments de contrôle adéquats. Ainsi il forme également un certain comportement relatif à la critique.

Lorsqu’un étudiant rejette un compte rendu de recherche à cause d’une erreur dans la conduite de l’expérience. Son professeur remarque: « Peut-être… Mais qu’est-ce que l’auteur essayait de dire ?». Quand un étudiant critique trop vivement la façon de rédaction d’un exposé, son professeur lui dit: « Comment l’auriez-vous mieux exprimé ? ». L’enseignant tente de représenter le modèle d’un critique positif. Il est probable que ses élèves feront de même. Si nous désirons développer chez nos élèves un esprit critique et ouvert, nous y arriverons mieux si nous-mêmes nous manifestons ces mêmes qualités.

Certes, d’autres méthodes influencent avec plus ou moins d’effet le comportement. Mais, on a à rappeler que l’exhortation, procédé utilisé régulièrement, a rarement eu du succès (« Ecoutez-moi bien, car le contenu de ce cours sera très important dans quelques semaines »). Le professeur qui se contente d’exiger que ses étudiants s’intéressent ou se motivent, aura sans doute d’amples raisons de se plaindre de leur apathie. Les comportements d’approche et d’évitement s’influencent par ce que nous faisons et ce que nous disons, que nous le voulions ou non. Si nous arrivons à reconnaître et appliquer les principes qui favorisent un comportement d’approche. Nous serons plus près de notre objectif. Ce dernier étant de laisser nos étudiants au moins aussi favorablement disposés envers notre cours qu’ils l’étaient en venant vers nous.

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