L’apprentissage par le jeu et les rituels de classe

De même que l’éducation à la maison s’appuie sur des rituels pour le déroulement de la journée (se laver les dents, prendre sa douche, se laver les mains avant de passer à table, embrasser ses parents avant d’aller au lit, écouter une histoire avant de s’endormir…), de même d’autres rituels seront tout aussi indispensables à l’école, et plus particulièrement dans la classe. Cet article abordera dans un premier temps l’importance de l’instauration des rituels de classe pour une bonne gestion du temps. En deuxième lieu, on évoquera l’apprentissage par le jeu qui a montré tous ses bienfaits, sa place dans l’enseignement et ses conditions pour bien gérer encore le temps et ne pas gêner l’application des rituels instaurés.

les rituels de classe

Instaurer des rituels

Quelle définition donnerions-nous au mot « rituel » dans le cadre de l’école ? Lorsque nous en parlons, nous nous appuyons sur la définition suivante : un rituel est une action que l’individu fait sans avoir à réfléchir. Cette action n’est pas particulièrement contraignante ou dérangeante. Elle est ! Il n’est ni possible ni nécessaire de l’expliquer. Elle va de soi. Parmi les rituels pratiqués à l’école, on peut citer:

  • se saluer, se dire bonjour ou au revoir ;
  • accrocher son vêtement au portemanteau ;
  • pour les maternelles, passer aux toilettes avant d’entrer en classe ;
  • noter les présences et les absences ;
  • remplir son carnet de correspondance ;
  • se mettre en rangs lors des déplacements ;
  • se laver les mains avant d’aller au restaurant scolaire ;
  • lever la main pour demander la parole ;
  • s’arrêter de jouer quand sonne la fin de la récréation ;
  • s’installer sur un tapis pour écouter une histoire…

C’est à force de répétitions, d’insistance, de persévérance que ces actions se ritualisent. Elles feront alors partie de ces non-dits qui montrent qu’une classe est bien prise en main. Une classe dans laquelle on a du temps pour les choses essentielles.

Donner des consignes claires

Pour qu’une consigne soit exécutée, il faut qu’elle soit clairement et simplement exprimée. Et que l’on puisse vérifier qu’elle a été entendue et comprise. Cela nécessite de la part du professeur des écoles une discipline dans son expression. Le passage d’une consigne demande une attention de tous les élèves. Il en résulte que le maître s’efforcera de ne la formuler qu’après avoir capté cette attention de tous les élèves. Une bonne consigne dispensée dans de bonnes conditions n’a pas besoin d’être répétée plusieurs fois. Sa répétition ne faisant que brouiller sa compréhension.

Pour être comprise, une consigne doit être courte, énoncée de façon claire et quelquefois écrite au tableau. En effet, certains élèves sont plus sensibles à une consigne écrite qu’à une consigne orale. Tandis que pour d’autres ce sera l’inverse. Le maître devra donc veiller à ne pas favoriser une forme particulière d’énoncé dans ses consignes. Le maître pourra demander de répéter la consigne ou de la lire à deux ou trois élèves (de préférence à ceux qui sont les moins attentifs). Une consigne ne peut pas admettre plusieurs interprétations. Le professeur des écoles devra veiller aux mots employés.

Conditions de l’apprentissage par le jeu

Bien que l’école, la classe avec tous ses rituels soit un lieu de travail, on utilise très souvent le mot « jeu » en parlant d’exercices d’apprentissages. L’enfant est-il dupe ? Sûrement pas : il sait qu’il est à l’école pour travailler. II est nécessaire de définir quelles sont les conditions pour qu’une activité soit vraiment un jeu :

  • Il n’y a jeu que si le joueur le décide. L’élève décide-t-il de jouer quand on lui impose un « jeu » mathématique ? A-t-il choisi et pleinement accepté à cet instant l’enjeu du « jeu » proposé ?
  • La règle est indispensable pour la structuration du jeu. Si la règle n’est pas explicite, l’enfant en inventera une.
  • L’incertitude du résultat est l’essence même du jeu. On ne sait pas si on va gagner ou perdre, et c’est ce qui fait l’intérêt du jeu. Le jeu n’est jamais deux fois pareil.
  • Dans le jeu, les conséquences du résultat n’ont pas d’incidence sur la réalité. Dans le « jeu » pédagogique que va proposer le maître, l’élève saura très bien s’il a réussi ou raté !
  • Le jeu est souvent pour l’enfant une interprétation d’une réalité. Il joue à la maîtresse (c’est même souvent plein d’enseignement). Dans ce jeu, l’enfant sait qu’il est dans une fiction. Mais il le fait avec beaucoup de sérieux. L’adulte saura tirer de nombreuses indications sur l’enfant, simplement en l’observant dans ces activités. L’école maternelle est ce lieu privilégié où l’enfant bénéficie de « coins ». C’est là que, avec des camarades, ou quelquefois tout seul, il joue, il s’installe donc dans un monde fictif, il imite l’adulte et se construit.
l’apprentissage par le jeu

Place de l’apprentissage par le jeu dans l’enseignement

En fait, de ces critères qui permettent de définir le jeu, le professeur des écoles doit tirer une réflexion qui lui permettra de prendre conscience de la place du jeu dans les enseignements. En découle l’importance de l’aménagement de la classe, qui réservera des lieux, des temps, des objets qui inciteront l’élève à créer et donc apprendre.

Lorsque vous proposez à des élèves des parties de dominos (pour reconnaître les constellations des chiffres), vous devez annoncer aux élèves que vous présentez un exercice sous une forme ludique mais que l’objectif est bien un apprentissage. Qu’on puisse jouer pour s’entraîner à travailler, c’est certain, mais il est hors de question de considérer tout travail comme un jeu, et réciproquement.

Sans doute, jouer avec les élèves, observer les jeux qu’ils choisissent, étudier leurs réactions quand ils perdent ou gagnent, vous aideront à comprendre leur personnalité et vous donneront souvent des informations sur leurs échecs ou leurs réussites dans les exercices scolaires, mais aussi dans leurs relations aux autres. Tel élève qui serre les dents, rougit, se passionne, à quelques secondes de la fin de la partie, sera alors cet élève qui se battra contre les difficultés scolaires. Tel autre qui, dès qu’il a perdu, abandonne et change de jeu se trouvera souvent en difficulté scolaire, car il n’aura pas cette âme de « battant ». Par exemple, en EPS, vous rencontrerez l’enfant qui s’efforcera de réussir l’exercice que vous proposez en recommençant plusieurs fois, et l’autre qui abandonnera dès le premier essai en vous disant « C’est trop dur ! ».

Enfin, au sein de l’apprentissage par le jeu, il y a aussi le jeu d’équipe qui constitue une activité dans laquelle de nombreuses compétences différentes mises en jeu : esprit d’équipe, implication, sens du jeu, respect des règles, prises de responsabilité…

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