Education

L’éducation de la mémoire et son entrainement

La mémoire est une faculté dont l’importance dans la vie professionnelle et privée n’échappe à personne. Elle est souvent ressentie comme un fait premier, non modifiable. Fragile et complexe, elle est l’objet d’admiration et de valorisation sociale. On se propose dans cet article d’évoquer les aspects les plus importants de l’éducation de la mémoire, ses types, ses modes et ses supports.

Types de mémoire

Certaines connaissances, certains savoir-faire, sont, à un moment donné, fixés à jamais. On peut alors parler de mémoire définitive (pratique de la langue maternelle, maîtrise de la numération, connaissance pratique d’un instrument de musique etc.). D’autres n’ont pas encore accédé à ce stade. Mais, à force de pratique, leur empreinte peut devenir définitive. D’autres enfin ne seront jamais totalement fixés. Remarquons qu’il en est ainsi d’une quantité considérable de notions et de compétences que nous sommes censés avoir acquises au cours de nos études secondaires. Ce constat devrait à la fois nous rendre modestes. Et nous pousser à réfléchir quant à nos stratégies de fixation, de mémorisation; en les fondant sur la quantité d’activité individuelle susceptible de laisser des traces et sur les retours périodiques sur les notions en cours de fixation.

éducation de la mémoire

Supports de l’éducation de la mémoire

La mémoire de quelque chose se présente essentiellement comme un phénomène associatif. Association entre un thème et les thèmes proches (mémoire intellectuelle, mémoire numérique …). Mais aussi association entre une notion ou un événement et une sensation (mémoires visuelle, olfactive, auditive, mémoire des sensations internes…). Elle peut aussi mettre en relation une conduite motrice et les indications sensorielles qui l’accompagnent.

La mise en mémoire

Traditionnellement, l’école recourt à la répétition pour provoquer la mémorisation. Il va de soi que ce procédé peut revêtir des formes caricaturales si on l’utilise de façon fréquente et collective. Il n’en demeure pas moins que la répétition est tout à fait utile. Elle n’est néfaste que si elle intervient seule, sans que, par ailleurs, on ait cherché à motiver l’enfant en lui faisant partager le sens, l’intérêt de la notion à mémoriser. On peut utiliser la répétition sous forme de retours réguliers à la notion, en ménageant des temps de latence qui favorisent la maturation, donc la mémorisation.

Une autre façon, traditionnellement présente à l’école, consiste à faire passer ce que l’on veut mémoriser par différents canaux : lecture silencieuse, lecture à haute voix, écrit… Ce que l’on a dit sur le caractère associatif de la mémoire peut aussi être largement utilisé. L’association entre une notion et une phrase facilement mémorisable est un des procédés mnémotechniques les plus courants. Rien n’interdit d’inventer ou de faire inventer des phrases rythmées associées à une notion. Rappelons à ce sujet qu’à l’origine, la poésie, langue régulière et rythmée jalonnée de sonorités organisées et d’images fortes, était un moyen de mémorisation utilisé par les conteurs itinérants pour l’éducation de la mémoire.

Un autre mode de mémorisation par association est parfois présent à l’école. Il s’agit des méthodes gestuelles. C’est-à-dire des procédés d’apprentissage de la lecture fondés sur l’association entre lettre et geste. On utilise souvent ces dernières pour aider des élèves ayant des difficultés d’apprentissage. Elles offrent l’intérêt de favoriser la mémorisation des signes. Mais, elles présentent l’inconvénient de ne pas mettre en évidence l’objet essentiel de la lecture. C’est-à-dire le fait que ce qu’on lit a un sens. Il faut enfin rappeler que la motivation est très importante pour la mise en mémoire.

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L’entraînement nécessaire à l’éducation de la mémoire

La mémoire est une faculté qui peut s’améliorer si elle est exercée. Elle peut se dégrader si elle ne l’est pas. Il est important de la solliciter à l’école. Mais aussi de faciliter la mise en mémoire pour que son entraînement ne devienne pas une épreuve insurmontable réservée à ceux qui possèdent d’emblée une bonne mémoire naturelle. Il faut se préoccuper des supports de mise en mémoire. Recours aux procédés mnémotechniques, affichages muraux, fixation écrite individuelle. Création d’images mentales arbitraires que chacun va associer à une notion, associations sensorielles provoquées. Retour régulier sur une notion, soit par sollicitation de la mémoire, soit par présentation réitérée. L’important est de comprendre que la mémoire s’entraîne à la fois en la sollicitant et en facilitant la mise en mémoire.

Une remarque enfin sur l’utilisation de la poésie dans cet entraînement. Autant il semble évident que le recours au « par cœur » est indispensable dans les situations de jeu théâtral. Autant lier poésie et obligation de mémorisation est artificiel et risque de perturber l’idée que les enfants se font de cette activité. En fait, en matière de poésie, l’obligation du par cœur a répondu pendant longtemps à un impératif précis. Fixer chez l’enfant un ensemble d’exemples et de préceptes résumant la morale et les vertus collectives d’une époque. L’approche de l’éducation du citoyen se fait maintenant d’une tout autre façon. Il est possible de libérer la poésie de l’entrave de la récitation et de lui redonner la place d’une activité d’écriture et de lecture expressive.

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