L’éducation différentes interventions pour un meilleur corps social

L’éducation est au fondement même de toute société.
Il y a une forme d’éducation chez l’animal, à des degrés divers selon les espèces, avec, pour effet, une meilleure adaptation à son environnement. Mais, chez l’homme les capacités éduquées permettent, au-delà de la simple adaptation, une intellection et une transformation du milieu lui-même. En fait, l’éducation doit viser à susciter et développer chez l’enfant un certain nombre d’états physiques, intellectuels et moraux que réclament de lui et la société politique dans son ensemble et le milieu spécial auquel il est particulièrement destiné. L’éducation sert donc à transformer des êtres nés instinctifs en membres d’une société capables de contribuer à sa permanence en fonction de schémas prédéfinis. Mais elle permet aussi l’évolution du corps social par l’émergence de savoirs et savoir-faire nouveaux et l’établissement de meilleurs rapports sociaux.

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L’éducation et la famille

L’éducation ne signifie pas nécessairement institution éducative. La famille, sous des formes diverses (monoparentale, biparentale, reconstituée…), est presque toujours le lieu de la première éducation. Apprentissage des relations aux autres, des savoir-faire élémentaires, des interdits. Les rôles respectifs du père, de la mère, et d’autres membres de la famille varient au sein d’une même société. De l’indifférence à la grande douceur, en passant par l’agressivité.

Dans la famille, l’enfant apprend les types de sentiments à développer. Ainsi que les rôles et statuts masculins ou féminins et un ensemble de valeurs. C’est auprès de ses parents, frères et sœurs, grands-parents,… qu’il va acquérir le langage et structurer ses capacités cognitives qu’elles soient importantes ou déficitaires.

L’éducation et l’école

Certes, il en résulte que les éducateurs comme les professeurs des écoles et collèges soient confrontés à un public hétérogène aux problématiques et histoires familiales multiples.

Dans les sociétés industrielles toute l’éducation ne peut être l’œuvre de la famille. Car elle s’enrichit d’une instruction de complexité croissante liée à l’évolution des savoirs et savoir-faire. L’éducation devient alors une fonction différenciée réservée à une institution : l’Ecole. En Europe occidentale, les premières écoles étaient destinées avant tout aux prêtres, aux futurs militaires et aux futurs fonctionnaires.

Peu à peu émergera un système scolaire d’abord constitué d’institutions spécifiques, puis au fil du temps, l’idée d’école commune ouverte à tous, sans différenciation de sexe ou de condition sociale. Il y eut plusieurs sortes d’écoles. Petites écoles pour les enfants du peuple, universités pour une minorité de riches privilégiés qui donneront naissance aux collèges, préfigurations de l’enseignement secondaire tel qu’on le connait aujourd’hui. L’école sera destinée tout d’abord aux plus jeunes enfants dont il s’agira de repérer les compétences nécessaires à l’enseignement supérieur.

Progressivement la conception politique d’un système scolaire, d’une pratique qui concerne toute la population, voit le jour. Ainsi se crée dans notre pays l’instruction publique.

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La novation sociale

De nos jours, on considère que les sociétés occidentales exigent l’adaptabilité de leurs citoyens productifs. On prétend que nul ne pourra demeurer plus de dix ans dans la même profession. Et qu’il lui faudra également changer de lieu d’habitation. Conséquemment, il convient de former davantage des capacités que des savoirs. Et de donner une plasticité intellectuelle à travers l’éducation qui permette d’assimiler successivement au cours de la vie des ensembles de techniques et de savoirs nouveaux.

L’école transmet une culture dont une part est interprétation du monde et une autre maniement du langage. Une culture qui accorde une place privilégiée à la connaissance. Et à l’admiration des hommes du passé et de leurs œuvres. Elle souffre d’un décalage avec les réalités nouvelles mais les transformations du système éducatif ne sont pas faciles à opérer. C’est une révolution copernicienne qu’il faut effectuer en passant de contenus et tâches scolaires considérés comme préalables à des acquisitions indispensables et immuables à des moyens d’assouplissement de l’esprit.
Cependant, avouons à sa décharge que la réalisation d’un enseignement qui rend apte au changement, à l’innovation, et à la création qui confortera l’homme dans sa domination raisonnée de la nature et l’amélioration du bien-être de ses semblables, ne va pas de soi.

Si l’on cherche à inculquer des valeurs présentées comme absolues, on obtiendra moins des êtres adaptables que passifs, en conformité morale avec l’ordre établi. Le plus difficile à inculquer n’est pas l’adéquation à l’idéologie dominante. Mais la capacité de refus, de contestation constructive, l’esprit critique au sens étymologique. Imposer des valeurs ou n’en proposer aucune est simple. Donner la capacité de contester les existantes et d’en créer de nouvelles est un acte de pensée des plus complexes.

L’opposition nette des jeunes

L’éducation est transmission et perduration sociale mais, si elle est nécessaire, la continuité n’est pas une fin en soi. À défaut de pouvoir donc donner du sens. L’éducation, un autre sens que l’homéostasie d’une société qui a besoin d’être renouvelée. On s’expose à l’opposition nette et rapidement violente des jeunes qui ne peuvent tolérer ce qui est et n’entrevoient pas d’issues.

Dès lors que les citoyens sont bousculés dans leurs certitudes par une réalité mouvante (chômage, pauvreté, révoltes…). Et s’avèrent momentanément incapables de remplacer leurs anciens schémas par de nouveaux, les jeunes réagissent et expriment une angoisse face à un avenir qu’ils devraient construire et pour lequel leur manquent les outils.

Une éducation ne saurait servir l’ordre établi et prêcher le conservatisme. Mais bien plutôt le renouvellement, l’invention, la mutation, la découverte. Le paradoxe est donc le suivant. Comment assurer dans l’éducation des générations à venir la capacité à gérer la continuité. Tout en inventant des réponses nouvelles à des situations sociales jusqu’alors inconnues, mouvantes et peut-être dangereuses? Avant tout, comment former des citoyens égaux en droits et en devoirs. Alors que la diversité domine, que certains enfants et adolescents refusent volontairement l’éducation, que d’autres ne la supportent pas ? Doit-on éduquer les exclus du système éducatif…

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