L’évaluation pédagogique formes et fonctions

L’évaluation pédagogique relève de la responsabilité de l’enseignant. C’est lui qui en détermine les formes (écrites, orales. . .) et la fréquence. Elle est de plus en plus souvent considérée comme une sorte de dialogue qui s’établit entre élèves, enseignants et parents. Elle vise à favoriser les progrès de l’élève et s’inscrit dans le cadre d’une pédagogie de la réussite. L’évaluation peut remplir des fonctions différentes qui parfois se chevauchent : diagnostique, formative et sommative.

évaluation pédagogique en classe

Évaluation diagnostique

Il s’agit d’identifier les besoins de formation de l’élève et d’évaluer ses chances de réussite pour l’apprentissage futur. Ce type d’évaluation se situe avant une séquence d’apprentissage qui nécessite des savoirs ou savoir-faire particuliers (prérequis) et dont l’enseignant ignore s’ils sont maîtrisés par les élèves. Si cette maîtrise se révèle insuffisante, il conviendra de reporter la séquence d’apprentissage initialement prévue afin de munir les élèves des outils nécessaires à leur réussite.

L’évaluation pédagogique à fonction diagnostique constitue un point de départ, permettant à l’enseignant de cerner les points forts et les points faibles de chacun de ses élèves. À partir de ce repérage, il pourra fixer des objectifs à moyen terme. Établir une progression en fonction du chemin à parcourir. L’évaluation diagnostique devrait souvent aboutir à des procédures de pédagogie différenciée. C’est-à-dire à une adaptation aussi individualisée que possible des tâches proposées et des aides apportées aux élèves. Mais ceci pose d’énormes problèmes de temps et d’organisation.

C’est sans doute une des raisons pour lesquelles on a institué des heures de remise à niveau en 6° et d’aide individualisée en 5° ainsi qu’en seconde. « Les élèves peuvent bénéficier de six heures de remise à niveau en 6° et trois heures d’aide individualisée en 5° par semaine, dans le cadre de petits groupes ne dépassant pas huit élèves afin d’assurer une véritable prise en charge personnalisée ».

Évaluation pédagogique à fonction formative

Effectuée au terme de chaque tâche d’apprentissage, c’est une évaluation à court tenue très progressive, éloignée de tout esprit de compétition et théoriquement de toute notation. Elle permet de repérer et d’analyser les problèmes rencontrés par chaque élève pour une tâche bien précise. Elle renseigne le professeur et l’élève sur le degré d’acquisition atteint. Dans le cadre de l’évaluation formative, on peut juger préférable de constater que l’élève est en train d’élaborer une stratégie prometteuse, susceptible de l’amener à une compréhension réelle, que de constater qu’il fournit une réponse correcte dûe au hasard ou qui est le fruit d’une démarche douteuse. Les maîtres-mots sont alors progrès et pédagogie de la réussite.

Malgré les avantages qu’elle comporte pour l’élève, cette pédagogie n’est pas toujours appliquée. En effet, elle constitue une charge de travail supplémentaire de par sa fréquence et du fait qu’elle exige une attention permanente portée à l’élève. Elle nécessite aussi une programmation à la fois fine et souple des séances et séquences d’apprentissage. Gage de flexibilité, elle peut cependant être ressentie comme perturbante car elle entraîne une modification du rôle de l’enseignant. Il n’est plus seulement expert et juge des résultats des élèves, mais de plus en plus facilitateur d’apprentissage.

La pratique de l’évaluation pédagogique à fonction formative nécessite d’instaurer un dialogue. L’aide individualisée ne doit être ni une répétition du cours, ni une étude surveillée. Ni aussi une série de pratiques définies une fois pour toutes, puisque les besoins sont divers et évoluent. Elle doit être un temps de dialogue et de réflexion permettant à l’élève de reprendre confiance en lui. Et de passer d’un besoin confus pour lui à une demande exprimée plus précisément.

évaluation pédagogique

Évaluation sommative

Elle a lieu au terme d’une, voire de plusieurs séquences d’apprentissage. Dans le cadre d’une pédagogie de la réussite, le professeur devra accorder le plus grand soin à l’élaboration des tests sommatifs. Il faut penser à la gradation des exercices (du plus simple au plus complexe) et à la clarté des consignes. La forme de l’épreuve ne doit pas constituer un obstacle pour les élèves. Tout élève doit pouvoir s’y adapter rapidement. Les formes de l’évaluation pédagogique peuvent bien sûr varier énormément, tâches de repérage, de classement, questionnaires à réponses ouvertes jusqu’à l’expression libre.

Il faut être bien conscient du fait que plus la liberté d’expression est grande. Plus les informations sur les savoirs et compétences de l’élève sont riches et complexes. Plus difficile est l’évaluation, plus grande aussi la part de subjectivité si l’on ne met pas en place des critères précis d’évaluation. Pour donner le maximum de chances aux élèves, on proposera des exercices nombreux et variés, indépendants les uns des autres. Les exercices seront autant que possible contextualisés (pour ne pas perdre de vue les objectifs culturels et communicationnels). Le contexte bien sûr adapté à l’âge et au vécu des élèves.

  • Les consignes. Elles doivent répondre à plusieurs impératifs : clarté, concision, expression de comportements observables. À la lecture des consignes, l’élève doit savoir exactement ce que l’on attend de lui. Souligner, comparer, classer, rédiger tant de mots.
  • Conditions d’exécution. Il faut indiquer à l’élève le temps imparti afin qu’il organise son travail en conséquence. Des précisions sont aussi à donner quant aux outils et aides disponibles.
  • Critères d’évaluation pédagogique. Pour faciliter la réussite, il est normal que, dès le début de l’épreuve le barème soit communiqué aux élèves ainsi que les critères d’évaluation. Les élèves sauront ainsi sur quoi faire porter leur attention.

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