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L’exploitation des erreurs dans la démarche pédagogique

Après avoir longtemps été réprimandée, associée à une « faute », considérée comme un dysfonctionnement à caractère anormal, comme la preuve d’une non-maîtrise, l’erreur semble échapper, depuis quelques années, à ce rôle de miroir reflétant l’ignorance coupable et anxiogène du sujet apprenant. Considérée peu à peu comme l’un des pivots de la démarche pédagogique, l’exploitation des erreurs révèle non pas l’inaptitude de l’élève, mais l’existence d’un savoir incomplet, mal assimilé, ou mal consolidé, qu’il aura, avec l’aide de l’enseignant, à reconsidérer, mettre à jour pour parvenir à une maîtrise sans cesse ajustée.

En effet, à travers son erreur, l’enfant nous sollicite, nous délivre un message. C’est là que j’ai besoin d’aide. Et même si ce message n’est pas toujours simple à décoder, il convient de reconnaître l’erreur comme une non-réussite signifiante. Or, afin que l’élève puisse être vigilant vis-à-vis de son activité pour envisager sans craintes d’autres réponses, émettre d’autres hypothèses; il doit se sentir en sécurité, à l’abri d’éventuelles réprimandes. Pour cela, le caractère instructif de l’exploitation des erreurs, pour le maître comme pour l’enfant, doit être clairement explicite au sein de la classe.

erreurs de l'élève

Le statut l’erreur

On peut admettre qu’un enfant a progressé si, après s’être trompé il peut, à un moment donné de son apprentissage, reconnaître qu’il s’est trompé. Dire où et pourquoi il s’est trompé. Et comment il recommencerait sans reproduire les mêmes erreurs. Il revient alors au maître de consacrer un temps suffisant à cette phase essentielle de repérage; de formulation et d’explicitation, par l’élève de ses propres erreurs. Ceci suppose, pour le maître, le rejet a priori du simple constat de l’erreur induisant des interprétations abusives. Ceci au profit d’une analyse rigoureuse et d’une exploitation des erreurs basées sur l’observation de l’élève en cours de production. Et s’appuyant sur la verbalisation que ce dernier peut tenir au sujet de son travail.

Si l’enseignant ne se limite qu’au constat du résultat final de l’élève, il aboutit à des conclusions hâtives du type « il ne sait pas ». Elles s’avèrent abusives dans la mesure où; si effectivement un élève ne réussit pas totalement, il est souvent en voie de réussir. Un tel jugement réduit à néant les acquisitions dont l’élève pourrait déjà disposer. C’est pourquoi, un protocole d’observation précis doit définir les réponses et les comportements attendus. Et permettre de recenser les phases défaillantes de la démarche utilisée par l’enfant.

L’exploitation des erreurs et les difficultés

exploitation des erreurs

Certes, l’absence d’erreurs ne signifie pas toujours absence de difficultés. L’élève peut éprouver une gêne importante même s’il parvient au terme de son travail. De plus, la source des difficultés n’est pas toujours d’ordre notionnel. Ainsi en est-il par exemple de la lenteur, de défaillances de la mémoire, de l’utilisation de procédures peu économiques. De mauvaises pratiques instrumentales, de réponses données au hasard, de l’absence de méthode de travail. D’un mauvais traitement de l’information, de l’adoption d’attitudes inadaptées, de phénomènes liés à des erreurs qui se compensent…

L’exploitation des erreurs des élèves montre que celles-ci relèvent essentiellement de quatre grands domaines :

  • erreurs relatives à la situation,
  • erreurs relatives à la consigne,
  • les erreurs relatives à l’opération intellectuelle,
  • erreurs relatives à l’acquis antérieur.

Enfin, il nous paraît fondamental d’insister sur l’activité de métacognition à laquelle l’élève doit être régulièrement entraîné. Et ce pour lui permettre de prendre, vis-à-vis de ses erreurs, le recul nécessaire à leur traitement.

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