La bonne gestion du temps gage de l’efficience des apprentissages

Dans une classe, vous ne pouvez pas enseigner en ayant en permanence l’œil sur la pendule. Certaines notions sont plus facilement transmises que d’autres qui exigent davantage de temps. Certains moments sont plus favorables aux apprentissages que d’autres. Pour cela, l’enseignant doit savoir saisir les temps forts pour garantir l’efficience des apprentissages.

apprentissages

Savoir perdre du temps afin d’en gagner

Vos élèves ne sont pas toujours au top de leur attention et vous n’êtes pas, tous les jours, également efficace. Il peut arriver que vous n’ayez pas pris le bon chemin pour arriver au but visé.

Un débutant aura alors tendance à insister. Il voudra absolument que ce qu’il a prévu soit exécuté dans le temps imparti par l’emploi du temps. En général, il ne sortira rien de bon d’une telle insistance. Le maître aura fait son travail, mais il se rendra compte très vite qu’il a été inefficace. Il faut apprendre à interrompre un apprentissage qui, pour différentes raisons, ne « passe pas ». Avouez alors aux élèves que cette séquence sera reprise à un autre moment et changez d’activité. Vous perdrez moins de temps en adoptant cette attitude qu’en insistant sans gage de succès.

Il faut aussi que vous appreniez à perdre du temps pour obtenir une réalisation que vous avez exigée. Vous retrouverez très vite ce temps passé car vos élèves auront appris que vous ne céderez pas à cause de l’horaire. Vous avez demandé, par exemple, la présentation stricte d’un devoir. Avec un certain dilettantisme, chaque élève présente sa feuille d’une manière approximative. Ils devront alors recommencer jusqu’à ce que vous ayez obtenu de tous qu’ils aient réalisé cette présentation comme vous l’avez demandée. À travers cela, vous apprenez à votre classe que vous ne céderez en rien sur vos exigences, quitte à perdre du temps, et vos prochaines demandes seront entendues plus rapidement.

Tous les jours ne sont pas identiques

Tous les jours d’une semaine de classe ne sont pas identiques. Certains sont plus favorables aux apprentissages que d’autres, vous aurez alors des élèves disponibles, attentifs, prêts à vous suivre dans tout ce que vous leur proposerez. Au contraire, d’autres jours seront plus difficiles à gérer, vos élèves seront dispersés, fatigués, vous n’arriverez pas à capter leur attention et tous vos efforts pour avancer dans les apprentissages seront vains.

Le lundi matin n’est pas, d’une manière générale, une bonne matinée. Vous récupérez des élèves qui ont eu deux jours en famille, deux jours souvent gorgés de télévision en hiver, avec des horaires plus ou moins décalés. Tous les parents ne sacrifient pas leur week-end à la culture générale de leurs enfants, à la promenade en forêt, à des activités de plein air, ou à des spectacles adaptés à leur âge. Le plus souvent, chacun (parents et enfants) traîne durant ces deux jours entre des levers tardifs, les courses au supermarché, le match ou le film à la télévision, la réception d’amis ou de parents… Dans toutes ces activités, l’enfant est livré à lui-même (« Va jouer dans ta chambre ; joue sur ton ordinateur ; tu as la télé dans ta chambre profites-en »). Ne réservez donc pas au lundi matin des acquisitions difficiles qui demanderaient une grande concentration.

À l’époque où il y avait classe le samedi matin, tous les professeurs appréciaient cette matinée où les élèves étaient particulièrement disponibles : ils n’avaient pas subi le stress des parents qui ce jour-là ne craignaient pas d’être en retard à leur travail et avaient pris tout leur temps. De plus, les élèves savaient qu’ils n’étaient à l’école que pour la demi-journée.

Les moments forts de la journée

Les chronobiologistes ont fait de nombreuses études montrant que les élèves ne sont pas efficients de la même façon tout au long de la journée. Vous remarquerez que l’attention de vos élèves est régulièrement fluctuante. Elle est liée à leur fatigue, mais aussi à leur appétit ou à leur digestion. C’est ainsi que l’on peut noter que les meilleurs moments d’une journée, ceux où vous pouvez leur demander le plus d’attention, le plus d’efficacité sont les périodes entre 9 h et 11 h, et entre 14 h 30 et 16 h 30.

En effet, le matin, ils ont un temps de mise en route, d’autant que pour la plupart d’entre eux l’arrivée à l’école ne s’est pas faite dans le calme. Souvent, le réveil a été rapide, on les a réveillés à la dernière minute, ils ont juste eu le temps d’avaler un bol de chocolat, les parents les ont fait courir pour arriver à l’heure au travail… II leur faut donc une demi-heure pour retrouver leurs marques, et se mettre en situation de travailler. C’est pourquoi vous remarquerez qu’à la maternelle cette première demi-heure est souvent neutralisée par des activités individuelles, en attendant que tout le monde soit arrivé. C’est ce qu’on appelle le moment d’accueil nécessaire pour que chaque enfant puisse choisir une activité.

À partir de 11 h, les élèves (surtout ceux qui ont eu un petit-déjeuner rapide) sont tenaillés par la faim. Ils ont épuisé leurs réserves et ne sont plus en mesure de fixer leur attention ou de faire un travail efficace. L’après-midi, durant la première demi-heure, les élèves sont peu performants. D’une part, ils terminent leur digestion, d’autre part ils doivent se recadrer après un interclasse qui atteint souvent 2 h et qui, suivant les conditions, peut être fatigant.

le temps et le rendement

Les périodes de faible rendement tout au long de l’année

On ne peut pas demander la même chose aux élèves tout au long de l’année.

À la rentrée scolaire, vos élèves semblent avoir « oublié » tout ce qu’ils ont appris l’année précédente. D’où l’intérêt de commencer l’année scolaire lentement… Deux mois d’inactivité nécessitent une remise en place des réflexes scolaires. Très rapidement, les élèves vont retrouver dans le fond de leur mémoire des connaissances qu’ils paraissaient avoir oubliées les premiers jours de classe.

Que penser de ce premier trimestre qui, de septembre à décembre, ne laisse à chacun qu’une dizaine de jours de coupure? Le plus souvent, ces jours se passent en centre de loisirs ou dans la famille car ni le temps, ni les moyens, ni le travail des parents ne permettent d’aller respirer un bol d’air. La reprise après ces congés sera difficile : les jours raccourcissent, les activités extérieures se raréfient, et de plus on met la pression sur les élèves en leur annonçant livrets, conseils de classe, évaluation…

Vous constaterez par contre que le retour des vacances de printemps est une période particulièrement favorable aux apprentissages. Le printemps, l’allongement des jours, un troisième trimestre souvent très court font que les élèves sont particulièrement disponibles. Comme chez les végétaux, la sève remonte. Un certain nombre d’élèves ont assimilé des connaissances qui n’étaient pas encore en place avant les vacances. Celles-ci leur ont permis de les classer, de se les approprier pour les rendre opérationnelles.

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