La construction des connaissances six tâches pour l’enseignant

Pourquoi on attend en général de l’enfant qu’il soit attentif, réceptif, docile, toutes caractéristiques d’un comportement purement passif, considérant l’apprentissage comme la simple réception d’un contenu transmis sous la forme où il doit être reçu. Or, il apparaît certain, aujourd’hui, que les choses ne se passent pas comme cela ! Les discours du maître ne se déposent pas tels quels dans l’esprit de l’élève. En fait, à chaque information entendue se produit une réorganisation du savoir antérieur, à partir d’une sélection inconsciente de ce qui a été dit ou lu. En ce sens, on peut dire que la construction des connaissances se fait, par celui qui apprend, à travers une mise en relations de deux données : celles de l’expérience antérieure et certains éléments nouveaux. Ce qui vient confirmer cette hypothèse, c’est la certitude à laquelle nous conduisent les travaux actuels sur le tout jeune enfant.

A aucun moment de sa vie, pas même au sortir du ventre de sa mère, pas même avant, l’enfant n’a de « manques » ! Il est constamment << complet », constamment « entier », et son développement, comme son éducation, se traduisent par une construction continue de toute sa personne. Cette construction est rendue possible par deux facteurs. La rencontre avec des obstacles qui provoquent la prise de conscience de besoins nouveaux (ce que l’on appelle la motivation), satisfaits partiellement par des apports extérieurs. Et l’analyse de ces obstacles, ainsi que celle des hypothèses proposées par les pairs. la construction des connaissances

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Les caractères de l’apprentissage

D’une part, il faut insister sur le caractère circulaire, ou plutôt spiralaire de l’apprentissage. Constamment poursuivi tout au long de la vie, dans la mesure où, toute la vie, des obstacles surgissent, remettant en question ce que nous savions ou croyions savoir. Et, d’autre part, l’on peut dire, avec Foucambert, qu’un apprentissage ne commence et ne finit jamais. Mais surtout, il faut savoir la place exacte de l’enseignement, c’est-à-dire le travail du maître, dans ce processus d’apprentissage. Dire en effet que l’enfant construit lui-même son savoir n’implique nullement qu’il le fasse seul. Des obstacles n’ont jamais été, en eux-mêmes, des moyens d’apprendre. Même le fait de poser des questions devant les difficultés rencontrées n’est pas un comportement spontané et automatique chez tous les enfants. Ni, du reste, chez tous les adultes ! Si l’enseignant n’a pas à transmettre de connaissances, il a néanmoins beaucoup à faire. la construction des connaissances

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Le rôle de l’enseignant dans la construction des connaissances

En fait, ses tâches sont au nombre de six : la construction des connaissances

  • Favoriser la rencontre motivée avec des obstacles, dans des situations de projets effectifs ou de jeu véritable. Et non attendre que cette rencontre s’effectue d’elle-même.
  • Provoquer et guider l’analyse de ce qui s’est passé durant ces situations, car il faut savoir que l’analyse n’est pas un mouvement spontané. Et si personne n’est là pour provoquer et conduire cette analyse, elle n’aura pas lieu. C’est pourquoi, il serait faux de dire que l’action est en elle-même apprentissage. C’est l’analyse de l’action qui est apprentissage. la construction des connaissances
  • L’enseignant est en fait une « personne-ressource ». Il a quelque chose à apporter, ce sont les théories, les constats des chercheurs, les conclusions actuelles des recherches scientifiques. Bref, il a des cours à faire. Mais pas à n’importe quel moment : toute la différence avec les habitudes traditionnelles est là !
  • Faciliter la formulation des lois et des règles construites par les enfants. C’est l’acte de formuler explicitement, et non la mémorisation mécanique, qui permet la fixation des connaissances. S’appliquer à dire ce que l’on a compris est le plus sûr moyen de le comprendre définitivement.
  • Conduire les actions d’intériorisation et d’entraînement par lesquelles les enfants vont pouvoir s’ajouter leur savoir. Ce n’est pas tout d’avoir compris, encore faut-il savoir intégrer ce que l’on a compris. Sans entraînement, sans exercices d’intériorisation des connaissances, celles-ci restent extérieures, peu disponibles, fragiles et vite dispersées dans l’oubli.
  • Observer les stratégies des enfants et évaluer leurs acquisitions. Quant aux connaissances en tant que telles, il va de soi qu’elles sont construites par l’enfant, avec l’aide, certes indispensable, d’un enseignant. Mais aussi de ses pairs et de toute sa personne, qui se trouve modifiée et enrichie par cet apprentissage. la construction des connaissances

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