La dyslexie mythes courants et théories explicatives

Par définition, la dyslexie est un trouble d’apprentissage de la lecture et de l’orthographe d’origine neurologique. Il se manifeste non seulement par des difficultés à reconnaître les mots. Mais également par des faibles compétences en orthographe et en décodage chez des personnes intelligentes, indemnes de tout déficit sensoriel et de tout problème psychologique. Et qui vivent dans des milieux favorables d’un point de vue économique, social et culturel.

En effet, la dyslexie constitue l’un des sujets les plus controversés autour duquel il ne s’agit point d’unanimité scientifique. Ceci renvoie à deux raisons de natures différentes. Premièrement, une raison sémantique selon laquelle les définitions représentent soit le champ étiologique, soit le champ sémiologique, soit les deux à la fois. Deuxièmement, une raison conceptuelle ou idéologique où l’on considère la dyslexie tantôt comme un trouble neurologique. Tantôt comme un trouble spécifique de l’apprentissage de la lecture. A la lueur des définitions mentionnées, on constate que la dyslexie est d’origine neurologique et héréditaire. Elle atteint des personnes intelligentes n’ayant aucun déficit sensoriel. De même, elle n’a aucun rapport ni avec les méthodes traditionnelles d’enseignement, ni avec la bassesse des niveaux économique, social et culturel du dyslexique et de ses parents.

enfant dyslexique

Mythes autour de la dyslexie

 Afin de mieux cerner ce sujet équivoque, il s’avère essentiel de présenter les principaux mythes répandus parmi les non- spécialistes. Parmi ces mythes citons:

  • La dyslexie est rare. En effet, la dyslexie constitue, selon l’Institut national de la santé mentale aux Etats-Unis, le trouble d’apprentissage le plus courant.
  • Les dyslexiques ne peuvent pas réussir dans la vie. Au contraire, ce trouble d’apprentissage n’a pas empêché Léonard de Vinci, Albert Einstein, Agatha Christie. Jules Verne et Auguste Rodin d’avoir une grande notoriété. Il est simplement question de déployer plus d’efforts.
  • Les problèmes de lecture peuvent disparaître avec l’âge. Ce trouble persiste durant l’adolescence. Le dyslexique, même après un long entraînement, ne lit pas de la même vitesse qu’un normal.
  • La dyslexie atteint les garçons plus que les filles. En effet, maintes études récentes ont prouvé qu’il n’y a aucune différence entre les deux sexes en ce qui concerne ce trouble.
  • La répétition d’une classe peut mettre terme à la dyslexie. En revanche, la dyslexie ne sera pas allégée que lorsqu’on se sert des méthodes adéquates et efficaces pour les cas dyslexiques.
  • L’inversement des graphèmes ou des chiffres est l’unique signe évocateur de la dyslexie. En fait, cet inversement peut se remarquer, à la fois, chez les dyslexiques et les non – dyslexiques. Surtout au début de l’apprentissage de l’écriture. Le vrai problème réside en l’identification des lettres et non pas dans le copiage ou l’écriture de ces dernières.
  • Les parents qui ne font pas la lecture à leurs enfants sont la principale cause de la dyslexie. En effet, certains parents font souvent la lecture à leurs enfants, mais ceux – ci sont dyslexiques.
  • Seuls les psychologues peuvent évaluer les personnes ayant la dyslexie. En effet, toute personne formée à ce type d’évaluation peut le faire.

Les Théories explicatives de la dyslexie

Certes, maintes études ont été accomplies autour de la dyslexie. Et en particulier sur le fonctionnement particulier de la structure cérébrale d’un dyslexique. Ces études ont donné naissance, au cours des années, à de nombreuses théories visant à expliquer ce phénomène. armi lesquelles citons:

  • La théorie visuelle: D’un point de vue historique, cette théorie fut la première à interpréter la dyslexie. Les adeptes de cette théorie présumaient que les erreurs commises par les dyslexiques, lors de la lecture, renvoient essentiellement au dysfonctionnement des voies magnocellulaires de leur système visuel. Ils ajoutaient que la vision du dyslexique pourrait être normale. Toutefois, il confond des graphèmes qui se ressemblent d’un point de vue physique tels que (m et n/ i et l, etc.). Et d’autres qui diffèrent par la symétrie selon leur axe vertical (p et q, b et d). Tout en éprouvant des difficultés d’ordre spatial face aux stimuli non verbaux (comme les dessins géométriques). En effet, ces confusions et ces difficultés proviennent essentiellement de la déficience des régions cérébrales responsables de la représentation spatiale des objets visuels.
  • La théorie phonologique. Les partisans de cette théorie postulent que la difficulté qu’éprouve un dyslexique à lire émane principalement d’un manque de conscience phonologique. Ceci se manifeste clairement par une déficience particulière au niveau de la représentation. Du stockage et de la récupération des sons de la parole. Ce qui aura un impact négatif sur l’apprentissage des correspondances graphème – phonème, étape préliminaire à l’apprentissage de la lecture. C’est pourquoi les tenants de cette théorie assurent que la conscience phonologique dont jouit l’enfant joue un rôle prépondérant à prédire son niveau en lecture ultérieurement.
la dyslexie

La théorie du déficit du traitement temporel et la théorie cérébelleuse

  • La théorie du déficit du traitement temporel: Il s’agit d’un compromis entre les deux théories précédentes. Selon cette théorie, un enfant ayant la dyslexie est incapable de distinguer non seulement les sons brefs. Mais également les éléments non linguistiques s’ils se suivent rapidement. Ces troubles phonologiques et visuels dont souffre le dyslexique se référent au dysfonctionnement du traitement des aspects temporels particuliers à chacune des modalités sensorielles.
  • La théorie cérébelleuse. Les tenants de cette théorie constatent qu’un dysfonctionnement du cervelet est responsable de la parution d’une déficience concernant l’automatisation des capacités sensori-motrices chez les dyslexiques. C’est pourquoi les dyslexiques témoignent très fréquemment des troubles d’écriture (la dysgraphie) ainsi que des troubles articulatoires.

En dépit de la diversité des théories explicatives de la dyslexie, celle-ci est reconnue, aujourd’hui d’une manière quasi-unanime, comme le résultat d’un trouble phonologique empêchant d’acquérir les liens graphèmes- phonèmes fondamentaux à l’apprentissage de la lecture. En d’autres mots, la dyslexie constitue une forme particulière de trouble de langage (en tant que sous-type des troubles d’apprentissage) ayant un impact négatif sur la manière du cerveau à encoder les traits phonologiques des mots. Il est vraisemblable que les problèmes de traitement phonologique qu’éprouvent les dyslexiques interfèrent de façon négative significative sur le développement de la conscience phonologique indispensable pour l’acte de lire.

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3 Commentaires

  1. Salut, c’est vraiment très délicate cette insupportable situation vécue par nos élèves….mais hélas , notre intervention est très limitée , on n’arrive pas à les aider à surmonter cette situation…on a pas bien étudié nos élèves…. vraiment on ne les connaissait pas…on a besoin de beaucoup de choses pour arriver à leur apprendre peu….. après avoir lu cet article, je procéderai autrement envers ceux qui souffrent de ces problème. …je les accompagnerai…. Amicalement …merci infiniment pour ce travail fructueux….je m’excuse ,le français pour moi est une langue étrangère…. j’espère que mon intervention sois au niveau….

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