Education

La formation de base à l’enseignement des publics réputés difficiles

Nous rencontrons souvent des enseignants souffrant de plusieurs problèmes : classes surpeuplées, diminution du nombre d’heures de stage, manque de moyens pour solliciter l’intervention d’acteurs extérieurs. Il est temps alors de reconsidérer cet univers de formation des enseignants de demain. Beaucoup de jeunes sont angoissés à l’idée d’exercer leur métier dans des établissements accueillant un public qu’ils n’ont pas eu l’occasion de connaître dans leur scolarité. Par conséquent, il est donc important de répondre, en formation de base, à leurs attentes concernant les conditions d’exercice du métier et la prévention des conduites agressives.

formation des enseignants

Une formation de base, quelles compétences ?

Il nous paraît indispensable, pour toute personne qui éduque ou instruit un être humain, de connaître ce dernier. Eh bien non, ce n’est pas le cas ! Dans les écoles professionnelles, par exemple, nous assistons régulièrement à des chocs culturels entre les jeunes enseignants et leurs élèves. Deux groupes étrangers n’ayant à première vue rien en commun se partagent l’espace de la classe dans un affrontement qui se termine parfois par la destruction d’un camp. Dès lors, il nous paraît évident donc de proposer à tous ces maîtres une formation de base de deux années avec, pour objectif général, la connaissance du public visé. Cet enseignement servirait de tronc commun pour toutes les personnes désireuses d’enseigner ou d’éduquer. Il s’instaurerait grâce au concours d’agents extérieurs expérimenté dans le domaine scolaire.

Cette formation à assurer, certes, par des spécialistes ou des professeurs ayant un minimum d’expérience avec le public cible. Nous suggérons une liste de pistes à envisager ou à exploiter. Dans la formation de base, voici quelques compétences à maîtriser :

  • animer un groupe d’enfants ou d’adolescents dans différentes disciplines : bricolage, contes, jeux extérieurs et intérieurs ;
  • connaître l’enfant ou l’adolescent aux points de vue psychologique, sociologique et ethnosociologique ;
  • pratiquer la recherche-action dans un va-et-vient constant entre le terrain et le travail de réflexion.
  • apprentissage du travail en équipe ;
  • gérer un entretien et maîtriser certaines techniques de médiation ;
  • choisir une spécialisation dans l’enseignement.

Ce processus conduirait le futur enseignant à non seulement choisir la ou les disciplines qu’il souhaite dispenser. Mais surtout à déterminer le public avec lequel il désire travailler. Ces deux années constitueraient un filtre ou un tremplin vers les vocations. Le certificat qui en sanctionnerait la réussite stipulerait donc les matières à enseigner.

Une formation de base négociée en fonction de la pratique

Dans le curriculum des futurs enseignants, les stages passifs sont programmés trop tard. Ils perdent ainsi leur caractère déclencheur de questionnements, de doutes ou de motivations. Certes, l’étudiant devrait effectuer des stages passifs. La mise en commun des problèmes rencontrés servirait de fond à la construction du programme de formation articulé autour d’un élément déterminant: la connaissance parfaite des matières à enseigner. Les stages pratiques devraient être organisés en fonction de la progression de l’apprenant dans son curriculum.

Afin de ne pas provoquer ni chocs, ni désillusions, la formation de base préparant à l’enseignement des publics réputés difficiles et à la prévention des conduites agressives ; doit être axée sur le principe réaliste relatif au terrain et au vécu des établissements scolaires. L’équilibre entre la dramatisation et la dénégation reste l’enjeu important de ce type de stage.

La recherche-action

La recherche-action est une méthode qui permet, à partir d’un recueil de données identifiées et collectées au plus près des acteurs ; de monter des actions, de mobiliser les potentiels existants et de dynamiser à nouveau les acteurs dans l’institution. Cette démarche favorise la production d’informations qualitatives et/ou quantitatives avec élaboration d’un diagnostic afin de répondre aux enjeux et aux dynamiques des organisations. Alors même que les données existantes sont déficientes.

En fait, cette technique permet de mieux évaluer les problèmes. Et conjointement de trouver des réponses plus rapides en sensibilisant les acteurs à des méthodes de travail créatives. Autour d’un projet défini avec le demandeur (collectivité, association, institution, organisation) ; il s’agit d’instaurer des processus d’analyse partagés, associant la démarche scientifique à l’expérience et aux savoirs des acteurs de terrain (une structure, une entreprise, une école…). Les références théoriques utilisées sont de type sociologique, anthropologique ou ethnographique lesquelles à enrichir par d’autres approches comme l’épidémiologie, les statistiques, etc. Le nom même de la recherche-action est porteur de sa définition puisqu’il s’agit ; dans un même temps, dans un même mouvement, d’agir sur une réalité sociale. Et de procéder à une théorisation fructueuse pour la formation de base.

Après leur premier stage, les futurs enseignants reviennent avec une observation, des problèmes, des questions. Ces éléments font l’objet d’une mise en commun organisée et d’une théorisation. Ensuite, des stratégies sont élaborées afin de doter les étudiants d’outils supplémentaires à exploiter dans le prochain stage.

formation de base

Des stages formatifs empreints de considération

Les stages doivent se dérouler en partenariat avec le maître de stage choisi pour ses qualités de pédagogue. Celui-ci aura obligatoirement reçu une formation et sera rémunéré en fonction de sa mission.

Après ces stages, nous proposons un tutorat de deux années pour le jeune enseignant; rémunéré correctement qui reçoit encore des feed-back réguliers d’un tuteur de stage très expérimenté et responsable de plusieurs étudiants. En collaboration avec les inspecteurs, la direction de l’école normale, le tuteur et le directeur de l’établissement ; une évaluation régulière et formative de deux ans conduira à l’obtention d’un diplôme d’enseignant.

En résumé

Par le biais de leurs élèves, les jeunes enseignants découvrent des situations familiales ou personnelles qu’ils n’imaginaient pas. De sorte qu’ils éprouvent bien des difficultés à déterminer la frontière entre le fait de comprendre et le fait d’admettre. Mais, comprendre une situation ne justifie pas l’acceptation des comportements destructeurs ou violents. Nous avons donc le devoir de procurer une formation de base à ces jeunes adultes à gérer des situations de violence. Avant toute logique, c’est une question de respect et de considération à leur égard.

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