Le haut potentiel intellectuel à la recherche de pédagogie alternative

Plusieurs signes ou même troubles peuvent aujourd’hui nous renseigner qu’on est en présence d’un enfant à haut potentiel intellectuel. Par exemple, en petite section, il est le dernier à mettre ses chaussures et il ne sait pas mettre son manteau si ses manches sont à l’envers. En moyenne section, il comprend et sait expliquer ce qu’est un volcan. Mais il est le dernier à finir sa ligne de bâtons sur une feuille. Il connaît les chansons par cœur mais au concert il ne chante pas, car il regarde tout le monde autour de lui. Alors, c’est quoi un HPI et comment peut-on l’aider ?

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Connaître un haut potentiel intellectuel

Un tiers des enfants dits surdoués, précoces, ou encore à haut potentiel intellectuel connaîtraient de graves difficultés scolaires. En fait, l’enfant surdoué possède une intelligence qualitativement différente. Il active de façon privilégiée son cerveau droit, alors que les compétences du cerveau gauche sont plus en phase avec les apprentissages scolaires. Grossièrement, le cerveau gauche, analytique, construit de façon linéaire son raisonnement. Tandis que le cerveau droit, analogique, traite l’information en images et procède par associations d’idées. Ainsi, la pensée du surdoué est globale, arborescente. L’information se distribue dans tout le cerveau, créant des associations d’idées qui s’enchaînent à une très grande vitesse. L’élève arrivera rapidement à trouver la solution d’un problème mathématique. Mais sans pouvoir restituer le raisonnement logique qu’attend le professeur.

La deuxième différence importante réside dans leur hyperactivité émotionnelle. Elle procède d’une vulnérabilité particulière de l’amygdale (des neurones du cerveau situés dans le lobe temporal). Un incident mineur peut ainsi déclencher une crise émotionnelle. Pour apaiser ces enfants, inutile de les raisonner, il faut les toucher, les contenir physiquement. Si l’on prend comme critère un quotient intellectuel d’au moins 130, on compte 1 élève surdoué sur 40, soit 2,5 % de la population. L’objectif est de mieux les repérer et de leur proposer une prise en charge thérapeutique.

Aider un enfant surdoué

Plusieurs clichés perdurent sur ces enfants à haut potentiel intellectuel. On croit, à tort, que l’hyperactivité avec déficit de l’attention dont ils souffrent plus que les autres est liée au fait qu’ils s’ennuient à l’école. En réalité, cette hyperactivité s’exprime davantage à la maison. Ils y ont recours pour augmenter leur niveau de vigilance, qui est relativement bas. En fait, ils s’hyper-stimulent. Du coup, l’idée qu’il faudrait les isoler pour qu’ils puissent se concentrer semble inappropriée. Au contraire, ces enfants fonctionnent mieux dans un environnement enrichi en stimuli sensoriels. Ils peuvent aussi être en grande difficulté en petits groupes, souffrir de dévalorisation. En plus, leur identité de surdoué, parfois renforcée par des parents trop investis, peut augmenter leur décalage par rapport aux autres.

Une pédagogie alternative adaptée

Différents, ces enfants nécessitent-ils une prise en charge scolaire particulière ? Plusieurs associations militent pour une meilleure prise en charge en milieu ordinaire. L’idéal, c’est de trouver une école où il peut y avoir un dialogue avec l’enseignant. Hélas, c’est encore loin d’être le cas. Souvent à l’aise au primaire, une partie des enfants précoces perdent pied à partir du collège. Pour cela, il faut absolument mettre en œuvre une pédagogie adaptée. Le plus souvent, ces enfants à l’intelligence intuitive n’ont pas mis en place des stratégies d’apprentissage en primaire. Il faut leur donner des repères méthodologiques, leur fournir, si besoin, plus que le programme pour alimenter leur curiosité. Et les aider à se positionner dans le groupe social en leur proposant des activités collectives, intellectuelles, sportives, ou ludiques.

En effet, les collèges accueillant des élèves à haut potentiel intellectuel en difficulté les intègrent dans des classes banales. Mais une salle leur est réservée pendant leur temps libre. Ces jeunes, qui ont souvent été des victimes, y parlent de leurs problèmes et surtout pratiquent des jeux de construction ou de stratégie sur ordinateur. L’essentiel n’est pas de les faire avancer plus vite. Les sauts de classe sont exceptionnels. Cependant, il faut bien chercher à harmoniser leur développement et travailler leurs relations aux autres.

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Epanouissement des enfants à haut potentiel intellectuel

Plusieurs témoignages des parents d’enfants à haut potentiel intellectuel affirment l’épanouissement de ces enfants différents dans ce type d’école.

  • Frédérique, professeur des écoles et mère de quatre enfants précoces, a connu des problèmes avec son aîné. En moyenne section, l’enseignante l’a mis à l’écart, les autres élèves le maltraitaient. Jugé caractériel et inadapté, son enfant a été mis dans une section de collège spécialisée dans l’accueil d’élèves en grande difficulté. Aujourd’hui, un baccalauréat scientifique en poche, il va intégrer une classe préparatoire aux grandes écoles avec deux ans d’avance. Après son expérience, sa mère estime qu’il est plutôt judicieux que les enfants précoces arrivent au collège avec une année d’avance pour que leurs besoins d’apprentissage soit plus en phase avec ce qui leur est proposé en classe.
  • Mathilde, mère de deux enfants à haut potentiel intellectuel dit : « Enfin, au fil de l’année, nous avons pu voir nos enfants évoluer. Notre fils rentrait en niveau de CP. Comme il lisait déjà, il a été directement intégré aux cours de chinois. Il suit de la graphothérapie pour pouvoir progresser sur la vitesse d’écriture. Même s’il n’a pas toujours le temps de finir les exercices écrits, son enseignante a compris qu’il a besoin d’apprendre des choses plus complexes pour que cela l’intéresse. Et il a fini sur du travail de niveau CE2 car le CP c’est trop facile. Notre fille est rentrée en moyenne section. Très réservée en petite section dans le système classique, elle s’est épanouie et a pris confiance en elle. Elle a appris à lire et a réussi à présenter son invention devant tous ses camarades :  le pansement 1 seconde.

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