Le métier de l’enseignant

En général, le métier de l’enseignant repose sur deux axes essentiels : d’une part, la maîtrise des connaissances à enseigner et d’autre part, le « comment enseigner ? ».

Pour être un enseignant qualifié

Un professionnel de l’école maîtrise la matière à enseigner et tout ce qu’il faut savoir pour que les élèves apprennent. Il sait décoder une situation d’apprentissage et ses contraintes. Il ne reste toutefois pas enfermé dans une discipline, il sait les croiser ou s’engager dans des démarches transversales. Par ailleurs, il possède des outils pour comprendre les conceptions des apprenants et repérer leurs obstacles. Il sait préciser les objectifs éducatifs et formuler un niveau d’exigence suivant le niveau. II a à sa disposition de multiples ressources didactiques et connaît leurs ressorts respectifs en fonction des particularités des élèves (enfants précoces et jeunes en échec y compris). Il met en place surtout des prises en charge différenciées. Il sait individualiser des parcours de formation, apprendre à apprendre, organiser un environnement éducatif… En effet, il sait susciter le désir d’apprendre et le goût de l’effort pour réussir.

Bien sûr, il reste curieux et avide de comprendre en permanence le monde, la société. Parallèlement, il a travaillé sa personnalité, parce que l’enseignant est avant tout une « personne-repère ».

Pas facile donc d’être un enseignant qualifié de nos jours ! Il doit apprendre, pendant ses études, en plus des contenus disciplinaires, des notions de didactique, mais également d’épistémologie, de psychologie, d’anthropologie, de sociologie et d’analyse institutionnelle. Il doit être cultivé dans les autres savoirs de l’école ; faire du théâtre, notamment des exercices pour placer sa voix. Il être bien dans son corps et avoir de la présence.

l'enseignante en classe

La gestion du groupe

Et ce n’est pas tout, il lui faut encore savoir gérer sa classe au quotidien ! En d’autres termes, il lui faut avoir un optimum d’autorité, savoir organiser sa journée, sa semaine, son année et avoir suffisamment de recul sur ce qu’il évalue et pourquoi. Créer ensemble les règles de vie, instaurer des rituels pour gagner du temps, donner des consignes claires, etc… Par exemple, dans la préparation de la classe, il veille aux alternances : travail long, court, en groupe, en binôme, en individuel, en ateliers…

Il est important de ne pas enchaîner deux activités sans favoriser un retour au calme. On peut prévoir une courte activité de transition : une poésie récitée, une musique. Les pauses ou les moments de relaxation ne sont pas des pertes de temps. On peut travailler plus et mieux ensuite ! Si une activité s’avère plus longue que prévu, pas grave… Il faut juste éviter de sacrifier l’histoire ou les sciences. On fait beaucoup de français dans ces disciplines. On peut également s’ouvrir aux événements : «il neige», par exemple. Pourquoi ne pas prendre dix minutes pour observer le phénomène ou travailler les questions que les élèves se posent…

Les autres intervenants

Et puis il y a encore l’équipe éducative, la hiérarchie et les parents. Là également, comment s’y prendre ? On n’aborde pas toujours ces questions lors de la formation. Cela ne fait pas de brillantes présentations, c’est souvent de la cuisine interne. Et à l’école, on apprécie mal les recettes. Alors chacun bricole dans son coin, n’ose pas parler de ses difficultés, sous peine de paraître minable. Et on finit par réinventer la roue ou l’eau tiède… plus fréquemment on déprime. Bien sûr, il y a l’expérience, notamment l’expérience des anciens. Mais ces derniers, peu reconnus, peu considérés, arrivent parfois aigris à la fin de leur carrière. Ils passent ainsi de moins en moins le flambeau et l’expérience se perd dramatiquement. Heureusement, il y a quelques exceptions, de belles exceptions, ceux qui, non seulement, aiment partager, mais en plus ils le font avec passion et clarté.

père qui complète le travail de l'enseignant

Des difficultés à rencontrer éventuellement en classe

Débutant ou chevronné, un professeur peut se trouver démuni devant une nouvelle classe ou devant une classe dite difficile. Il peut avoir mal à capter l’attention des élèves, à les faire participer, à organiser leur apprentissage ou à gérer les problèmes de discipline.

On n’a aucune doute que tous les professeurs des écoles, surtout les jeunes, sont pleins de bonne volonté. Mais, leurs désirs sont souvent contrariés par une gestion de classe difficile.

Qu’appelle-t-on gestion de classe ? On pourrait l’appeler discipline. Mais c’est plus subtil que cela. Des collègues, excellents pédagogues, pleins d’idées, se retrouvent en difficulté tout simplement parce qu’ils ont du mal à gérer leur classe.

Tous, nous avons en mémoire ces professeurs qui, par leur charisme, leur « autorité naturelle » réussissaient à nous passionner et à nous faire aimer leur discipline… et d’autres qui se cassaient les dents, tempêtaient, faisaient de l’autoritarisme inefficace et avec lesquels nous trouvions toujours à nous occuper !

Les premiers donnent l’impression d’entraîner leurs élèves vers une sérénité qui ne nécessite aucune discipline apparente. Les seconds appliquent des règles de punitions – récompenses inefficaces, sans pour autant réussir. Ils arrivent seulement à vivre à peu près tranquilles face à une classe dolente ou asservie qui ne les intéresse pas et qui n’est donc pas intéressée.

Les premiers s’enthousiasment, se réalisent pleinement dans leur métier sans compter ni temps ni énergie. Les seconds font un travail pour lequel ils n’éprouvent aucun intérêt, ils surveillent la pendule et trouveront toujours le moyen d’en faire le moins possible.

L’autorité dans une classe ne s’impose pas. Elle va de soi si les élèves sont intéressés, travaillent, ont du respect pour le professeur et sentent un même respect en retour.

l'enseignant ou l'instituteur en classe heureux

L’école, l’institution où chacun prétend avoir son avis à donner

Et puis, bien que l’on parle toujours du métier d’enseignant comme d’un métier solitaire, il y a tous les membres de la communauté éducative qui partagent avec vous les mêmes objectifs et auprès desquels vous trouverez aides et conseils et avec qui vous conduirez un véritable projet pédagogique dans l’intérêt de l’école et de ses élèves.

Il vous faudra aussi compter avec les parents : tous les élèves ne sont pas orphelins. Ils ont des parents qui les chargent d’espoir, qui effectuent des transferts, qui vivent sur leur mémoire d’écoliers, qui sont favorables à l’école, qui sont opposés aux méthodes employées… L’école étant par excellence l’institution où chacun prétend avoir son avis à donner.

En conclusion, pour vivre une vie de professeur riche et paisible, l’enseignant doit avoir la capacité et la volonté de s’adapter à sa personnalité, son environnement et à sa clientèle. Il doit avoir, en quelque sorte, le métier.