Les déficiences sensorielles au cours de la première enfance

Comme celles des déficiences mentales graves, la spécificité des déficiences sensorielles visuelles et auditives importantes est reconnue en Europe depuis plus de deux siècles. Ce qui n’est pas le cas pour de nombreuses autres catégories de handicaps. La cécité et, dans une autre mesure, la surdité sont manifestes pour le profane. Mais nous ne nous rendons pleinement compte de l’importance de la perception sensorielle, particulièrement en ce qui concerne le développement cognitif au cours de la première enfance, que depuis relativement peu de temps.

Des recherches spécifiques sur les problèmes intellectuels, affectifs et sociaux entraînés par une déficience des deux principaux appareils sensoriels commencent à nous montrer qu’un enfant souffrant d’une déficience sensorielle périphérique n’est pas différent des autres. Mais que, si des actions éducatives au sens le plus large de l’expression ne sont pas entreprises pour le préserver, le cours normal de son développement sera compromis par cette déficience. Ce qui va le priver de certaines expériences. L’éducation des handicapés sensoriels peut et doit viser à les insérer aussi normalement que possible dans le monde des voyants et des entendants. Et non à les traiter comme un groupe à part de personnes souffrant du même handicap. Groupe destiné à vivre dans une communauté close et repliée sur elle-même.

déficiences sensorielles visuelles

Les enfants ayant des déficiences sensorielles visuelles

La psychologie des aveugles congénitaux et, dans une certaine mesure, selon l’âge auquel ils auront été atteints, considérée comme la résultante de frustrations qui laissent une trace. D’autant plus profonde qu’on les subit tôt dans la vie comme une déviation du développement causée par la réaction d’enfants potentiellement normaux sur le plan psychologique. Mais vivant dans un environnement rendu pour eux anormal par leur handicap.

Par conséquent, si des personnes bien informées les prennent en main pendant la première enfance et à l’âge préscolaire. Et si l’éducation qui leur est dispensée est conçue de manière à tirer parti de leur potentiel. Et à trouver des substituts aux expériences. Notamment en matière de perception dont ils sont privés. On a des chances, à moins que les atteintes ne soient pas seulement périphériques. De leur permettre, dans une large mesure, de se construire une personnalité saine et épanouie.

Il serait absurde de soutenir que chaque enfant sourd ou aveugle peut devenir un adulte socialement, intellectuellement et économiquement aussi efficace qu’il aurait pu l’être s’il n’avait pas été handicapé. Mais une éducation judicieuse peut faire en sorte qu’une personne qui. Faute de l’avoir reçue, serait devenue entièrement ou partiellement dépendante. Et plus ou moins inadaptée, devienne un être humain heureux et efficace dans certaines limites. Qui sont bien que peut-être plus spécifiquement contraignantes du même ordre que celles qu’imposent à chacun d’entre nous les caractéristiques de nos différents tempéraments et de nos facultés intellectuelles.

Importance de la période préscolaire

Jusqu’à une date relativement récente, l’importance de la période préscolaire pour le développement ultérieur de l’enfant ayant des déficiences sensorielles. Par conséquent, la nécessité d’apporter aux parents, le plus tôt possible. Une orientation et une aide en matière d’éducation n’étaient guère prises en considération. Si cette assistance non fournie très tôt l’enfant aveugle, par exemple, est susceptible de souffrir de diverses carences. Sa cécité le prive des expériences sociales qu’une bonne mère offre tout naturellement et qui complètent. Puis remplacent les manipulations physiques en tant que témoignages d’amour et stimulants du développement.

Dès la période que Piaget nomme le stade sensori-moteur des premiers mois et des premières années. Il lui manque l’élément visuel de la gestalt des perceptions à la fois visuelles, auditives et kinesthésiques. Fournies par l’exploration de son propre corps et des objets qui l’entourent ainsi que par ses jeux avec les autres. Le fondement essentiel de la structuration de ces concepts. La base même de l’intelligence et de la capacité d’apprendre, fait défaut. La gamme de ses expériences avec des objets limitée à ceux qui sont à la portée de ses mains. La perception des relations dans l’espace partiellement refusée.

De même les attitudes de surprotection, de sympathie excessive, de rejet ou de culpabilité implicites ou explicites. Voire simplement de négligence, qu’il rencontre de la part de ses parents et d’autres, peuvent avoir des effets très tôt. Et marquer la conception globale qu’il a de lui-même et de la société. Les parents non prévenus risquent fort de ne pas se rendre compte des frustrations. Et des distorsions psychologiques cumulatives de cet ordre qu’entraîne la cécité de leur enfant ou de ne pas les compenser.

déficiences sensorielles auditives

Les enfants ayant des déficiences sensorielles auditives

Il n’est pas étonnant qu’en atteignant l’âge scolaire beaucoup d’enfants semblent retardés dans leur développement cognitif, affectif et social. Qu’ils aient souvent un net sentiment d’insécurité et qu’ils aient acquis un certain nombre de maniérismes et mouvements stéréotypés. Dont certains au moins ressemblent de manière frappante à ceux que l’on constate chez les enfants privés tôt des soins et de l’affection de leur mère.

Un enfant sourd peut manquer de stimuli intellectuels et sociaux de façon encore plus grave. Le son est important, dès la naissance ou avant. Particulièrement le son de la voix maternelle, mais, jusqu’à la fin de la première année de vie. Les concepts issus de la perception kinesthésique et visuelle prédominent probablement dans le développement général. Ensuite et, certainement, à partir de dix-huit mois, l’ouïe et la parole commencent à jouer un rôle de plus en plus prépondérant. Soit dans l’organisation de la vie intellectuelle, sociale et affective.

L’enfant qui ne peut entendre ni les paroles des autres ni les sons qu’il produit lui-même n’apprend pas à parler sans aide et peut devenir muet. Faute de l’apport des mots, son développement conceptuel risque fort d’inhibation, retardement. Ses premiers contacts sociaux dépendent exclusivement de la vision et du toucher. Ces enfants souvent lents d’esprit ou même nettement inférieurs à la normale et traités en conséquence. Au négativisme, qui est un stade normal pour les enfants de 2 à 3 ans, ils ajoutent parfois une réaction farouchement agressive à leurs frustrations et deviennent très pénibles. Comme dans le cas des aveugles, l’attitude des parents, des autres adultes et des frères et sœurs plus âgés joue un rôle important. Parfois gravement néfaste dans le développement de la personnalité de l’enfant sourd.

Les amblyopes et les malentendants

Dans de nombreux pays d’Europe, les moyens en place en faveur des enfants aveugles et des enfants sourds d’âge scolaire sont relativement suffisants. Toutefois, les besoins des enfants amblyopes et des enfants malentendants n’ont pas été couverts dans la même proportion. Probablement le nombre des cas où la déficience est très légère mais où elle a, sur le plan scolaire. Des conséquences dont la gravité est sans commune mesure avec son degré. Particulièrement lors des premiers stades de l’apprentissage de la lecture infiniment plus élevé que nous ne le pensons. Il arrive même qu’une perte de l’audition de gravité moyenne ou une légère myopie passent inaperçues jusqu’à ce que l’enfant entre à l’école. Voire jusqu’au jour où l’attention attirée sur ces déficiences sensorielles parce qu’il ne réussit pas à apprendre à lire.

Lorsque la déficience visuelle ou auditive n’est pas totale. Mais assez grave pour qu’on la remarque à l’école. Il n’est que trop fréquent que les enfants en question soient mis dans les mêmes groupes que les enfants qui sont totalement aveugles ou sourds. Les meilleures pratiques actuelles montrent que les enseignants. Et particulièrement ceux qui s’occupent d’enfants très jeunes, devraient recevoir une formation. Leur permettant de repérer ceux des élèves qui souffrent probablement d’une déficience visuelle. Ou d’une perte de l’audition et de faire en sorte qu’ils soient examinés par des spécialistes. Que la population scolaire soumise à une procédure périodique de dépistage. Encore une fois, on met l’accent sur la nécessité d’un dépistage précoce, antérieur à l’entrée à l’école. Et de fournir en permanence à la famille et à l’établissement scolaire qui accueille l’enfant une orientation psychologique, pédagogique et médicale.

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