Les différences interindividuelles entre les apprenants

L’acquisition du langage est soumise à des principes généraux qui se retrouvent chez tous les enfants et sont génétiquement programmés dans l’espèce humaine. Cependant, il suffit de les écouter pour s’apercevoir que tous les enfants ne s’expriment pas de la même façon, que certains semblent en avance, qu’ils ne font pas tous le même usage du langage. À quel âge commencent les différences interindividuelles? Quels aspects des conduites langagières sont plus particulièrement concernés ?

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Précocité des différences interindividuelles

Si les productions vocales des premiers mois sont surtout dépendantes de la maturation physiologique, de contraintes respiratoires ct motrices, on peut déjà observer quelques différences dès la fin du troisième mois. Notamment dans la fréquence des vocalisations. Celles-ci sont assez directement liées à la présence d’un adulte, et aux réponses reçues de sa part. Des bébés en interactions fréquentes avec un partenaire adulte, qui répond à leurs vocalisations ou les répète, babillent davantage que les autres.

Cette présence de l’adulte et les réponses de celui-ci constituent des encouragements pour les enfants. A 10 mois, ceux qui vocalisent davantage et manifestent le plus d’attention visuelle à l’adulte sont ceux auxquels les mères s’adressent elles-mêmes le plus fréquemment. L’âge auquel sont dits les premiers mots. La dimension et la composition du répertoire lexical produit vers la fin de la deuxième année, la longueur moyenne des énoncés, les fonctions du langage que l’enfant utilise, diffèrent également.

Bref, tous les aspects des conduites langagières, dès les premières étapes de leur développement, concernés par les différences interindividuelles. De plus, les différences observées non compensées avec le temps. On peut même dire que les écarts se creusent au fur et à mesure que les enfants grandissent. Les enfants les plus précoces à un moment donné tendent à le rester. On observe généralement une association entre plusieurs aspects des différences interindividuelles.

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Nature des différences à l’âge scolaire

  • La compréhension du langage oral. Il faut insister tout particulièrement sur les variations dans la compréhension pour deux raisons. D’abord, parce qu’on y est moins attentif qu’à la production. Ensuite, car les difficultés de compréhension sont le premier indicateur de fréquentes difficultés ultérieures. Comment dépister les difficultés de compréhension ? Toute absence de réaction de l’enfant ou l’incompréhension qu’il manifeste lorsqu’on s’adresse à lui doit alerter : entend-il correctement ? A-t-il un déficit de compréhension et si oui, de quelle nature ? La réponse à ces différentes questions nécessite des examens spécialisés pour examiner la compréhension du langage oral. différences interindividuelles
  • Les connaissances lexicales. En fait, les écarts entre les milieux favorisés et défavorisés estimés à six mois ou un an d’acquisition de vocabulaire. Soit 600 mots environ en CE1. Ils ne sont pas compensés dans la suite de la scolarité et tendent même à s’accentuer. Sur tous les aspects du lexique examinés, les écarts entre milieux sociaux sont significatifs, stables. Voire pour certains amplifiés au cours de la scolarité, même s’ils ne représentent guère plus de 15% du répertoire étudié. Autrement dit, ce qui est commun aux enfants est beaucoup plus important que ce qui les distingue.
  • La syntaxe. La maîtrise de la syntaxe est aussi source de différences interindividuelles importantes. Notamment pour les aspects les plus complexes. Jusqu’à 6 ans environ, les différences sont peu sensibles. Pour ce qui est par exemple des structures d’ordre des mots dans la phrase. Plus tard, les enfants utilisent à peu près avec la même efficacité les indices tels qu’articles ou position du mot dans la phrase pour identifier la classe grammaticale d’un mot. En revanche, l’utilisation de la forme passive, l’emploi des négations varient beaucoup selon les enfants. Là encore, à l’avantage des milieux sociaux favorisés.

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