Les erreurs d’orthographe de source phonétique

Les erreurs d’orthographe grammaticale (accords en genre et en nombre, conjugaison verbale…) à côté de celles relevant de l’orthographe lexicale (lettres muettes, lettres synonymiques, consonnes doubles, lettres étymologiques…) sont souvent évoquées lorsqu’on demande à un usager de l’orthographe française d’énumérer quelques facettes de ses difficultés et les erreurs les plus fréquentes généralement observées. Ceci semble trouver son origine non seulement dans la conception traditionnelle de l’orthographe française en deux branches de l’orthographe lexicale vs l’orthographe grammaticale mais aussi dans les deux principes de base de tous les systèmes d’écriture qui les rendent mixtes et qui fonctionnent d’une façon compliquée dans l’orthographe du français.

source phonétique des euueurs

Les principes de base de l’orthographe

D’abord, le principe phonographique qui assure la correspondance entre les unités phoniques et les unités graphiques de la langue est déjà opaque. L’asymétrie dans les correspondances phonèmes-graphèmes empêche l’orthographe française d’atteindre l’idéal de bi-univocité (un graphème peut correspondre à un phonème, à plusieurs phonèmes ou à aucun).

Ensuite, le principe sémio-graphique reliant les unités graphiques aux unités de la langue porteuses de sens est complexe, lui aussi. Ceci à cause de l’homophonie, des règles morphosyntaxiques, des relations lexicales entre familles sémantiques, des lettres historiques et étymologiques. Une telle orthographe polyvalente laisse le chemin favorable à l’émergence des erreurs.

La classification des erreurs d’orthographe

La classification des erreurs orthographiques en erreurs lexicales et grammaticales est loin de pouvoir englober tous les types. Il existe des erreurs qui portent atteinte à l’indépendance du mot écrit (erreurs de segmentation), celles qui concernent la substitution du mot dicté par un autre, etc. Dans cet article, il sera question d’un type particulier de ces erreurs qui altère gravement la physionomie sonore du mot écrit. Nous nous intéressons aux erreurs orthographiques à dominante phonétique.

En effet, les erreurs d’orthographe peuvent être réparties selon qu’elles relèvent des domaines de langue, de lexique et de grammaire. Les deux derniers domaines sont assez connus, comme déjà mentionné, des usagers de l’orthographe française. Mais le premier, hors catégorie, passe souvent inaperçu aux yeux de ces mêmes usagers. C’est un domaine qui précède la phase orthographique proprement dite. Sont classées dans cette catégorie, les erreurs concernant les mots coupés, segmentés, regroupés par erreur, oubliés, remplacés par un autre terme que celui du mot dicté (dans la situation contraignante d’exercice orthographique), etc. Un autre type des erreurs de cette catégorie est l’erreur orthographique à dominante phonétique. D’ordre oral, elle ne dépend pas de l’orthographe si paradoxal que cela puisse paraitre. Elle correspond au domaine de la langue.

Les erreurs d’orthographe à dominante phonétique

Ces erreurs relèvent d’un travail sur l’audition et l’articulation. La correction phonétique est ici nécessaire. En effet, au moment de la correction d’une copie de dictée, il faut tout d’abord s’assurer, entre autres, de la compréhension des bases phoniques de la part du sujet scripteur. Ensuite classer les erreurs comme particulièrement graphiques. Ces erreurs orthographiques à dominante phonétique concernent l’omission ou l’adjonction de lettres/syllabes, la confusion des consonnes, des voyelles ou encore l’adjonction d’un accent avec incidence phonique. Autrement dit, les erreurs orthographiques à dominante phonétique rendent la sonorité du mot écrit différente de celle du mot dicté. Le mot parait être inconnu du scripteur qui tente d’en restituer les sons qu’il semble percevoir pour la première fois.

Souvent, les erreurs d’orthographe à dominante phonétique se confondent avec les erreurs phonographiques. La distinction de ces deux types est essentielle. Le premier type relève d’une étape pré-orthographique tandis que le second est une erreur purement orthographique de type lexical qui altère également la valeur phonique du mot.

Ce qui constitue donc la ligne de démarcation entre ces deux c’est ce constat suivant. Malgré la dégradation de la valeur phonique du mot occasionnée par l’un ou l’autre type. Le premier concerne la mauvaise audition du terme dicté (ou l’image auditive inaccessible s’il s’agit de la production écrite). Et la confusion des phonèmes rencontrés tandis que le second est attribuable au non-respect des règles de correspondances phonèmes-graphèmes. Là où le scripteur connait le mot dicté mais n’applique pas ou ne sait pas appliquer les règles mentionnées. Ce dernier type concerne précisément parlant toute correspondance phonème-graphème erronée avec incidence phonique. Pour les graphies polysémiques, mauvaise notation du yod et d’autres semi-voyelles. Déplacement de lettres voisines, erreur de consonnes doubles, omission de lettres muettes finales…

Les erreurs orthographe

La cause de ce type d’erreurs

La véritable cause des erreurs d’orthographe à dominante phonétique reste difficile à déterminer. L’interférence entre le système phonologique de l’apprenant et celui du français peut quasiment expliquer certains faits mais pas tous. Il semble que, quand l’image auditive correcte du mot n’est pas disponible. Même si l’on connait le mot en question et si le phonème figurant dans ce dernier existe déjà dans son système phonologique. On ne soit pas capable de le représenter correctement à l’appui de ce que l’on entend (intervention du crible phonologique). Cette remarque délicate montre l’importance du système phonologique intériorisé par l’apprenant. Il est possible que ce dernier transcrive le mot dicté à partir de l’interprétation qu’il fait de son propre énoncé. Et non à travers l’énoncé entendu. Ce qui montre, en partie, l’arbitraire des systèmes de classification des erreurs orthographiques. Et l’importance des interrogations métalinguistiques avec l’apprenant pour qu’il explique sa graphie erronée.

Donc, il est souhaitable de demander au sujet scripteur de prononcer le mot qu’il a écrit (et qui comporte l’erreur orthographique à dominante phonétique). Ceci afin de savoir si ce type d’erreur apparaît également dans le langage parlé du sujet. Si c’est le cas, il est signe d’un trouble à la fois au niveau de perception et de production. Mais si au contraire le sujet prononce bien le mot, il faudrait alors mener chez lui des tests auditifs pour vérifier la perception correcte des phonèmes.

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