Les qualités pédagogiques du bon enseignant

Le profil du bon enseignant comporte de nombreuses qualités innées et acquises. Parmi ces dernières, les qualités pédagogiques doivent avoir une importance accrue car elles influencent grandement l’atmosphère d’une classe et par conséquence la performance de l’élève.

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Construire des séquences d’apprentissage

Certes, cela suppose un travail pré-pédagogique, pédagogique et post-pédagogique. Il s’agit d’abord de savoir programmer une progression à long terme en fixant à moyen terme des objectifs précis qu’il faut formuler de façon aussi claire et intelligible que possible pour les élèves. Tout enseignant se doit d’apprendre à construire des séquences d’apprentissage. Ensemble complet de séances d’enseignement qui s’articulent autour d’un thème et aboutissent à une évaluation finale. Il convient également d’expliquer le pourquoi et le comment de l’approche pédagogique choisie. Informer les élèves sur ce qui est attendu d’eux est une nécessité.

Parmi ses qualités pédagogiques, l’enseignant se devra d’être cohérent dans sa démarche. Notamment en veillant à l’adéquation des savoirs et savoir-faire développés avec les objectifs généraux poursuivis ainsi qu’avec les évaluations choisies. Trop souvent, on entraîne les élèves à comprendre et à parler, mais au moment de les évaluer, on leur impose seulement des tâches écrites. En tant qu’enseignant responsable d’une classe, on n’oubliera pas non plus de clarifier les critères d’évaluation dont on se servira pour mesurer les progrès de tous les élèves. Si ces exigences de clarté et de cohérence respectées, il en résultera un effet sécurisant et structurant pour de nombreux élèves. Tout ceci contribuera à établir dans la classe une atmosphère stable, favorable à l’apprentissage car ne réservant pas de mauvaises surprises aux élèves.

Toutefois, il ne faudrait pas croire qu’une préparation de cours soignée est en soit une panacée. Il faudrait plutôt la considérer comme une aide précieuse dans des situations où l’imprévu fait partie du quotidien. Bien sûr, les enseignants ne sont pas recrutés sur leur aptitude à faire face à l’imprévu, à improviser ou à inventer de nouvelles solutions face à des problèmes inédits. Mais leur formation peut leur permettre d’acquérir ces aptitudes.

Ne pas se contenter du contenu d’un manuel

L’enseignant veillera aussi à impulser un rythme aux séances d’apprentissage par l’alternance des tâches et des activités, ce qui est d’autant plus important que l’élève est plus jeune. Cette alternance permet de stimuler et l’attention et la motivation. Attention et motivation seront également activées par un choix judicieux de documents proposés aux élèves. L’enseignant, ayant des qualités pédagogiques, accordera un soin tout particulier à la qualité, la variété et l’adaptation des documents au public concerné. Ils ne peuvent être le fruit du hasard. Rien n’oblige un enseignant à se contenter de travailler jour après jour avec ses élèves le contenu d’un manuel que d’autres peuvent avoir choisi. Les documents ne manquent pas, du pur didactique aux documents authentiques des plus variés: affiches, extraits de romans, dépliants publicitaires, extraits de programmes.

La liberté de choix de l’enseignant est grande, sa responsabilité aussi. À lui de sélectionner ce qui convient le mieux à sa classe a un moment donné de l’apprentissage. Il doit savoir qu’un bon input facilite l’acquisition inconsciente des données. L’attention étant alors centrée sur le contenu et non pas sur la forme du message.

En effet, il importe que l’enseignant s’efforce de créer des situations propices à l’apprentissage et donne des possibilités de mise en œuvre des connaissances afin de favoriser le développement de l’autonomie de l’élève.

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Parmi les qualités pédagogiques, favoriser la communication

Le schéma classique de l’acte d’apprentissage se divise en trois temps forts: phase de repérage, phase d’assimilation, phase de transfert. Il est bien évident que, notamment pour la deuxième phase, toutes les activités proposées ne peuvent être communicatives. Souvent, des activités pré-communicatives précèdent des activités communicatives. Les premières, très répétitives, mettent un travail de précision (phonologique, fonctionnel, structural. . .) indispensable à certains moments de l’apprentissage. L’alternance d’activités pré-communicatives et communicatives permet de travailler sur les différentes composantes de la compétence de communication.

Peu importe la quantité d’informations échangées, ce qui compte, c’est l’existence d’un enjeu. Il faut qu’il y ait un déficit d’information à combler (information gap). Ou, si les mêmes informations partagées par les interlocuteurs, un déficit d’opinion qui devient alors l’enjeu de la communication. Même au tout début de l’apprentissage, de telles activités sont possibles. Les jeux communicatifs sont une façon de faire communiquer les élèves malgré les limites de leurs connaissances.

Par exemple, les élèves doivent simuler un interrogatoire dans un commissariat, les uns étant des suspects, les autres des policiers. Les seconds posent des questions, les autres répondent. Si les élèves policiers connaissent quelques questions, très vite ils demanderont la possibilité d’en exprimer d’autres, qu’il faudra introduire. Et travailler un certain temps avant que l’interrogatoire ne reprenne. De même, pour répondre aux questions, les suspects seront sans doute à court de vocabulaire qu’il faudra aussi leur fournir dans une phase intermédiaire. La démarche est séduisante. Mais elle implique un tel changement dans les représentations et les pratiques du maître et des élèves.

Renforcer la mémorisation, une des qualités pédagogiques du maître

Ici, il s’agit de renforcer la mémorisation de façon délibérée. Mais pour éviter aux élèves des reprises trop semblables qui, du fait de leur monotonie, finiraient par ennuyer les élèves. On peut, tout en gardant à l’esprit la notion fondamentale de nos jours de progression en spirale, proposer aux élèves:

  • des tâches de plus en plus complexes et de plus en plus diversifiées à partir d’un même document;
  • un travail sur des situations de communication où les échanges sont prévisibles, puis de moins en moins prévisibles ;
  • de travailler un même thème à partir de différents types de discours: narratif, descriptif, argumentatif, critique…
  • de construire des dialogues en allongeant progressivement les différents moments de l’acte de communication.

Ces répartitions ont l’avantage de permettre de ne pas travailler seulement sur des unités minimales de contenus d’enseignement et de prendre en compte l’articulation des micro-unités.

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