Les supports d’apprentissage et le débat concernant les outils tout faits.

En ce qui concerne les supports d’apprentissage, c’est le comportement de l’enseignant face à sa pratique pédagogique qui fait la différence. On rencontre en effet des enseignants qui, d’un côté, préfèrent se servir d’outils d’apprentissage tout faits, manuels ou méthodes et objets préemballés, et, d’un autre côté, des enseignants qui n’utilisent pas ces outils, préférant construire eux-mêmes leur pratique pédagogique.

supports d'apprentissage pédagogique

Les pratiques qui n’utilisent pas d’outils tout faits

Les enseignants qui appartiennent à cette catégorie ont en commun un certain nombre d’options fondamentales qu’il importe d’expliciter ici. L’opinion publique ayant trop souvent tendance à penser que l’absence de manuels tout faits prouve un comportement fantaisiste, le règne du « n’importe quoi » et l’absence de travail sérieux. En fait, c’est tout le contraire. D’ailleurs, l’une des raisons de leur petit nombre, c’est que leur option demande beaucoup plus de travail. Un manuel ou une méthode dispense le maître de penser sa classe. Ce sont des objets sécurisants pour lui beaucoup plus que pour l’enfant ! supports d’apprentissage

Les options communes à cette catégorie sont :

  • Une exigence de formation théorique qui leur permette de maîtriser parfaitement ce qu’ils ont à enseigner.
  • Une volonté de travailler en équipes, de confronter observations et résultats.
  • Une conception de l’apprentissage qui prenne réellement en compte les enfants. Ce qu’ils sont, ce qu’ils savent, en relation avec les connaissances actuelles.
  • Une volonté de lutter contre l’échec scolaire, à la lumière d’une analyse rigoureuse et scientifique des causes de cet échec.
  • Une idée assez haute de leur métier. Et la conviction qu’il est difficile d’espérer développer l’autonomie des enfants si l’on n’est pas soi-même autonome.

Il me semble que ces options, loin de paraître inquiétantes, devraient au contraire rassurer. Le caractère à la fois scientifique; exigeant, ouvert au regard des autres comme à la remise en question, dynamique et rigoureux est une garantie irremplaçable de qualité et de sérieux. Il faudrait que l’opinion publique soit convaincue de ceci. Bien des enseignants hésitent, de peur de déplaire aux parents, et la pression du public, qui traditionnellement se méfie de la recherche, fait beaucoup de mal à l’efficacité du travail de l’école. supports d’apprentissage

Les enseignants utilisant des supports d’apprentissage classiques ou « modernistes »

Parmi les outils tout faits, il y a les manuels classiques. Ce sont les objets les plus connus. Tous visent en fait le même type de résultat : le mécanisme de base. C’est-à-dire la capacité à oraliser sans effort n’importe quoi afin de permettre une compréhension. Dont on pense qu’elle ne peut apparaître qu’à partir de cette oralisation. Leurs différences ne sont que superficielles. Qualité du dessin, degré plus ou moins intense de la pauvreté des phrases proposées. Introduction, ou non, d’une opposition entre l’oral et l’écrit. Présence ou non d’un guide maître, pour le cas où il ne serait pas capable de s’en servir tout seul !

Dans les manuels « modernistes », les maisons d’édition, qui ont besoin d’attirer le client, cherchent, depuis quelque temps, à introduire certaines données nouvelles, certains trucs à la mode pour agrémenter les manuels d’apprentissage. Ainsi trouve-t-on des manuels en bandes dessinées, Voire des manuels contenant des reproductions de recettes de cuisine… Même s’il y a là un effort louable pour se tenir au courant de certains acquis de la recherche. Nous verrons en détail que le fait même de les intégrer à un manuel détruit presque totalement l’efficacité de ces efforts. Encore une fois, l’essentiel du problème ne réside pas dans la perfection du manuel. Mais dans la cohérence d’une démarche d’apprentissage. supports d’apprentissage

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Les supports d’apprentissage à prétention scientifique

Il en existe beaucoup, élaborées, non plus de façon empirique comme les manuels, mais par des spécialistes. Et sur des bases scientifiques beaucoup plus sérieuses en général. La seule réserve que l’on peut formuler est que les données scientifiques dont ces méthodes se réclament ne concernent jamais directement la lecture en tant que telle. Les plus importantes, en effet, sont l’œuvre, soit de médecins, spécialistes des enfants à problèmes, soit de psychologues, soit de linguistes. Chacun mettant en œuvre ses propres hypothèses, à partir de sa propre spécialité, sans se soucier des autres dimensions de la lecture.

Or, lire est une activité beaucoup plus complexe qu’on ne l’a cru jusqu’ici. On sait aujourd’hui que son analyse fait appel à des données scientifiques appartenant à des disciplines diverses (psychologie, physiologie de la perception, linguistique…). Son apprentissage ne peut être défini sans les données nouvelles de la psychologie de l’enfant et des théories de l’apprentissage. Si l’on étudie en détail chacune de ces méthodes, malgré leurs qualités incontestables, on s’aperçoit qu’aucune d’entre elles ne prend en compte toutes ces dimensions. Même sans pousser très loin l’analyse, on peut formuler l’hypothèse que de telles méthodes ne peuvent, dans ces conditions, avoir une complète efficacité. Elles prétendent en effet assurer la totalité de l’apprentissage de la lecture. Les enfants y sont censés apprendre dans ces méthodes et manuels la lecture qu’ils mettront en œuvre après, quand ils sauront lire. supports d’apprentissage

Les outils d’aide à l’apprentissage

Qu’il s’agisse de fichiers ou de didacticiels, ils se présentent comme des aides à l’apprentissage. Pour les auteurs de ces outils, l’apprentissage se fait en situation véritable de lecture, et sur les supports réels que la vie sociale propose. C’est l’entraînement qui requiert ces outils, et l’entraînement est individualisé. Chaque enfant, en fonction de ses besoins, peut ainsi améliorer des compétences insuffisantes, dans un domaine donné de la lecture.

L’enseignant peut ainsi les utiliser à la demande, pour résoudre telle difficulté apparue chez un enfant, à tel ou tel moment de son apprentissage. On voit que le propos n’est pas le même. Il importe bien de souligner, notamment pour les didacticiels, qu’aucun d’entre eux ne prétend enseigner la lecture. Qu’aucun ne se présente comme une panacée, ou un miracle. Ce sont des outils, souvent très bien faits, mais ponctuels, et qui ne peuvent fonctionner seuls. Ceci n’est pas toujours clair dans les médias et cette mise au point me semble nécessaire. En réalité, et contrairement aux trois autres, ils sont parfaitement compatibles avec les pratiques qui n’utilisent pas d’outils tout faits. Bien des enseignants qui construisent eux-mêmes leur pratique y ont recours. supports d’apprentissage

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