Les troubles d’acquisition du langage oral et écrit

Quand peut-on considérer qu’il y a des troubles d’acquisition du langage ou un retard de développement ? On peut comparer les conduites langagières actuelles d’un enfant à celles qui devraient normalement être présentes compte tenu de son âge. Mais il est quelquefois difficile de distinguer entre un écart pathologique et un écart qui ne l’est pas. Nous n’avons pas de référence précise sur ce qui constitue des conduites langagières normales à un âge donné. Simplement parce qu’il existe des variations interindividuelles importantes dans l’utilisation du langage et dans son rythme d’acquisition. En outre, lorsque l’origine des dysfonctionnements n’est pas organique, on a beaucoup de difficulté pour les identifier. On est alors conduit à décrire des symptômes, en étant très dépendant des moyens techniques et théoriques d’évaluation.

le langage

Régressions, retards et troubles acquis

Les régressions se manifestent par la réapparition chez un enfant de conduites langagières antérieures qui avaient disparu pour laisser place à des conduites plus évoluées. Encore faut-il savoir que le développement n’est pas linéaire. Qu’il peut comporter normalement des avancées et des reculs tant que les acquis ne sont pas consolidés. Et que cette oscillation entre divers comportements n’est pas en soi pathologique. Des régressions vers un langage bébé peuvent apparaître lors d’événements vécus comme traumatisants, tels une maladie, la naissance d’un petit frère ou l’éloignement d’un parent. Elles sont alors souvent accompagnées d’autres signes tels que des difficultés d’endormissement, l’incontinence…

Les retards de développement peuvent être encore plus difficiles à apprécier. Notamment lors de leur installation, pour prédire leur caractère transitoire ou permanent. La pression de certains parents, qui savent que la maîtrise du langage est une condition importante de la réussite scolaire, peut contribuer à cristalliser une difficulté passagère.

Les troubles acquis sont souvent le signe d’une autre pathologie sous-jacente. Par exemple dans certains troubles articulatoires, mais pas toujours, il existe des bégaiements transitoires dans le développement et d’autres qui ne le sont pas, des difficultés de prononciation avec la chute des dents de lait et d’autres qui nécessitent une prise en charge rééducative.

Un élément d’importance dans le diagnostic consiste à considérer le langage de l’enfant en relation avec les autres aspects de son développement (intellectuel, sensorimoteur, affectif). Aussi, les caractéristiques de son milieu (situation familiale, conditions de vie, déroulement de la scolarité). Certaines populations d’enfants sont ainsi considérées comme à risques parce qu’il existe une corrélation statistique entre tel trouble du langage et telle ou telle caractéristique extra-langagière. Mais, là encore, la prudence doit être de mise. Parce qu’un lien statistiquement fondé sur une population importante ne s’applique pas obligatoirement à un enfant particulier. troubles d’acquisition du langage

Le bégaiement et les troubles de l’articulation

Il existe de nombreuses définitions du bégaiement. En fait, Il s’agit d’une perturbation de la fluidité de l’expression verbale caractérisée par des répétitions ou prolongations involontaires qui se manifestent fréquemment et ne sont pas facilement contrôlables. Il s’accompagne généralement d’un état émotionnel de tension ou de gêne. Les cadres explicatifs sont au moins aussi nombreux que les définitions, ce qui traduit la difficulté à identifier les causes précises du bégaiement.


En général, le bégaiement apparaît assez tôt, vers 3 ou 4 ans et touche davantage de garçons que de filles. Peut-être en raison d’un contrôle neuromusculaire de la parole moins stable chez les premiers que chez les secondes. Dans certains cas, les difficultés de parole s’accompagnent de gestes de différentes parties du corps ou de grimaces. Souvent, le bégaiement des jeunes enfants évolue et finit par disparaître sans intervention. Sinon, diverses thérapies sont proposées. Telles que la relaxation, la suggestion, un travail sur le rythme et le débit de la parole, etc. Diverses hypothèses explicatives avancées pour le bégaiement : hérédité, problèmes spécifiques du système nerveux central, immaturité linguistique, etc.

Concernant les autres troubles de l’articulation, certains enfants présentent des défauts de prononciation sur les voyelles ou les consonnes. L’origine de ces difficultés peut être organique. C’est le cas, par exemple chez des infirmes moteurs cérébraux ou des déficients auditifs. Ainsi que chez des enfants ayant une malformation de la structure dentaire. Mais il existe aussi des troubles fonctionnels, sans origine organique, interprétés selon les cas, comme une difficulté motrice ou un problème de discrimination de la parole. L’entraînement à la production ou à la discrimination de contrastes phonologiques est souvent utilisé pour traiter de tels troubles. troubles d’acquisition du langage

L’aphasie et le retard de langage

L’aphasie est un trouble important dans l’acquisition du langage, qui se manifeste chez des enfants ayant un développement normal des capacités cognitives non verbales. Ainsi qu’une intégrité de leur appareil sensoriel et moteur. Le déficit porte exclusivement sur les capacités nécessaires à l’expression et à la compréhension des éléments séquentiels du langage oral. Ce handicap se manifeste précocement, avant l’âge de 2 ans et demi. Il se traduit par l’incapacité à reproduire correctement une séquence de sons. De profonds troubles d’articulation, des verbalisations limitées à quelques mots ou stéréotypées, des problèmes sévères dans le traitement de la syntaxe. Des difficultés profondes de compréhension sont souvent associées. Il existe plusieurs hypothèses explicatives de l’aphasie. Elles se rejoignent pour considérer qu’il s’agit d’un déficit dans la capacité de traitement des signaux auditifs, dans l’analyse phonologique et le traitement séquentiel, impliquant certaines zones du cortex auditif de l’hémisphère gauche.  


En ce qui concerne le retard de langage, il correspond en fait à des acquisitions un peu plus tardives que la norme. L’enfant parle très peu ou mal entre 2 et 6 ans. Sa compréhension semble meilleure que sa production. Mais des difficultés se manifestent dans la compréhension des notions spatiales ou temporelles par exemple. Ainsi que dans la répétition de mots et surtout de phrases. Le retard simple de langage s’accompagne souvent d’un retard moteur, et de troubles affectifs. Le pronostic est variable. Certains enfants récupèrent ce retard avant l’entrée à l’école primaire. Mais ce n’est pas le cas pour d’autres. Les difficultés associées renforcent les problèmes langagiers, et le retard de langage va souvent annoncer des difficultés scolaires ultérieures. Les retards simples du langage ont souvent des causes multiples : facteurs héréditaires, conditions socioculturelles, problèmes affectifs et relationnels. troubles d’acquisition du langage

Parmi les troubles d’acquisition du langage, La dysphasie et l’audimutité

La dysphasie est un déficit du langage oral se manifestant principalement à partir de 6 ans sous la forme d’une inorganisation du langage en évolution. Elle peut se répercuter dans le langage écrit sous l’aspect d’une dyslexie-dysorthographie chez des sujets par ailleurs normalement développés. Sans insuffisance sensorielle, motrice, ni phonatoire. Mais dotés d’une structure mentale particulière qui empêcherait l’accession de l’intelligence au stade analytique. Alors que le retard simple se manifeste par un décalage dans l’évolution du langage, la dysphasie se caractérise par un langage médiocre, à la structure perturbée. Associée à des perturbations de la structure affective et à des difficultés dans le traitement de l’écrit. Et ce en lecture, orthographe, rédaction et dans l’accès aux notions abstraites. Ces difficultés conduisent souvent à un retard scolaire de deux ou trois ans.

Concernant l’audimutité, c’est un déficit massif de l’élaboration du langage, relativement rare. Il aura des répercussions sur la suite du développement langagier, sur les acquisitions cognitives et le devenir de l’enfant. Celui-ci apparaît comme entendant et muet, mais n’a pas de déficit auditif ni intellectuel. Le diagnostic est très difficile à établir avant 6 ans. La pathologie peut être confondue avec celle de l’arriération mentale, de la surdité ou d’une psychose infantile. troubles d’acquisition du langage

Les troubles d’acquisition du langage

La dyslexie, un des principaux troubles d’acquisition du langage

La dyslexie est un trouble de l’identification du mot écrit, associé à une intelligence normale. Elle se manifeste par des confusions de lettres ou de sons, par des omissions de lettres ou de syllabes, des inversions ou des additions de lettres. Elle touche environ 5 à 10 % de la population, selon les critères retenus. Des déficits d’analyse phonologique et de mémoire de travail mis en évidence chez ces sujets. Les causes génétiques et neurologiques assez largement explorées. Ceci n’empêche pas bon nombre de thérapies de privilégier les difficultés relationnelles comme explication dominante, sans grand succès d’ailleurs. La dyslexie est souvent associée à des difficultés dans la maîtrise de l’orthographe, désignées sous le terme de dysorthographie. Son évaluation se fait généralement dans le cadre scolaire et correspond à au moins 2 ans de retard dans la maîtrise de l’écrit.

On note que les enfants dyslexiques s’appuient, plus que les autres lecteurs, sur le contexte pour identifier les mots écrits. Ils développent des stratégies de compensation pour réussir à lire. Ces stratégies de compensation font que l’enfant opère une vérification partielle qui peut correspondre aux stratégies de reconnaissance du début de l’apprentissage. La première lettre, la silhouette du mot ou le type d’article attendu ainsi vérifiés. Identifier ces stratégies est très important pour comprendre les troubles d’apprentissage. Diverses méthodes de rééducation sont disponibles, fondées là aussi sur des conceptions théoriques différentes de la dyslexie. On peut regretter le manque de formation du milieu scolaire en la matière et la faible prise en compte des dyslexiques dans leur scolarité, ce qui conduit nombre d’entre eux vers l’illettrisme.


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