L’évaluation et l’exploitation de l’erreur

L’erreur est constructive. C’est à travers l’analyse des erreurs que va pouvoir se construire un raisonnement pour en trouver les causes et pour obtenir un résultat conforme à l’intention initiale. Lors d’une évaluation, il ne suffit pas de relever une erreur. Il faut surtout l’analyser afin de découvrir dans le cheminement de la logique de l’élève quel est l’élément qui est à l’origine de l’erreur. C’est sur cet élément que le professeur va pouvoir construire une remédiation spécifique, appropriée à la nature de l’erreur commise par l’élève…

L’enfant n’apprend rien en ayant à corriger à la fois plusieurs types d’erreurs différents. La correction d’un seul type d’erreur est profitable à l’élève car il est obligé d’appliquer une règle et de trouver la bonne solution. Une erreur collective devra conduire le professeur à remettre en cause sa présentation de la notion enseignée. Par contre, pour les erreurs individuelles, ce n’est qu’avec chaque élève en particulier que le professeur pourra conduire une correction efficace.

L’évaluation des élèves

Savoir ce que l’on évalue

Évaluez-vous ce que vos élèves ont acquis après un certain nombre de cours consacrés à telle ou telle partie du programme ?

Il faudra alors construire vos épreuves uniquement sur cette partie du programme. Théoriquement, si vous avez bien présenté vos cours, si vous avez bien évalué le niveau de vos élèves et si vous faites des propositions uniquement sur cette partie du programme alors les évaluations devraient être globalement positives. C’est le meilleur retour que vous pouvez avoir sur votre efficience.

Évaluez-vous pour déceler les difficultés de vos élèves ?

Il faudra alors construire des épreuves progressives, permettant de repérer les élèves qui ont besoin d’un soutien supplémentaire ou d’une reprise d’une partie du programme.

Si vous exposez aux élèves le but que vous recherchez, si vous avez bien équilibré les épreuves que vous proposez, alors vous devriez vous retrouver avec une classe sensiblement partagée en trois tiers : un premier tiers d’élèves ne posant aucun problème, un second tiers qui est prêt à rejoindre le premier, et enfin un troisième tiers qui reflétera vos qualités de pédagogue si vous parvenez à le ramener à un quart ou un cinquième. C’est sur ce dernier groupe que devront porter vos plus amples efforts.

Un des exemples les plus parlants est celui de l’évaluation d’une expression écrite, d’une rédaction, d’une dissertation… En expression écrite, vous pouvez choisir d’évaluer l’orthographe, l’imagination, la concordance des temps, l’enchaînement des idées, la prise en compte du sujet donné… Mais vous ne pouvez pas évaluer tout cela en même temps. Si vous voulez faire progresser vos élèves, il sera nécessaire d’évaluer séparément chacune des compétences auxquelles l’exercice fait appel : l’élève pourra ainsi apprécier les domaines dans lesquels il doit faire des efforts, voire ceux qui pourraient réclamer un soutien particulier.

Savoir pourquoi on évalue

L’évaluation des élèves dans une classe vise plusieurs buts et nécessite que le maître soit bien au fait de ce qu’il cherche à évaluer :

Cherche-t-il à mesurer l’efficience de sa pratique ?

Exemple : à la suite d’une séquence de découverte et d’acquisition traitant de la proportionnalité, il proposera un exercice dans lequel les élèves devront déterminer parmi plusieurs propositions celles qui relèvent de grandeurs proportionnelles.

Cherche-t-il à mesurer l’acquisition d’une connaissance par sa classe ?

Exemple : à la suite d’une initiation aux additions de nombres entiers et de nombres décimaux, il proposera de poser (et seulement de poser) des additions ou des soustractions comportant les deux sortes de nombres. Il ne demandera pas le résultat de ces additions, ou ce ne seront pas les résultats qui seront évalués.

Cherche-t-il à mesurer l’acquisition d’une connaissance par un élève particulier ?

Exemple : l’exercice s’adressera à ce seul élève et sera particulièrement ciblé.

Cherche-t-il à mesurer la capacité de ses élèves à réinvestir dans un contexte particulier une connaissance acquise dans un autre domaine ? Exemple : il proposera d’écrire un texte commençant par « Demain » pour appréhender la connaissance de l’écriture du futur simple.

Les modes d’évaluation

Pour donner confiance à vos élèves, il faut alléger la pression qu’exerce sur eux la perspective de l’évaluation et l’évaluation elle-même.

examen et évaluation

L’élève doit connaître les critères de la notation. Il ne faut pas le laisser croire que le prof note comme il veut. Il devrait pouvoir se noter lui-même s’il possédait le guide de correction.

Dans certaines disciplines, il est possible de proposer aux élèves des exercices à plusieurs niveaux. Ce sont les élèves qui choisissent leur niveau.

Toute évaluation devrait être suivie d’une remédiation : que l’élève qui a échoué puisse comprendre pourquoi il a échoué. On pourra alors lui donner d’autres outils qui lui permettront de surmonter cet échec.

Il est bien d’introduire dans les exercices d’évaluation des items semblables à ceux d’un devoir précédent afin que tous puissent au moins réussir une partie du devoir.

Il faut varier les modes d’évaluation. Par exemple, on peut demander aux élèves de :

créer des consignes, plutôt que de les appliquer ;

  • poser les questions relatives à un énoncé, plutôt que de leur demander de trouver les solutions à ces questions ;
  • chercher le résultat approché, plutôt que de demander le résultat exact ;
  • chercher le résultat exact parmi plusieurs résultats proposés.
  • dire ou écrire ce qu’ils ont retenu de la séquence qui vient de se dérouler…

Attention : dans les questionnaires à choix multiples, il y a toujours une part de hasard mais, s’ils ont été bien conçus, ils sont pratiques pour déceler où se situe la difficulté.

Le contrôle continu

Il est de bon ton de donner une certaine solennité aux évaluations mensuelles ou trimestrielles. Cette pratique fait que, pendant les deux semaines qui précèdent la remise des livrets, on propose aux élèves une série d’évaluations qui vous donnent une surcharge de travail et mettent parents et élèves dans une situation de stress nuisible à une bonne réussite.

Si par contre vous décidez que, chaque semaine, un seul exercice sera pris en compte pour l’évaluation mensuelle ou trimestrielle, il vous sera alors facile de renseigner le livret. L’alternance hebdomadaire des exercices disciplinaires réduit l’inquiétude des élèves. Ils savent qu’il y aura d’autres exercices qui leur permettront d’obtenir une moyenne raisonnable, et vous annulez ainsi le problème de l’absence de certains élèves aux périodes d’évaluation. Vous pouvez adopter un rythme hebdomadaire : une semaine évaluation en mathématique, la semaine suivante évaluation en grammaire, la suivante, évaluation en expression écrite… Ce type de contrôle continu vous permettra, de plus, de vérifier que les connaissances sont véritablement acquises.

Se faciliter les corrections

Dès les premières classes de l’élémentaire, il est de votre devoir d’effectuer les corrections des exercices et des cahiers de vos élèves. Vous pouvez ainsi facilement vous retrouver avec un travail très important.

L’évaluation et l'erreur

Souvenez-vous que seules les corrections faites en présence de l’élève ont du sens et sont efficaces. Passez dans les rangs pour effectuer les corrections plutôt que d’attendre le soir pour corriger la pile des cahiers qui se sont accumulés sur votre bureau. Un cahier doit comporter tous les jours quelques exercices corrigés avec attention. Ce sont ces cahiers que les parents viseront hebdomadairement pour suivre la progression de leur enfant. Quant aux exercices que vous proposez aux élèves, pensez à vous faciliter leur correction en utilisant un barème simple, connu des élèves. Vous pouvez aussi utiliser l’autocorrection et l’échange des cahiers entre élèves.

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