Mission d’une école solide

La promesse qui vaille le coup c’est un serment : entre toutes les nécessités du temps présent, entre tous les problèmes, le choix qui mérite qu’on y consacre tout ce qu’un être a d’intelligence, d’âme, de cœur, de puissance physique et morale, c’est le problème de l’éducation.

Le savoir, la culture, la raison, la mémoire sont indissociables de l’institution scolaire. Si, ces valeurs, qui n’ont jamais fait la fortune de personne, ne sont pas remises à la première place, on les place loin derrière l’argent ou la mode, la notoriété médiatique ou l’épate, il n’y aura jamais d’école solide.

Il faut au contraire mettre en œuvre les politiques publiques qui donnent à chacun la possibilité de se réaliser en allant au bout de ses possibilités.

Répondre aux défis

A mon sens, c’est d’abord et avant tout être capable de répondre aux défis de notre temps : faire reculer le chômage, relever le citoyen, rompre le silence qui vaut acquiescement à un ordre mondial complexe.

Il s’est fait des choses remarquables dans le domaine de l’éducation dans notre pays. Il convient cependant, de ne pas sous-estimer les difficultés, et d’avoir conscience aujourd’hui, de l’importance de faire évoluer notre système de formation et de recherche. Après avoir analysé les causes principales des éventuels dysfonctionnements, il serait opportun de tenter d’apporter quelques propositions pour stimuler notre système éducatif.

Le ministère de l’éducation accomplit des tâches très lourdes, dans un contexte et des conditions parfois difficiles en dépensant déjà une énergie considérable.

Dans ce cadre, trois dossiers essentiels le mobilisent. Comme les travaux d’Hercule, ils exigent « des centrales » de l’administration une attention de tous les instants, un travail harassant et une ténacité sans faille.

Le premier : la réconciliation du «public» et du «privé», facteur de cohésion d’un ensemble mobilisé à une seule fin, l’éducation des jeunes. Le second est la décentralisation, gage d’un service public mieux adapté aux besoins de ses usagers. Le troisième travail de longue haleine à remettre chaque jour sur le métier concerne la rénovation de l’enseignement, voie de la réussite de tous nos enfants. Apparemment, l’affaire est close. Mais ne s’agit-il pas d’une trêve fragile, où les acteurs sont toujours prêts, à repartir à l’assaut ou, à défaut, à s’ignorer superbement ?

La vraie réconciliation du public et du privé, par l’acceptation mutuelle, la coopération sereine à l’œuvre commune d’éducation rencontre des difficultés : les germes de divisions persistent.

L’éducation est l’affaire de tous les citoyens

Les questions de l’incivilité, de l’égalité des chances entre tout le monde et de la mission des enseignants sont l’affaire de tous les citoyens et de leurs représentants.

Par souci d’efficacité, j’ai décidé de ne pas céder au mythe obsédant et le plus souvent infructueux de la grande réforme mais de choisir plutôt quelques ajustements, circonscrits mais prioritaires.

Il est préférable de déterminer quelques priorités, à partir de ce sur quoi les personnes concernées ou la plupart s’accordent pour dire qu’il y a urgence, plutôt que de chercher les ruptures : réforme du collège, du lycée, de l’école primaire, avec leur cortège de nouvelles grilles horaires, de nouveaux programmes, leurs énièmes dispositifs inédits, les va et vient des programmes d’arabisation dans les cursus scolaires. . .

Il s’agit de donner à chaque école, à chaque établissement, à chaque laboratoire de recherche les moyens de mener une politique d’amélioration constante de la qualité du service d’enseignement et de recherche.

Rien ne justifie que les problèmes soulevés par notre école continuent à se traiter seulement entre « spécialistes ».

La mission de l’école :

La tâche de l’école est d’assurer aux élèves la maîtrise des outils du savoir et de développer les aptitudes qui leur permettront d’acquérir les compétences, les savoir-faire et les savoir-être indispensables à la vie. Sa mission est de former un citoyen qui apprend à apprendre, à agir, à être et à vivre avec les autres. Dans ces conditions, l’école est plus que jamais appelée à s’acquitter de ses fonctions essentielles qui consistent à développer l’individu, dans la diversité de ses dimensions, à contribuer au progrès culturel et social du pays, et à être un levier puissant pour l’économie nationale.

Parmi les éléments sur lesquels l’évaluation de notre système éducatif a été faite, figurent : la structure générale du système, les filières et les sections, les contenus d’apprentissage, la répartition de l’horaire d’enseignement sur les différentes disciplines et le programme scolaire.

S’appuyant sur des analyses approfondies, l’administration de l’éducation a identifié quelques points à améliorer tels que :

* La faiblesse du rendement des institutions éducatives. Il est vrai que de nombreux élèves abandonnent encore les études, surtout au niveau du deuxième cycle de leur enseignement de base, sans avoir, tout à fait, acquis les compétences minimales requises pour s’insérer dans la société qui ne cesse d’évoluer.

Le manque de professionnalisme

Le manque de professionnalisme : l’enseignement et la gestion des établissements scolaires exigent aujourd’hui, outre la motivation, un haut degré de professionnalisme. Les éducateurs toutes catégories confondues ne bénéficient pas d’une formation spécifique et d’un recyclage adéquat et régulier en la matière,

La faiblesse de la qualité des connaissances acquises

La faiblesse de la qualité des connaissances acquises : les élèves ont, des difficultés remarquables dans les domaines des langues étrangères et des mathématiques donnant des difficultés qui limitent beaucoup de nos jeunes à communiquer facilement, à rédiger correctement et à résoudre les problèmes qui leur affrontent dans leur vie courante.

La prédominance de l’aspect quantitatif

La prédominance de l’aspect quantitatif dans les programmes scolaires. Une idée reçue et fort répandue veut que la sélection constitue l’unique garantie de la qualité de l’enseignement et du maintien du niveau et de la valeur des diplômes. Cela amène un nombre d’enseignants à focaliser leurs efforts sur les « bons » élèves, au détriment de ceux qui ont besoin d’un surcroît d’encadrement. Ces derniers sont ainsi progressivement marginalisés et se retrouvent, par ce fait même, circonscrits dans la logique de l’échec et de l’exclusion.

L’analyse des résultats enregistrés à des sessions d’examen successives permet de vérifier la pertinence des programmes, l’efficacité des méthodes pédagogiques et l’efficience des institutions éducatives.

Le bilan de ces évaluations se résume en cinq points :

  • l’absence quasi-totale d’initiation aux méthodes de travail,
  • la présence forte d’une tendance quantitative et cumulative dans les programmes,
  • la rigidité des programmes qui laissent peu de place à l’initiative de l’enseignant,
  • la maîtrise insuffisante par les élèves de certaines compétences transversales fondamentales comme l’analyse, la synthèse, la recherche et l’exploitation de l’information.
  • la faiblesse des élèves en expression écrite aussi bien en arabe qu’en français.

Concernant les programmes éducatifs; on a constaté que les disciplines sont enseignées indépendamment les unes des autres. La perspective interdisciplinaire est inexistante. Les aspects théoriques sont prédominants dans l’apprentissage. La présence des nouvelles technologies de l’information et de la communication est malheureusement timide ou inexistant.

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