Moi psychologique et Moi corporel chez l’enfant

Qu’il s’agisse de la coordination statique, de la coordination dynamique des membres, de la rapidité des mouvements, ou de la correction des mouvements simultanés, l’enfant normal ayant les dix ans est capable d’une bonne maîtrise corporelle. Il est à l’âge où les phénomènes de croissance de la puberté n’intervenant pas encore ou n’intervenant que très peu pour gêner l’expression totale de soi ou gauchir les ajustements. Il fait preuve de la plus parfaite harmonie. Plus tard, le Moi corporel et le Moi psychologique seront source de conflit et le bel équilibre atteint cette année sera remis en question.

C’est pourquoi, à cet âge, les enfants sont si extraordinaires lorsqu’ils font parler leur corps dans des improvisations théâtrales ou lorsqu’ils participent à des groupes d’expression corporelle. C’est pourquoi également, si votre enfant est raidi, timide ou comme on dit vulgairement « mal dans sa peau », il tirera profit de la participation à de tels groupes, où il exprimera en gestes, en figures, avec tout son corps, ses sentiments les plus profonds et s’en libérera. On constate souvent que des progrès dans le comportement général et le travail scolaire accompagnent de telles réussites.

moi institutrice

Comment assurer l’équilibre entre le moi corporel et le moi psychologique ?

Il est bon qu’un enfant qui entrera en sixième l’an prochain et qui connaîtra de ce fait un changement profond dans ses méthodes de travail et dans ses habitudes, soit dès cette année en pleine possession de tous ses moyens physiques, psychologiques et scolaires. La réussite en sixième se prépare dès le cours moyen et même avant, non pas seulement sur le plan pédagogique, mais sur le plan psychologique, ce qui est le rôle des parents. Un enfant tendu dans un milieu scolaire connu, qu’il fréquente depuis l’âge de six ans, sera encore plus mal à l’aise dans un milieu anonyme, avec des nouveaux camarades, des professeurs différents pour chaque matière, le souci des devoirs à remettre à jour fixe, de l’emploi du temps à respecter…

Contribuer à préparer l’enfant à ces importants changements et assurer son équilibre actuel non pas en le poussant sur le plan scolaire, mais en l’aidant à intérioriser et automatiser les savoirs des années antérieures, en lui fournissant des situations où il puisse se donner du mouvement et faire des jeux de plein air. Et en lui trouvant des occasions de prendre des initiatives et d’exercer son sens des responsabilités.

Aider l’enfant à intérioriser et automatiser les savoirs des années antérieures

L’enfant qui compte encore sur ses doigts, qui hésite pour faire une opération, qui applique une règle sans comprendre, celui qui n’arrive pas à se représenter mentalement des données, qui n’a pas la maîtrise du langage parlé ou écrit, celui qui ne parvient pas à entrer en communication avec autrui, cet enfant n’a pas intériorisé l’acquis. Plus simplement, il n’a pas assimilé les savoir-faire au point de les posséder comme des automatismes dont il dispose à sa volonté, et qu’il peut mobiliser pour répondre à une situation scolaire nouvelle.

Comment intervenir quand on est parents ? D’abord, en recherchant sur lesquels de ces points fondamentaux l’enfant présente un déficit. Ensuite, en l’aidant sur ces points d’une façon aussi peu scolaire que possible, en partant de ses intérêts spontanés. Par exemple, l’enfant a du mal à s’exprimer oralement. Laissez-le participer à vos conversations d’adultes. Permettez-lui d’intervenir, de dire ce qu’il pense. Accueillez avec attention le récit de ses expériences personnelles extrascolaires. Son moi psychologique a très envie de vous en faire part même si, au début, il le fait avec maladresse. Petit à petit, son expression deviendra plus facile. S’il a des difficultés à traduire sa pensée par écrit, encouragez-le à écrire ce qu’il aurait envie de raconter à un ami d’une autre ville. Il trouvera bientôt qu’il est presque aussi simple d’écrire que de parler. Et puis, en fixant par écrit sa pensée, l’enfant prend conscience de ce qu’il pense.

Autre moyen, un livre que l’enfant aura lu et dont il peut parler avec sa maman ou son papa qui l’aura lu aussi, permet d’assimiler certains savoirs, de comprendre d’autres milieux de vie… Aussi, il peut être formateur de choisir avec lui quelques bonnes émissions à la télé, de les regarder ensemble et d’en faire ensuite la critique.

Les jeux et le besoin de mouvement

Un enfant de dix ans passerait bien volontiers toute sa journée en plein air pourvu qu’il joue. Les livres que garçons et filles lisent à cet âge sont les livres de mystère et d’aventures d’action, de sentiments… A cet âge, le cinéma n’intéresse guère les uns et les autres. Ils préfèrent ce qui est vivant. Jouer avec un animal, s’en occuper est beaucoup plus stimulant que passer des heures assis dans une salle de spectacle. Vous le voyez, le besoin de mouvements et d’activités créatrices, comme le besoin de jeux collectifs est une caractéristique de l’âge. Il faut donc satisfaire ces besoins et encourager les intérêts dominants du moi psychologique et corporel. On prépare mieux l’entrée en sixième en passant le dimanche en famille, à la campagne, qu’en répétant les leçons de la semaine, assis à une table.

Le jeu procure détente et plaisir à l’enfant. En jouant il apprend à reconnaître le danger, à utiliser avec précaution puis habileté certains outils. Il exerce son adresse et son sens des autres. Marquer un but n’est pas l’œuvre d’un seul joueur mais le résultat d’une collaboration au sein de l’équipe. En école, on travaillera certainement en groupe. Un enfant qui y est préparé par sa participation à une équipe s’adaptera parfaitement à cette nouvelle forme d’activités.

Le caractère de l’enfant se forme autant, sinon plus, par l’intermédiaire d’activités naturelles que par le travail scolaire. Surtout quand celui-ci est rendu difficile par certains déficits. Ces activités au contact de la nature, pour lesquelles l’intérêt est majeur à cet âge, développent la discipline de soi, à laquelle l’enfant devra de plus en plus s’exercer au fur et à mesure qu’il grandit pour l’appliquer à la préparation de son avenir moral et scolaire.

Moi psychologique de l'enfant

Initiative et sens de responsabilité du moi psychologique

L’aptitude à prendre des initiatives et à exercer des responsabilités se développera tout naturellement chez votre enfant, si vous avez commencé à lui en donner des occasions quand il était tout jeune. De lui-même, il verra ce qu’il convient de faire dans telle ou telle circonstance. Et, s’il n’est pas inhibé par le doute de soi ou paralysé par un sentiment d’échec, il entreprendra. Il faut encourager ses initiatives et ne pas dramatiser les erreurs qui peuvent inévitablement en résulter.

La dramatisation des erreurs a des conséquences souvent inattendues. Elle risque, selon le caractère de l’enfant, de provoquer une forme d’apathie réactionnelle ou de susciter une attitude larvée de défi aux parents. Les initiatives de l’enfant seront d’autant plus couronnées de succès, que celui-ci aura une mère moins anxieuse. Vous savez que l’anxiété des parents, celle de la maman en particulier, se transmet à l’enfant. Pour peu que celui-ci soit sensible. Elle fait de lui un timide dont les initiatives tourneront vite court. Elle risque également, si le garçon ou la fille est plus tonique, d’en faire un téméraire qui prendra par bravade des risques démesurés, dépassant les limites socialement admises.

En classe, l’an prochain votre enfant aura la responsabilité entière de son travail. Habituez-le à s’organiser et à préparer quelques épisodes de la vie familiale ou amicale. Par exemple, la promenade familiale ou la visite que deux ou trois camarades rendront à celui alité… Vous ferez jouer ainsi le processus psychopédagogique qu’on appelle le transfert. Cette opération inconsciente par laquelle un savoir-faire appris dans un certain domaine est utilisé dans un autre. Attention, si l’enfant fait preuve d’initiative et d’autonomie pour les grandes choses, il répugne devant les petites responsabilités quotidiennes. Ces besognes ingrates lui demandent du travail et à dix ans, le moi psychologique n’aime pas le travail.

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