Pensées pour une nouvelle éducation

L’objectif premier de l’éducation est de révéler à un petit d’homme sa qualité d’homme, de lui apprendre à participer à la construction de humanitaire et pour cela, l’inciter à devenir son propre créateur, à sortir de lui-même pour devenir un sujet qui choisit son devenir et un objet qui subit sa fabrication.

Les objectifs du système éducatif

Avant de définir les objectifs du système éducatif qui comprend ici, au sens large, l’ensemble des structures de formation ou d’éducation et qui aura à préparer les hommes devant réussir les mutations futures, diagnostiquons les systèmes actuels pour en recenser quelques insuffisances.

Ce système se caractérise dans la plupart des cas par trois aspects à mettre en évidence avant de proposer les principes devant guider la recherche de solutions pour faire face aux enjeux du futur.

Le système éducatif est en premier lieu complexe

Le système éducatif est en premier lieu complexe. En deuxième lieu, il est à la fois bureaucratisé et hiérarchisé. Il est enfin marqué par la multiplicité de ses acteurs et par un couplage multiforme avec l’extérieur.

La complexité du système est due à son ambition de former et de transformer les hommes, à l’étendue de ses objectifs, à la multiplicité des formes du savoir qu’il se propose de dispenser et à la large portée de ses effets dans le temps.

La bureaucratisation et la hiérarchisation causées par la variété de pratiques et de règles ont entrainé les rigidités structurelles néfastes dont souffre le système formatif dans notre éducation.

réussir son éducation

A trop vouloir rechercher l’unité, on finit dans l’uniformité souvent multi-lente, parfois inhibitrice, toujours nivelante. A trop vouloir réglementer, on aboutit à répandre les sentiments d’isolement et d’inutilité parmi les acteurs de l’action éducative.

Enfin, le système éducatif est soumis à des pressions multiples, variées et contradictoires. Entre les ambitions de la famille, les attentes du milieu du travail, les valeurs de la société globale et les objectifs internes qu’il se propose, le système éducatif se trouve pris en tenailles. Il souffre entre une approche innovante, chargée de nouvelles ambitions et porteuse d’espoirs accompagnés de nouveaux comportements et une attitude conservatrice et reproductrice des attitudes culturelles dominantes.  

Le système formatif se trouve partagé

Le système formatif se trouve partagé entre un rôle de présenter la culture du passé tout en renfonçant celle du présent et celui de préparer à la culture de l’avenir, devant parfois tourner le dos à celle du présent.

C’est ainsi que trop souvent le poids de l’inertie et du conservatisme finissent par vider de sa substance toute ambition de réforme, tout projet d’amendement, toute idée de rénovation.

Comment dès lors préparer pour la société de demain des individus qui doivent être adaptables, autonomes, inventifs et créatifs, capables de surmonter les difficultés qu’ils ne manqueront de rencontrer et de relever les nombreux défis qu’ils auront à affronter ?

Avant de clore ce constat général, il n’est pas possible de passer sous silence une question fondamentale si souvent éludée celle – même si le jugement peut apparaître assez brutal aux yeux de certains – de l’hypocrisie du système éducatif et dont aucun système n’est malheureusement exempt. Au lieu d’être le domaine privilégié où chacun prend conscience de ses possibilités et apprend à les exercer, le système éducatif est organisé le plus souvent de façon à inciter chacun à couper ses propres ailes. Au lieu de favoriser le développement de personnalités contrastées, on s’efforce de produire une série d’individus conformes aux normes.

L’école sert le plus souvent à:

L’école sert le plus souvent à insérer chaque apprenant dans une voie où il répète docilement les réponses, trouvées depuis longtemps par d’autres, à des questions qu’il ne se pose pas. Puis, on vérifie qu’il a retenu ces réponses, qu’il est capable de les utiliser, qu’il est efficace. On le note, on le classe, on l’oriente, on le sélectionne.

instituteur à l'école

Au-delà de ce constat général, il y a lieu de mettre en évidence, au vu des résultats de notre système d’éducation au cours des trois dernières décennies, une triple injustice :

Tout échec est rédhibitoire

La première injustice est due au fait que dans notre système éducatif tout échec scolaire est rédhibitoire. Le principe de base de notre enseignement est l’élimination, la sélection par l’échec. Tous ceux qui quittent la voie royale sont condamnés à la médiocrité. C’est ainsi que notre système éducatif se caractérise plus par le nombre de rebutés, d’exclus que par le nombre d’élus. En somme, il forme une foule d’hommes au destin inachevé, il livre à la société des esprits aigris qui savent que désormais toutes les portes du devenir ou presque leur sont fermées. A chaque pas, à chaque niveau, le système éducatif ne prévoit qu’une seule voie : l’accès au niveau supérieur ou l’échec. Quitter dans ces conditions le système constitue une impasse et un déclassement social et même fatalement à l’angoisse.

Système parcheminé

Le système actuel est aussi injuste parce que parcheminé. Celui qui décroche un diplôme acquiert un droit, un statut social qu’il peut exploiter durant sa vie (même si ce n’est pas toujours le cas). L’acquisition du savoir sert à atteindre un seul but : le diplôme, et l’acquisition du diplôme a pour objectif l’obtention d’un statut social. Le système éducatif a fini par sélectionner et par la même à hiérarchiser certains savoirs, à privilégier certaines attitudes et à distribuer les mérites selon une échelle des connaissances et des savoirs trop réductrice ne permettant qu’à l’élite scolaire de se faire admettre au sein de l’élite sociale. Ce qui est nécessaire de réformer c’est précisément cette conception de l’éducation et de la formation qui, souvent, réduit les institutions qui en ont la charge de simples usines de diplômes et avec quelle rentabilité ?

La dimension peu techniciste

La troisième injustice concerne la dimension trop peu techniciste des formations dispensées au sein des institutions éducatives. Il y a assurément derrière cette situation des raisons à la fois culturelles et structurelles qu’il faudra analyser en profondeur avant de les dépasser. Ce n’est pas en transformant le diplôme de technicien en baccalauréat, ce n’est pas en saupoudrant des heures d’enseignement technologique ici ou là que l’on aboutira à des solutions durables. Il faudra chercher à établir des rapports harmonieux et durables entre la société en général et la technologie dans l’éducation qui s’impose aujourd’hui comme une réalité incontournable et ce, en valorisant la culture technologique et en l’intégrant dans la société.

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