Pourquoi faut-il alterner la formation générale et la formation professionnelle

Tout individu est sujet à changer d’activité au cours de sa vie professionnelle. Il ne faut donc pas l’enfermer trop tôt dans une spécialisation trop étroite. Il y a donc un bon équilibre à trouver: améliorer la formation de base et professionnaliser résolument en fin de course.

La formation dans l’entreprise

Il est impératif que nos entreprises prennent le relai de la formation. Il s’agit de :

formation dans l'entreprise
  • lier de manière plus organique et transparente promotion et formation : cette mesure constitue une incitation puissante pour encourager les différentes catégories de personnel à investir et à s’investir dans la formation. Elle est importante également Pour redonner aux structures de formation la place qu’elle mérite,
  •  mettre en œuvre un système de validation de l’expérience professionnelle,
  • institutionnaliser la formation continue. l’introduction de congés prolongés pour études est une solution qui pourra être justifiée.
  • détaxer les dépenses liées à la formation et à la mise à niveau des ressources humaines ; outre l’extension du champ des faveurs qui existe actuellement pour les dépenses liées à la formation, il s’agit également d’inciter les entreprises à prévoir une hausse sensible des budgets de formation et d’établir des plans de formation pluriannuels liés à leur plan de développement stratégique.

Je préconise d’appuyer la démarche par des mesures fiscales appropriées, telles qu’une TVA à taux réduit sur les produits de formation, ou un emprunt à taux zéro.

A l’aube d’une nouvelle économie de la connaissance, la validation des acquis de l’expérience est incontournable. La capitalisation des compétences s’avère être un élément essentiel pour garantir la sécurité économique et sociale des personnes actives.

Je formule d’autres mesures telles que l’épargne-temps de formation, les prêts à taux préférentiels pour l’achat individuel de formation et le renforcement de la formation professionnelle en dehors du temps travail.

La formation : comment ça se passe ailleurs ?

D’une manière générale, je constate que la plupart des systèmes éducatifs étrangers reposent dans le secondaire sur le choix de deux ou trois matières, toutes les autres étant abandonnées. Sont rares les systèmes éducatifs qui, comme le nôtre bien sûr, prétendent donner une formation vraiment générale et diverse: sciences naturelles, langues étrangères, arabe, mathématiques et physique. Dans les pays anglo-saxons, la formation professionnelle commence très tôt. Dès l’âge de quatorze ans, les jeunes passent une grande partie de leur temps dans l’entreprise. Cela façonne un type d’homme très différent. Le sport, la musique y ont plus de place. On doit s’interroger sur l’efficacité de cette vocation « universelle » du système scolaire.

La formation continue

Je n’ai pas encore parlé de la formation continue, et pourtant c’est une question de plus en plus décisive. La révolution technologique est à l’arrière-plan de la mutation sociale que nous vivons aujourd’hui dans le domaine de l’électronique, de la production d’énergie, des biotechnologies, des matériaux. Toute cette révolution technologique implique un renouvellement rapide des savoir-faire professionnels. Un pays moderne, c’est aussi un pays qui consacre beaucoup d’argent à la formation continue, qui permet également une mobilité du bas vers le haut, qui permet à des ouvriers qualifiés de devenir techniciens et à des techniciens de devenir ingénieurs. Il y a beaucoup à faire, quand on compare avec l’étranger, pour aller dans ce sens-là.

La religion du diplôme nous porte tort. La mobilité professionnelle, la mobilité sociale est faible alors que la stratification de notre société est forte. Si l’on veut vaincre cette dernière, on doit développer la promotion à l’intérieur des entreprises en adoptant une formation professionnelle continue. Nous sommes loin de disposer d’organismes de formation professionnelle en quantité et en qualité suffisantes.

Le développement de la formation continue permettrait aussi aux enseignants d’améliorer leurs revenus. Toute cette politique doit être modernisée et revue en grand. C’est un des volets essentiels d’une politique ambitieuse de modernisation du pays, au service de l’emploi.

L’idée du développement

L’idée du développement, peut être repensée, rénovée. Ce qui manque à la société d’aujourd’hui, c’est un horizon à long terme. C’est à la construction de cet horizon à long terme que nous devons consacrer tous nos efforts. Pour cela, il faut penser mondial, par-delà la recherche du profit et de la rentabilité. Le marché est myope. Le marché voit où sont les possibilités de générer vite plus-values et bénéfices, mais il lui manque une vision à long terme. Cette vision, les forces progressistes ne la portent plus.

Ne faut-il pas instituer un « pacte des entreprises pour la formation » afin d’engager nos principales entreprises dans des actions de formation. La création de ces entreprises-écoles devrait être favorisée fiscalement et elle devrait pouvoir préparer les mêmes diplômes que ceux du système éducatif tunisien.

Sur le fond, ne faut-il pas abolir les frontières :

barrière de formation
  • entre enseignement professionnel, formation par alternance et apprentissage,
  • mais aussi entre formation professionnelle sous contrat d’entreprise et formation sous contrat d’étudiant,
  • enfin entre formation professionnelle et formation continue ?

Chacun pourrait disposer, en matière d’éducation et de formation, d’une véritable créance sur la société, d’un capital formation, de sorte que tous ceux qui n’ont pas bien tiré parti de la formation initiale puissent la compléter plus tard. Ainsi, ceux qui n’ont pas pu réussir un diplôme quand ils étaient jeunes auront droit à une formation générale, technique ou professionnelle.

Après plusieurs années de vie professionnelle active, reprendre des études ou compléter sa formation pour se perfectionner relève le plus souvent du parcours du combattant. A l’inévitable inégalité des chances au départ s’ajoute le fait que notre système offre rarement la possibilité d’une deuxième chance. S’il est un engagement qui me paraît important, c’est cette idée de capital de deuxième chance. Nous sommes dans un monde dur, difficile. La compétition mondiale fait rage, et un des domaines où on peut exceller est justement celui du développement technologique, avec la mise en évidence d’une certaine qualité dans la production des biens et des services. Un travail sérieux est nécessaire avec un bon professionnalisme, d’une part, dans l’université, et d’autre part, et à plus forte raison dans l’environnement technologique et professionnel.

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