Profil de l’enseignant innovateur rôles et pratiques

Auparavant, l’enseignant maîtrise un savoir et un savoir-faire et les transmet aux apprenants sous forme d’exposé. Il n’accorde que peu de place à l’interactivité. Les travaux issus des courants nouveaux pédagogiques ont fortement changé le rôle de l’enseignant. Celui qui veut devenir enseignant doit savoir qu’il aura plusieurs rôles à assumer. L’enseignant n’est plus le détenteur de savoir. Le savoir n’est plus la préoccupation première. La démarche didactique est centrée sur le sujet de l’apprentissage. La pédagogie centrée sur l’apprenant est devenue un localisme mondialisé, occultant l’essentiel de sa spécificité culturelle, historique et matérielle. Cette centration engage un changement de perspective. Dans cette optique quel est le profil de l’enseignant innovateur?

l'enseignant innovateur

Le profil de l’enseignant est modifié

Parmi les principaux termes qui signifient aujourd’hui l’enseignant, on peut citer notamment praticien, concepteur, tuteur, conseiller, surveillant, animateur, formateur, médiateur, administrateur. Ces termes montrent absolument qu’il y a un changement et une transformation. C’est pour le changement et par lui que se façonne l’action humaine.

Donc, la fonction d’enseignant est modifiée de façon différente. L’enseignant n’exerce plus le rôle de l’acteur central des actions conduites en classe. Il s’avance vers le rôle de facilitateur et d’accompagnateur. Il prend le parti d’aider l’apprenant seulement lorsqu’il est en difficulté et uniquement quand il sent que c’est nécessaire.

L’enseignant innovateur assume le rôle d’administrateur dans un programme intégrant les outils multimédias. Ceux-ci soit matériels ou virtuels ne sont que des outils d’enseignement. Ils peuvent être au service de bonnes activités pédagogiques centrées sur l’apprenant.

Mais la préparation exige une bonne planification et une gestion importante afin d’éviter des pertes de temps et des démotivations. Il faut déterminer la tâche à accomplir, prévoir la modalité de travail de la façon la plus précise et bien rédiger des consignes claires et explicites.

L’enseignant innovateur exploite les TIC au service de l’apprentissage

Actuellement, l’enseignant devient un manager et pas simplement un dispensateur de savoirs. Il faut qu’il sache entrer dans le monde du multimédia et employer ses supports avec lesquels l’apprenant va travailler. Les technologies de l’information et de la communication se caractérisent par de nombreuses particularités et se composent de plusieurs types d’unités. L’enseignant doit maintenant et plus que jamais être capable de les saisir et les mettre au service de l’apprentissage. Puisqu’il s’adapte aux défis, aux talents et aux besoins de l’apprenant. L’enseignant innovateur maîtrise le contenu et le mode de fonctionnement des outils techniques et des softwares utiles, il remplit ainsi le rôle de conseiller ou de tuteur.

Tel rôle ressemble beaucoup à celui d’un chef d’orchestre. Le rôle de celui-ci varie beaucoup selon le contexte et la diversité des ensembles de musiciens. Il exerce des fonctions de plusieurs variables. Présenter ses pratiques devant un public, observer sa réaction, concevoir un programme, choisir l’outil le plus adéquat, le mettre en œuvre et évaluer les résultats. L’enseignant comme le chef d’orchestre est un gestionnaire des moyens humains et matériels. Ces rôles directeurs spécifiques doivent être dotés de stratégies soigneusement choisies afin d’assurer la cohérence pédagogique et la concordance avec les objectifs opérationnels.

La cohérence et la concordance représentent la première stratégie à adapter et à mettre en œuvre par l’enseignant. Elles permettent aux apprenants d’appréhender clairement les étapes successives, le lien entre les cours et l’unité du contenu.

Des activités mentales en interaction avec l’environnement ayant un rôle productif précis dans la construction de savoirs et de savoir-faire doivent être ensuite gérées à condition qu’elles soient extrêmement stimulantes, variées, fondatrices, efficaces et plaisantes.

Quatre rôles essentiels restent inchangés

En fait, nous proposons d’aligner les quatre rôles essentiels qui restent inchangés même pour l’enseignant innovateur . Premièrement, c’est lui qui indique la tâche à accomplir et le but à atteindre. Deuxièmement, c’est lui qui formule les consignes et les instructions. Troisièmement, c’est lui qui aide l’apprenant qui éprouve des difficultés. Quatrièmement, c’est lui qui évalue l’output de l’apprenant.

Le monde didactique s’est donc profondément modifié voire totalement reconstruit. Les apprenants participent activement aux leçons. Ils travaillent ensemble à la recherche des informations et à résoudre un problème généralement proposé par l’enseignant. Celui-ci intervient uniquement quand c’est nécessaire. Si non il s’attarde un peu auprès des retardataires.

Actuellement l’utilisation des moyens numériques a éclaté une notion nouvelle qu’on ne peut plus ignorer et selon laquelle l’ordinateur, sous toutes ses formes, tour, boîte; portable, ultraportable, téléphone intelligent, tablette tactile ou autre peut remplacer l’enseignant. Est-ce un phantasme ou une réalité? La révolution numérique a bouleversé tout. À notre sens, l’ordinateur ne peut absolument pas prendre la place de l’enseignant. Celui-ci assume encore l’essentiel des responsabilités: diffuseur de connaissances scientifiques (contenu), donneur de consignes et d’interdits (enseignant), agent de communication (animateur).

Néanmoins, les matériels multimédias développent l’interactivité et ils permettent également aux utilisateurs de se coopérer, de vérifier, de réguler et de diffuser leur output. Ils développent le savoir par la simulation. Ces matériels sont d’autant plus révolutionnaires qu’ils allient les avantages du papier, du cinéma, de l’imprimerie, du radio et de la télévision.

Un dispositif préparant l’apprenant à l’autonomie

L’enseignant innovateur met en œuvre un dispositif opératoire de formation préparant l’apprenant à l’autonomisation. L’autonomisation est une approche éducative qui permet aux apprenants de prendre la responsabilité et le contrôle de leur apprentissage et qui les aide à évoluer progressivement d’un état de dépendance vis-à-vis de l’enseignant à un état d’indépendance et d’interdépendance.

La prise en charge de l’apprentissage se manifestera par la capacité de l’étudiant à se fixer des objectifs, à identifier et à mettre en place un ensemble de stratégies permettant de les atteindre, et, finalement, à s’auto-évaluer.

L’autonomisation constitue ainsi un objectif et un moyen de développer la compétence de communication et d’apprentissage. C’est à l’apprenant qu’il revient d’apprendre, nul d’autre ne peut faire à sa place ce qu’il lui-même doit faire. L’enseignant innovateur est là uniquement pour l’aider à construire son acquis. L’apprenant autonome est celui qui sait apprendre. L’auto-apprentissage s’avère nécessaire pour les deux pôles du triangle pédagogique l’enseignant et l’apprenant. Le premier devra garantir la situation d’apprentissage, apprendre à écouter activement, conseiller et guider. Le second devra se responsabiliser et apprendre à devenir plus autonome. Promouvoir l’autonomie et l’individualisation chez l’apprenant est le but principal de l’apprentissage.

L’autonomie occulte le rôle joué par l’enseignant ?

Malheureusement, l’autonomie de l’apprenant est vue à priori comme l’abandon progressif du guidage. Cet abandon suppose la diminution progressive du rôle de l’enseignant au profit du rôle actif et central de l’apprenant. L’autonomie occulte le rôle joué par l’enseignant ? C’est évident que l’objectif de l’enseignant est de développer l’action de l’apprenant en face d’une tâche, ce qui lui permet certainement de réussir son apprentissage.

L’enseignant est habituellement un producteur de l’apprentissage dans un établissement scolaire car c’est lui qui organise le contenu, identifie l’ensemble des moyens nécessaires à mettre en œuvre, programme la réalisation, impose les modalités et c’est encore lui qui aligne le résultat de l’apprentissage avec l’évaluation.

Quant à lui, l’apprenant n’apprend que si l’enseignant enseigne. Il construit lui-même le savoir selon sa propre loi. Il fait ce qu’on lui donne en toute responsabilité. Bref, il apprend à apprendre de manière ouverte, cognitive et explicite.

Donc, l’apprenant qui sera compétent à produire, à apprendre, à arriver au but visé, à prendre en charge de son propre apprentissage, ce sera certainement un apprenant capable de fixer à l’aide de son enseignant innovateur les objectifs à atteindre, d’évaluer la cohérence des moyens et des méthodes mis en œuvre et d’organiser son parcours d’apprentissage.

Il faut par certaines méthodes responsabiliser l’apprenant, lui offre à la possibilité de contrôler son apprentissage, lui donner la chance de prendre des initiatives et de se doter des moyens pour le faire.

Toutefois, il ne faut pas le laisser guider tout seul son apprentissage comme il le veut, il faut lui permettre de construire l’autonomie, lui apprendre à développer une autonomie croissante d’apprentissage et d’apprendre à travailler seul. En un mot, il s’agit de permettre à tous les apprenants d’apprendre à apprendre seuls ou collectivement.

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Caractéristiques des activités choisies par un enseignant innovateur

Dans la mesure du possible, les activités choisies par l’enseignant innovateur doivent présenter les caractéristiques suivantes. Premièrement, offrir des activités qui favorisent l’apprentissage en poussant l’apprenant à dépasser un peu ce qu’il connaît déjà sans le décourager. Deuxièmement, offrir des activités qui invoquent de façon efficace les savoirs et le savoir-faire.

Troisièmement, offrir des activités qui produisent des actions indépendantes et individuelles et qui se passent au sein d’un groupe de deux à trois. Quatrièmement, offrir des activités qui ont du sens pour l’apprenant, créent en lui une volonté d’aller de l’avant et qui sont proposées dans un contexte plus large, plus global.

L’apprenant travaille ainsi avec des textes contenant des données riches et authentiques intégrant les expériences et les ambitions de l’apprenant comme point de départ car il se sentira motivé, ce qui l’incitera à accomplir la tâche.

S’il exprime ses sentiments personnels à travers son travail, certes, une vraie interaction conversationnelle aura lieu entre les apprenants.

Elle assure donc la possibilité de réussir et renforce la confiance en soi. Faute de quoi, l’apprenant n’est pas prêt d’apprendre de manière indépendante ni de se responsabiliser.

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