Psychothérapie et Education les appuis théoriques et les nouveautés

L’éducateur a besoin de la psychologie car toute théorie éducative s’appuie sur une théorie psychologique du fonctionnement affectif et cognitif. En abordant ce sujet, il convient de garder à l’esprit que l’éducateur ne saura se passer non plus de l’analyse des facteurs sociologiques, économiques et culturels qu’il affrontera et qui influencent pour une bonne part la psychologie des éduqués. La psychothérapie dit l’importance de la parole, celle qui exprime l’individu, c’est-à-dire l’être dans sa singularité. La parole va s’exprimer dans des entretiens individuels, collectifs… Elle va prévenir, éduquer, soigner.

C’est dans la parole que se trace le chemin, dans une parole de savoir, mais d’un savoir de sa propre personne, donc d’un savoir non consensuel, d’un savoir qui a priori n’a rien de commun avec le savoir utile à la vie sociale. Parole qui jaillit du sujet, de sa diversité et de sa finitude, comme accès à la rencontre de son intellectualité, de son affectivité et de sa créativité.

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La psychanalyse chez l’enfant

En France, l’influence de la psychanalyse a été considérable et reste essentielle dans le domaine de la psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent. Il est vrai que les psychanalystes d’enfants ont joué un rôle fondamental dans la connaissance du développement de l’enfant (Anna Freud, Mélanie Klein, Donald Winnicott, René Spitz…). Les essais thérapeutiques et la diffusion de la psychothérapie inspirée par la psychanalyse s’est développée dans le monde de l’enfance.

C’est grâce à l’émergence de la pensée freudienne que l’importance de l’enfance dans le parcours d’une vie entière conduira à la constatation de troubles mentaux chez l’enfant. Et donc à l’intérêt des psychiatres pour les jeunes patients. La psychiatrie de l’enfant se construira indépendamment de la psychiatrie adulte. Elle travaillera d’emblée avec d’autres professionnels dans des centres de guidance familial par exemple. Et considérera que le trouble de l’enfant n’est que l’expression du malaise familial. Freud avec son analyse du petit Hans avait jeté les bases de cette approche.

La psychothérapie a, chez les adultes, pour objectif de reconstruire la névrose infantile. Cela s’avère possible grâce à la névrose de transfert qui est la répétition de la névrose infantile. Le patient reporte sur le thérapeute une affection ou une hostilité qu’il éprouvait dans l’enfance pour une autre personne (mère, père, etc,).

La psychanalyse chez l’enfant conduit à considérer :

  • L’enfant dans son environnement familial. Son approche vise à favoriser l’équilibre des uns et des autres, des uns avec les autres.
  • L’enfant dans sa dynamique évolutive. Elle admet une vision pronostique, certes aléatoire. Mais qui s’attarde sur l’aspect transitoire des troubles et leur accorde éventuellement une signification positive.

Schéma traditionnel de la psychothérapie

Le psychothérapeute, face à des êtres en développement, ne peut se contenter d’une approche diagnostique et se contenter de proclamer. Selon l’école Freudienne l’inconscient existe, il a une histoire, héritée de nos lointains ancêtres. Avec les traumatismes vécus durant l’enfance il induit notre développement et le cours de notre présent. Une psychanalyse dure plusieurs années à raison de plusieurs séances par semaine. Traditionnellement l’analysant est allongé sur un divan et ne regarde pas son thérapeute. II se raconte, faisant ressurgir les événements qui dans son histoire ont généré des points de fixation dans son évolution psychique. Un rôle central est accordé à la parole.

En effet, Ce schéma traditionnel a un côté incongru en institution d’enfants. Surtout quand on s’adresse à des jeunes présentant des troubles cognitifs. Et que l’on attend qu’ils émettent une demande personnelle de thérapie oubliant que la représentation mentale d’une thérapie dans la tête d’un déficient intellectuel doit être étrange et pas nécessairement génératrice d’un élan. Si l’on ajoute que le psychologue institutionnel mettra un terme rapide aux entretiens à la suite des deux premières séances. Et ce après avoir constaté que le jeune est incapable d’une mise en mots. Nous avons une idée de ce qu’il convient de ne pas faire !

Ainsi, ce sont des grands courants et pratiques. Psychanalyse, comportementalisme, thérapie familiale, psychodrame qui sont représentés dans les institutions. Nous évoquons ci-après quelques tendances qui traversent la réalité institutionnelle.

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Nouvelles tendances de la psychothérapie

Les nouvelles thérapies qu’elles soient ou non d’influence freudienne proposent plusieurs innovations.

  • La mise en place de thérapies de groupe qui complètent les thérapies individuelles, ou tendent à les amorcer. Elles s’appuient sur les interactions entre les participants. Un enfant qui a du mal à parler lorsqu’il est seul, entendra un autre enfant émettre des sentiments semblables au sien. Ce constat l’incitera à son tour à évoquer ses difficultés. Ce phénomène de partage des troubles et des difficultés de vivre a déjà en lui-même des effets thérapeutiques. Chacun est à la fois impliqué et distancié dans le propos des autres.
  • Un groupe thérapeutique réunira jusqu’à 8 à 10 personnes et un ou deux thérapeutes. Le thérapeute interviendra plus ou moins et se centrera sur un seul des participants ou sur l’ensemble du groupe. Les indications vont de la psychose à la névrose en passant par la toxicomanie, boulimie, etc. Appliqué aux jeunes enfants ce type de thérapie peut prendre un aspect ludique.
  • D’autres thérapies ajoutent l’expression corporelle et émotionnelle à l’utilisation de la parole comme vecteur de la relation entre le thérapeute et le patient. Relaxation, musicothérapie, équithérapie, etc. Elles supposent alors que le fonctionnement de l’être humain est fait d’interactions psychosomatiques. Et que les progrès donc effectués sur les tensions musculaires et les blocages respiratoires auront des incidences bénéfiques sur l’état de santé mental de la personne. Ces thérapies sont notamment pertinentes avec les jeunes qui présentent des troubles importants du langage.

Toutes ces approches de la psychothérapie s’étendent sur au moins plusieurs mois. Toutefois, certaines nouvelles thérapies sont brèves et se déroulent sur un nombre limité de séances. Elles visent ainsi à substituer une conduite adaptée à des actions insatisfaisantes. Elles sont directives et ne traitent pas les causes du problème.


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