Six étapes pour réussir les techniques de travail en groupe

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Le travail autonome en groupe en tant que moyen de différencier les processus d’apprentissage est enrichi par l’utilisation de techniques de travail en groupe, adaptées à la classe. Le terme de dynamique des groupes, inventé par Kurt Lewin, désigne le système d’interdépendance entre les membres d’un groupe et les éléments du champ qui s’établit entre chaque sujet et son environnement. Si son équilibre est rompu, il y a tension provoquant agression ou régression. Lewin met en évidence les notions d’espace de vie, de locomotion, de distance psychologique, de barrière, en observant notamment l’influence de trois différents styles d’animation (autoritaire, démocratique, laxiste) sur l’attitude d’enfants travaillant ensemble.

Les techniques de travail en groupe que nous évoquons dans cet article ont comme point commun d’être particulièrement efficaces pour remédier aux difficultés dues aux raisons qui suivent.

travail en groupe instituteur

Pourquoi utiliser les techniques de travail en groupe ?

Parmi les raisons, on cite :

  • Le blocage de la communication. Les techniques de travail en groupe permettent à chaque élève d’exprimer son opinion. Et ce en le plaçant dans une situation où il communique en passant par quelqu’un d’autre, élève ou adulte. Sans avoir affaire à plus d’une ou deux personnes en face à face direct. En fait, les groupes restreints sont plus sécurisants pour les élèves timides, agressifs ou maladroits dans leur expression que la classe et l’enseignant.
  • La faiblesse de la socialisation. Ces techniques organisent des situations d’interaction sociale dont la variété apprend aux élèves à gérer peu à peu les conflits où se combinent les rejets, les agressivités, les jeux, les rapports de domination ou passivité et les leaderships.
  • Le manque de confiance en soi. Un élève, peu sûr de lui, frustré par des échecs successifs, se trouvera conduit, par le hasard du voisinage ou la volonté de l’enseignant, à montrer et à expliquer un apprentissage à des camarades. Ce qui contribuera à lui rendre confiance en ses propres capacités.
  • La disparition de la motivation. Elle se manifeste par la passivité (retrait ou agressivité). Les techniques de groupe créent, au contraire, des situations dynamiques où le droit de bouger, de parler entre camarades, d’organiser les tables autrement, de prendre des initiatives et des décisions, jouer des rôles, de se répartir les tâches, fait surgir chez les élèves acteurs de leur apprentissage, la curiosité et le désir de travailler.

Ainsi, la pratique de certaines techniques rend le travail autonome en groupe plus efficace pour atteindre des objectifs de contenu et de processus comme : la collecte d’informations, la prise de conscience des informations antérieurement mémorisées dans les échanges, le déblocage de la communication, la construction progressive d’une production grâce à l’enrichissement successif de l’interaction cognitive entre élèves…

Comment utiliser une technique de groupe en six étapes ?

La réussite d’une technique de travail autonome en groupe dépend de son déroulement. Quelle que soit la technique utilisée, le déroulement qui suit en six étapes conduit les élèves à progresser très vite.

  • Donner une consigne claire. Il conviendra de vérifier qu’elle a été comprise, en la notant au tableau.
  • Commencer chaque fois par une étape individuelle de réflexion. Cette étape individuelle se fera par écrit. Pendant cinq minutes, les élèves s’expriment au sujet de l’apprentissage proposé. Ainsi, leur cadre cognitif de référence apparaît en relation avec leurs interrogations sur le sujet.
  • Exiger une trace écrite. Cela est nécessaire pour qu’à la fois les élèves l’utilisent dans la construction progressive du travail, et que l’enseignant puisse s’y référer. Sauf si les objectifs de l’apprentissage s’y opposent (travail sur la mémoire, l’aisance dans la communication orale…).
  • Minuter les étapes de la réalisation du travail. Les études sur la relation entre la durée d’une tâche et son efficacité montrent, en effet, que lorsque cette durée est clairement fixée et courte, la productivité augmente. De plus, les élèves apprécient souvent ce strict minutage vécu comme un défi.
  • Effectuer une synthèse collective des résultats de chaque groupe. Cette synthèse peut se faire en affichant ces résultats, en les corrigeant en interaction continue avec les élèves. Ou, en y apportant des informations complémentaires. En introduisant des informations nouvelles représentant en fait l’objectif de la technique de groupe choisie comme le théorème qui explique les apprentissages effectués…
  • Demander un travail personnel de prolongement. Des exercices, une leçon, des recherches, une rédaction peuvent ancrer l’apprentissage effectué en classe. Et le recadrer dans la progression pédagogique que les élèves ont tendance à oublier dans leur enthousiasme à jouer la technique de groupe.
les techniques de travail en groupe institutrice

Quand utiliser une technique de groupe ?

Une technique de groupe peut s’insérer dans un cours à des moments différents selon l’objectif poursuivi par l’enseignant.

  • Au début d’un cours pour dynamiser une classe qui se trouve dans un creux de vigilance. Ou, débloquer la communication parce qu’il y a des freins et/ou un conflit à gérer. Aussi, pour collecter des informations : par exemple un brain-storming démarrant sur une question générale, comme «Que savez-vous de ? », apportera de nombreux éléments nécessaires au cours. Enfin, pour éveiller la curiosité et la disponibilité des élèves à un nouvel apprentissage en les amenant ainsi à en être les découvreurs et les acteurs.
  • Au milieu d’un cours. Cela permet de mettre aussitôt en pratique un apprentissage expliqué de façon magistrale. Cela permet de réguler le cours en faisant apparaître concrètement les différences d’attention et de compréhension, puis d’y remédier.
  • À la fin d’un cours. Une technique rapide permet de lancer un travail autonome qui pourra se continuer en d’autres lieux que la classe. Tels que les études dirigées, les séances d’aide individualisée, de pédagogie de projet, les clubs, foyers, la bibliothèque, le domicile. Éventuellement, ce travail pourra être réalisé avec d’autres adultes responsables de groupe.

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