Techniques précises de traitement des troubles de sommeil chez l’enfant

Dans cet article, nous allons présenter, dans un premier temps, quelques règles de base qui favorisent une bonne hygiène du sommeil. Par la suite, on citera des techniques bien précises visant à diminuer les troubles de sommeil, plus particulièrement le refus de dormir, le délai de phase et les cauchemars. Ces troubles de sommeil sont fréquemment observés chez les jeunes.

enfant qui dort

La routine, pour une bonne hygiène du sommeil

Pour favoriser le meilleur sommeil possible, on doit adopter une bonne hygiène du sommeil. En soirée, on devrait privilégier des activités calmes, en réduisant graduellement le niveau d’activité ou le degré de vigilance requis. Les activités intenses sont à éviter au moins une heure avant le coucher, y compris le sport. Il faut se rappeler que la fatigue causée par une activité intense n’est pas synonyme de somnolence et n’est pas propice à l’endormissement.

Lorsque l’heure du coucher approche, la routine devrait être stable et prévisible, en trois ou quatre étapes claires. Ces étapes deviennent des signes annonciateurs de l’heure du coucher. Certes, il est essentiel de rappeler que le besoin et les habitudes de sommeil varient considérablement d’un enfant à l’autre, selon l’âge. Le fait d’être un court ou un long dormeur. Le lieu dans lequel l’enfant dort doit être calme et sombre. Il est préférable que l’enfant dorme dans une chambre où il peut ouvrir ou fermer la porte à sa guise. Aussi, il est recommandé que la chambre soit dans l’obscurité le plus possible, à l’exception d’une veilleuse. Il faut éviter la couleur bleue, plus efficace que les autres couleurs pour inhiber la sécrétion de mélatonine.

Chez les enfants anxieux ayant des troubles de sommeil, qui ont de la difficulté à s’endormir ou qui se réveillent fréquemment, il faut éviter qu’un réveille-matin soit visible du lit, puisque le fait de toujours voir l’heure pourrait augmenter l’anxiété et donc favoriser l’insomnie. Pour les enfants plus jeunes, il est important qu’ils s’endorment à l’endroit où ils passeront la nuit. S’ils se réveillent, ils pourraient se sentir anxieux de ne pas retrouver les mêmes indices qu’au coucher. De plus, la chambre devrait être libre d’objets associés aux activités stimulantes du jour, comme un téléviseur ou un ordinateur.

Diminuer la pression artérielle en fin de journée

Avant tout, il est à rappeler ici qu’il est très important d’éviter les siestes. En fait, chez les adolescents, le manque de sommeil nocturne est compensé par des siestes parfois prolongées le jour, ce qui a comme effet néfaste de nuire au processus homéostatique. La prise de mélatonine peut également faire partie d’un plan d’intervention visant à améliorer la qualité du sommeil chez les enfants. la mélatonine n’entraîne pas le sommeil en tant que tel, mais elle sert plutôt à informer le cerveau que certaines des conditions propices à l’endormissement, comme la noirceur, sont présentes.

Il est recommandé d’entreprendre les soins d’hygiène juste avant le coucher. Que ce soit le bain ou la douche, cette étape marque la fin de la journée et prépare le corps au sommeil. Lors d’un bain calme, on remarque une diminution de la température corporelle et de la tension artérielle, deux conditions procurant une détente avant le coucher et favorisant le sommeil. Il faut donc s’assurer de ne pas faire de ce moment une période trop active pour ne pas interférer avec son effet calmant. On peut tamiser les lumières et poser des gestes lents et calmes. Cette période permet à l’enfant de faire une transition entre l’activité de la journée et le calme de la nuit. Elle facilite aussi la mise en place de nouvelles associations liées au sommeil.

Les associations d’endormissement

Pour que le jeune enfant dorme bien toute la nuit, sans faire appel à ses parents, il doit apprendre à faire des associations positives d’endormissement. Il doit s’endormir dans des conditions qui sont facilement reproductibles lors des réveils nocturnes. se réveiller la nuit n’est pas un événement anormal, pourvu que l’enfant puisse se rendormir seul sans faire appel à ses parents.

Pour favoriser de bonnes associations de sommeil, on peut utiliser un objet de transition comme un animal en peluche ou une couverture. Pour que l’enfant trouve le réconfort nécessaire et puisse s’endormir sans ses parents. Tous les soirs, le parent doit quitter la chambre avant que l’enfant ne s’endorme. Selon l’âge de l’enfant et son besoin d’être rassuré, le parent peut offrir un objet qui lui appartient. Comme un vêtement imprégné de son odeur ou une photo. On peut aussi laisser un verre d’eau sur la table de chevet pour que l’enfant évite de se lever s’il a soif. S’il a l’habitude de se lever la nuit pour aller aux toilettes, on laisse un peu de lumière.

Le sevrage de la présence parentale, première technique visant à diminuer les troubles de sommeil

La méthode de sevrage de la présence parentale permet à l’enfant d’apprendre graduellement à s’endormir seul. L’enfant apprend à se séparer de ses parents au coucher. Et à développer des associations de sommeil indépendantes de ces derniers. Cette méthode peut être utilisée dès l’âge de 18 mois. Au préalable, il est essentiel de s’assurer d’une bonne routine de coucher, comme nous l’avons déjà mentionné. Il est important également d’accompagner l’enfant dans sa routine de coucher de façon rassurante. On lui offre un objet sécurisant. Au début, un des parents s’assoit à côté de l’enfant, sur son lit ou sur une chaise juste à côté du lit. Le parent reste au même endroit jusqu’à ce que l’enfant s’endorme. Ensuite, de soir en soir, le parent s’éloigne de l’enfant en reculant la chaise de quelques centimètres chaque fois. Selon la tolérance de l’enfant, la progression se fait plus ou moins vite.

En quittant, on laisse la chaise au même endroit pour le reste de la nuit. De cette façon, si l’enfant se réveille et appelle ses parents en pleurant ou les rejoint. Ceux-ci peuvent le raccompagner dans son lit et s’asseoir sur la chaise jusqu’à ce que l’enfant s’endorme à nouveau. L’intervention du parent doit être brève et ferme, tout en étant rassurante. Il est important de favoriser l’autonomie de l’enfant.

troubles de sommeil enfant

Le traitement des cauchemars causant des troubles de sommeil

Plusieurs gestes peuvent aider à diminuer les problèmes de cauchemars. Tout d’abord, il faut établir une routine calme et rassurante et s’assurer d’une bonne hygiène de sommeil de manière générale. Il faut entre autres éviter les activités qui peuvent nuire à la détente, comme la télévision et les jeux vidéo. Il faut éviter les stimuli anxiogènes avant le coucher, tels que parler de ce qui fait peur. La relaxation, la rééducation respiratoire, le yoga et les massages sont d’excellents moyens à utiliser avant d’aller se coucher pour favoriser la détente.

Le choix de lecture avant de dormir est important, car les récits d’aventures ou les romans policiers peuvent favoriser les cauchemars et les troubles de sommeil. Même si l’enfant ne manifeste pas de peur sur-le-champ. Parfois, des histoires que l’on invente, avec l’inclusion subtile et non déclarative d’éléments du cauchemar, amènent l’enfant à exprimer ses peurs et à trouver certaines solutions. Le parent peut aussi aider l’enfant à changer le dénouement de l’histoire. Et ce en proposant une solution à la situation ou en insérant des éléments amusants. Le rire arrive souvent à faire relâcher les tensions que la peur peut provoquer.

La nuit, lorsque l’enfant se réveille, le parent l’écoute exprimer son rêve. Et lui dit que tout est fini et qu’il peut se rendormir. Il peut être utile de lui rappeler que son objet sécurisant est là. Il est très important de ne pas parler du cauchemar ou d’entretenir la peur au cours des jours qui suivent. Si l’enfant en parle, le parent l’écoute et essaie de le faire rire, mais il évite d’en parler. Une réaction forte du parent pourrait donner l’impression à l’enfant qu’il a raison d’avoir peur.

Le traitement du délai de phase

Pour traiter le problème de délai de phase signe de troubles de sommeil, il est important de réviser la routine de la soirée et de déterminer les activités qui peuvent avoir lieu dans le temps prévu pour la routine, habituellement de 30 à 60 minutes avant le coucher. On recommande de favoriser le sommeil par des activités de détente comme le yoga, la méditation ou la relaxation.

De plus, on peut suggérer à l’enfant de se lever s’il ne dort pas dans la demi-heure qui suit le coucher. Il faut s’assurer que l’enfant se couche lorsqu’il sent le sommeil imminent. Ceci pour éviter l’augmentation de l’anxiété quant au problème d’endormissement. Pour favoriser un horaire acceptable, on devance l’heure du coucher de 15 à 30 minutes chaque soir. La prise de mélatonine une heure avant le coucher, soit au début de la routine, peut non seulement faciliter l’endormissement. Mais elle peut aussi aider à resynchroniser la fenêtre de sommeil au moment circadien le plus approprié.

Il est important de fixer l’heure du coucher que l’on veut graduellement atteindre de même que celle du lever. De sorte que celle-ci soit plus en synchronie avec les membres de l’entourage. Au réveil, on recommande une exposition à la lumière naturelle pendant une période de 20 minutes. En ouvrant les rideaux ou en déjeunant près d’une fenêtre par exemple. Pour assurer le bon fonctionnement de ce traitement, l’adolescent ne doit pas se lever plus d’une heure plus tard la fin de semaine que la semaine.

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