Troubles de l’affectivité et échec scolaire

Cet article fournit des indications sur la relation entre les troubles de l’affectivité et l’échec scolaire. En prenant la lecture pour critère, les études ont permis de recenser un groupe d’élèves qui avaient en lecture un retard de vingt-huit mois ou plus par rapport à l’âge normal, ce qui est considérable pour des enfants de 9 à 12 ans (6,6% de l’échantillon). Un peu plus de la moitié d’entre eux étaient en retard de vingt-huit mois ou plus par rapport à leur niveau général d’intelligence pratique. 8% de ces enfants qui avaient des difficultés marquées en lecture, sans avoir manifestement un faible niveau intellectuel, souffraient aussi de troubles prononcés de l’affectivité et du comportement.

troubles affectifs

Association entre échec en lecture et troubles de l’affectivité

En fait, les études tiennent en partie au fait que les critères utilisés sont très loin d’être rigoureux. Les unes reposent sur un diagnostic psychiatrique individuel et les autres sur des observations, par les enseignants, de comportements essentiellement sociaux. Il y a aussi des différences d’âge et de niveau scolaire entre les groupes d’enfants. Il est possible que le comportement soit plus diversifié à 7 ans que plus tard. Et, naturellement, de nombreux comportements considérés par les enseignants comme des signes d’inadaptation. Et qui de fait, dans le contexte scolaire, montrent que l’enfant est perturbé. Il perturbe ses condisciples. Ces comportements non autant pris au sérieux par un psychiatre spécialisé dans le traitement des enfants gravement atteints.

L’association entre l’échec dans l’apprentissage de la lecture et probablement d’autres apprentissages et les troubles affectifs semble claire. On peut également supposer que, dans la plupart des cas, la relation est réciproque. Du point de vue de l’enseignant, cela semble montrer que les troubles de l’affectivité ou du comportement représentent, à tout âge, un signal d’alarme laissant présager des échecs scolaires ultérieurs. De même, l’échec scolaire, quelle qu’en soit la raison, indique qu’il faut intervenir avant qu’il ait, sur le plan affectif, des conséquences durables qui risquent d’aggraver encore plus cet échec.

L’explication en est sans doute fournie. Même si l’on ne considère pas les enfants dont l’échec est flagrant. Mais plutôt ceux qui, selon leur mère, donnent chez eux des signes de troubles. Douglas a constaté qu’à 11 ans les enfants présentant ces symptômes obtenaient en moyenne des résultats sensiblement inférieurs à ceux du groupe témoin. Tant au niveau des aptitudes qu’au niveau des acquis. Leur performance générale tendait à se dégrader à partir de l’âge de 8 ans.

La persistance des caractéristiques

Plus tard, lorsqu’ils ont atteint 13 et 15 ans, le comportement et l’attitude envers le travail des élèves ont été évalués par leurs enseignants. En général, les résultats ont été les mêmes qu’à l’école primaire ceux qui travaillaient beaucoup continuaient à le faire. Dans le secondaire, les élèves appliqués souvent bien notés pour leur comportement en classe par leurs maîtres. Douglas a aussi constaté que les élèves appliqués et sages qui se classaient déjà bien à 8 ans. Du point de vue des aptitudes et des résultats, amélioraient encore plus leur position par rapport aux élèves turbulents et paresseux du secondaire ayant des troubles de l’affectivité. Quant aux adolescents turbulents et paresseux, ils quittaient tôt l’école, en particulier dans les établissements non sélectifs.

troubles de l'affectivité

Les enseignants ont aussi été interrogés sur le comportement et les caractéristiques personnelles de ces élèves. Nervosité, désir qu’on fasse attention à eux, goût de la compétition, agressivité. Capacité de se faire des amis, énergie, anxiété, attitudes à l’égard des critiques et des punitions. Les élèves ont rempli un questionnaire d’auto-évaluation couvrant les tendances névrotiques et les troubles de l’affectivité.

Si les élèves turbulents avaient en moyenne des résultats moins bons que les autres. Et avaient régressé encore plus durant les cinq années de leur scolarité allant du primaire au secondaire. Ceux d’entre eux classés comme très nerveux ou très agressifs, bien que leurs résultats soient en moyenne inférieurs à ceux des autres, étaient restés à peu près au même niveau. Il faut toutefois faire une distinction nette entre les élèves nerveux et les élèves agressifs. Les premiers considérés par leurs enseignants comme appliqués même s’ils ont des résultats médiocres. Les seconds en général jugés turbulents. Ils faisaient plus souvent l’école buissonnière et négligeaient leur travail.

Pour conclure

Quand on combine les notes des enseignants et celles que les élèves se sont attribuées, les choses deviennent très claires. Les élèves qui ont obtenu des notes très élevées en ce qui concerne la nervosité et/ou l’agressivité. Et qui présentaient divers symptômes et des tendances névrotiques très marquées se distinguaient en moyenne, à l’âge de 15 ans, de leurs condisciples chez qui ces troubles de l’affectivité moins accentuées, par un écart de 8 points environ sur une échelle normalisée. L’écart s’était régulièrement accru depuis l’époque où ils avaient 8 ans.

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

error: Content is protected !!