Education

Une école en interaction avec le monde

Globalement, l’école doit préparer à l’insertion sociale et professionnelle et concourir au développement de la personne, c’est-à-dire servir l’acculturation et l’individuation. La société souhaite que soit maintenu le lien avec des traditions, entretenu un socle commun de connaissances par lequel les générations ne sont pas étrangères les unes aux autres. Elle espère que l’anticipation de l’avenir sera favorisée aussi (langues vivantes nécessaires à l’ouverture internationale, nouvelles technologies…). L’école en interaction avec le monde est sommée alors d’être à la fois un conservatoire et un laboratoire.

L’ouverture maîtrisée

En fait, la société va vers l’école à qui elle fournit des éducateurs, les intervenants extérieurs, qui ne sont pas enseignants. Mais qui, pour beaucoup, sont soit des professionnels, soit des amateurs pratiquant telle activité ou telle discipline. Les uns et les autres étant parfois formés à l’animation. À condition que chacun soit dans son rôle, il y a un bon usage à faire de ces rencontres dans cette période où l’évolution des métiers masque désormais de la vue des enfants la plupart des activités professionnelles.

En effet, l’école primaire ayant cédé sa fonction de préparation directe à la vie active s’est en même temps dépouillée de ses relations avec les pratiques sociales, exprimées autrefois dans les contenus disciplinaires eux-mêmes ou dans les références plus diffuses que constituaient les textes des lectures ou des problèmes, le travail manuel… Les médias donnent à voir en substitution. Mais un enfant sait-il y distinguer le réel actuel, le témoignage du passé et la fiction ?

Ces rencontres peuvent contribuer à donner de l’intérêt à ce qui est à apprendre. En l’incarnant dans des pratiques réelles, lorsqu’elles mettent les enfants au contact de personnes passionnées et expertes dans leur domaine. Il ne s’agit pas de refermer brutalement l’école au risque de stériliser encore plus les apprentissages. Mais de maîtriser l’ouverture en instaurant quelques règles. L’appel à des intervenants extérieurs suppose le respect d’un certain nombre de principes.

interaction

Principe de l’intervention

En effet, les intervenants doivent satisfaire à des critères avérés de compétence, respecter la déontologie éducative de l’école. Et à choisir en fonction de spécialisations dont le maître n’a pas à être porteur. Ils ont à travailler avec lui. Et non pas à sa place, dans une entreprise commune dont les élèves perçoivent et comprennent le but et dont le maître conserve la responsabilité. Ceci peut être, par exemple, une séquence préparant un spectacle (musical, théâtral…) ou une exposition (peinture). Une série centrée sur une activité physique (voile, ski…), etc. Ces intervenants sont agréés selon des procédures qui méritent une mise à jour. La clarification exige à la fois une bonne prise en compte des textes divers publiés par le ministère et une articulation avec le dispositif des aides-éducateurs.

L’école qui accepte en son sein des apports extérieurs a besoin aussi d’investir d’autres espaces. Il convient à cet égard de parler et de distinguer les sorties scolaires régulières et les sorties occasionnelles.

L’école en interaction avec l’extérieur

D’abord, les sorties régulières. Elles ne se justifient que pour des activités ne pouvant se pratiquer dans l’enceinte de l’école. Et qui exigent une série de séances pour que les apprentissages se construisent et se stabilisent. C’est le cas de nombre d’activités physiques et sportives. Il est souhaitable de se limiter à un projet de cette nature par année scolaire. En recherchant une cohérence globale dans la durée de la scolarité de chaque cohorte. Les maîtres doivent veiller à ce que les temps des déplacements n’excèdent jamais le temps de l’activité.

école en interaction

Ensuite, les sorties occasionnelles. Elles doivent obéir au même principe. Elles se justifient quand la rencontre avec un acteur prend plus de sens si elle se produit sur son lieu de travail (le boulanger, le sculpteur…). Quand l’observation d’un milieu naturel ou professionnel en est l’objet direct. Ou quand un événement culturel de qualité se déroule à proximité (exposition, concert…). Dans tous les cas, ces sorties doivent remplir deux conditions, d’une part s’inscrire dans une séquence pédagogique complexe. C’est-à-dire préparées et exploitées en cohérence avec les programmations d’activités de la classe. Et, d’autre part, être gratuites.

Enfin, rappelons que ce qui distingue une activité scolaire d’une animation socio-éducative quelconque, c’est l’intention de faire apprendre qui préside à son organisation en relation avec les objectifs dans le cadre des programmes nationaux et l’évaluation effectuée in fine. Une scolarité primaire pourrait ainsi se concevoir comme un parcours émaillé d’expériences diverses, non redondantes, à visée d’instruction et d’éducation. Elle se concrétise dans des événements locaux, avec ouverture sur l’extérieur. Il serait souhaitable que tout enfant quittant l’école élémentaire puisse emporter des traces de moments singuliers. Qu’il ait matérialisé ces croisements entre son histoire de vie et son histoire scolaire dans le cadre d’une école en interaction.

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