Utilité de la punition et de la récompense en école

Les punitions n’ont jamais empêché quiconque de refaire des bêtises. Les exemples dans la vie des adultes ne manquent pas (infractions routières, vol, agressivité…). A l’école, l’élève doit bien comprendre l’utilité de sa punition et le fait qu’à tout âge on peut être puni. Les élèves en difficulté ont plus besoin d’être félicités ou récompensés au lieu d’être punis pour encourager leur moindre progression.

la punition en école

Les sanctions tolérées à l’école

L’éducation nationale n’admet aucun acte de violence ni attitude vexatoire envers les enfants. Le professeur qui manquerait à ce devoir serait sanctionné pénalement.

En maternelle, aucune sanction n’est tolérée. Seul l’isolement sous surveillance doit permettre à l’enfant de retrouver un peu de calme et un comportement compatible avec le groupe.

En élémentaire, il ne peut y avoir aucune sanction pour insuffisance de travail ou de résultat. En cas de manquement aux règles de l’école, il peut y avoir réprimande, portée ou non à la connaissance des parents. Un enfant peut être momentanément isolé sous surveillance, lorsque son comportement est dangereux pour lui-même et/ou envers autrui. Toute sanction est individuelle : elle s’adresse à une personne. Elle ne peut pas être collective.

Toujours viser des sanctions utiles

L’interprétation de quelques sanctions couramment pratiquées à l’école nous permet alors de choisir celles à pratiquer en connaissance de cause :

  • Donner des verbes à conjuguer : c’est une discipline peu appréciée des élèves, alors est-il nécessaire d’en rajouter ? Est-ce que l’élève va progresser en conjugaison ?
  • Faire copier 10 ou 20 fois la même phrase : « je ne dois pas insulter mon camarade ». Cette répétition va-t-elle être efficace ?
  • Écrire 50 lignes : sans rapport avec l’acte qui est à l’origine de la punition, celle-ci est peu enrichissante et sûrement inefficace.
  • La privation partielle de récréation sous surveillance : peu efficace car l’enfant agité aura encore moins de temps qu’à l’ordinaire pour se « défouler ».
  • La privation des séances de sport peut-elle être une punition ? Non. Cela reviendrait à dire que l’EPS n’est pas une discipline et qu’on peut s’en passer. Viendrait-il l’idée à un professeur de punir un élève en lui interdisant de participer à une séance de mathématiques ?
  • La punition de réparation peut s’appliquer à un élève qui a dégradé un lieu en y traçant des graffitis, en ayant mal usé de l’eau ou du papier hygiénique, en jouant avec la terre des massifs ou des bacs à fleurs, en jetant ses papiers à terre… Il est très éducatif d’exiger de lui qu’il remette les lieux en état en nettoyant, balayant, effaçant, épongeant…
viser des sanctions utiles

Et le mot aux parents ?

Écrire un mot aux parents parce que l’enfant pose des problèmes de discipline en classe est une forme d’aveu d’impuissance. Ce sera donc à utiliser avec beaucoup de modération. Vous pouvez en effet vous trouver confronté à plusieurs situations :

  • Les parents sont très, voire trop sévères : l’enfant attendra le dernier moment pour montrer ce mot, par peur de punitions disproportionnées. L’enfant risque de ne plus vous faire confiance.
  • Les parents sont très laxistes, baignent dans le culte de l’enfant roi, et vous renverront la responsabilité de cet enfant agité que « vous ne savez pas gérer ».
  • Ils sont déjà dépassés par leur enfant, et ce mot ne sera qu’un mot de plus dont ils ne sauront que faire.
  • Les parents prennent contact avec vous pour savoir comment ils doivent réagir. Ils attendent vos conseils. Ils veulent travailler de concert avec vous. C’est, bien sûr, la meilleure situation.

Les récompenses, des moteurs de progression

La meilleure des récompenses pour un élève est sa satisfaction personnelle. Elle peut cependant être accompagnée des encouragements et, pourquoi pas, des félicitations du maître pour un travail très correctement réalisé ou pour un effort conséquent, même si les résultats ne sont pas encore ce qu’ils devraient être. Ceux qui ont le plus besoin d’être félicités, récompensés sont sûrement les élèves les plus en difficulté dont il faut encourager la moindre progression.

Les récompenses en école

Dans les petites classes, on trouve encore la distribution de bons points récompensant un effort ou un travail bien accompli ou aussi une tenue en classe irréprochable. Pourquoi pas ? Mais il ne faut en aucun cas utiliser le retrait de ces récompenses dans les cas de non-réussite ou d’accident de tenue. Évitez aussi la commercialisation de ces bons points : 10 bons points = une image, 10 images : un mini-livre… Car vous entrez alors dans la logique « Je me tiens bien, je travaille bien, je fais des efforts… pour avoir une récompense », et ce n’est pas le but que vous recherchez. Les encouragements et les récompenses sont des moteurs de nature à faire progresser un élève qui rencontre des difficultés.

L’EPS et la musique ne sont pas des récompenses

L’EPS est une discipline à part entière. Le législateur a fixé sa pratique à 2 heures hebdomadaires. Dans de nombreuses classes, on n’exécute ces heures d’EPS que si on a déjà terminé le travail sur les matières fondamentales, ou mieux si la classe a été sage ! En général, on place ces heures en fin d’après-midi, juste avant de sortir de l’école se transformant ainsi en une récréation améliorée.

L’EPS fait partie des apprentissages permettant aux élèves qui ne réussissent pas dans des matières fondamentales de se révéler et de réussir. Elle aide à la socialisation. Elle permet aux élèves de prendre confiance, de se dépasser ou de dépasser leurs difficultés motrices… Concernant l’horaire, on doit pratiquer l’EPS aux moments où les élèves sont en moindre attention ou lorsqu’ils ont besoin de se dépenser après un moment de classe particulièrement intense.

De même, la musique n’est pas une récompense. C’est une discipline à part. Les élèves aiment chanter et vous saurez exploiter ces moments, en particulier à la maternelle où vous pouvez utiliser le chant pour rythmer la journée, conduire les regroupements, amener au calme en entonnant à voix très basse le chant correspondant à telle ou telle activité, et non au besoin de récompenser. Ces chants que les enfants apprendront par imitation et répétition deviendront de véritables « jingles », chacun d’entre eux étant associé à une action ou une discipline précise. À l’école élémentaire, sachez que les enfants aiment chanter, et que le plus difficile est de les guider dans cet apprentissage, ce qui demande une préparation bien spécifique. Une telle préparation montre qu’il ne peut s’agir d’une récompense.

2 Commentaires

  1. Quelle sont vos solutions en présence d eleve hautement perturbateur?
    On attend…. des propositions et rien d’autre….

  2. Pour répondre à votre question, un article sera publié prochainement qui abordera le sujet des élèves perturbateurs.

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