Voici comment pratiquer l’auto-évaluation en classe

Faisant suite à la demande de certains parmi vous, notre article d’aujourd’hui portera sur le sujet de l’auto-évaluation. Pour pratiquer l’auto-évaluation en classe, on doit tout d’abord élaborer une grille d’auto-évaluation dont on évoque plusieurs possibilités pour la définition de ses objectifs. Par la suite, la pratique d’une auto-évaluation demandera que l’on soit vigilant sur la procédure préalable nécessaire, et aussi que l’on utilise des consignes bien particulières.

pratiquer l’auto-évaluation sans professeur

Comment élaborer une grille d’auto-évaluation ?

Pour élaborer une grille d’auto-évaluation, il faut être vigilant en ce qui concerne l’utilisation d’un langage simple, lisible par les élèves et aussi concernant la clarté du support choisi de manière à ce qu’il soit le plus évocateur possible.

Pour la définition des objectifs opérationnels de la grille, il y a deux possibilités plus formatrices que la définition par l’enseignant.

  • La définition des objectifs en commun par l’enseignant et les élèves. L’enseignant propose une liste d’objectifs cognitifs, méthodologiques ou comportementaux. Les élèves choisissent ceux sur lesquels ils vont travailler, en ayant la liberté d’en rajouter ou d’en abandonner éventuellement, et de choisir quand ils vont le faire.
  • La définition des objectifs par les élèves. C’est une des démarches les plus formatrices, car permettre aux élèves de chercher puis d’expliciter les objectifs opérationnels d’un apprentissage fait qu’ils se l’approprient. De plus, cette démarche favorise la différenciation des processus, chacun y exprimant ses opinions, ses options et ses choix en interaction active avec les autres. Cette démarche s’effectue en quatre étapes. Dans la première étape, on demande aux élèves de préparer sur une feuille un tableau en trois colonnes, pendant que l’enseignant les note lui-même au tableau. La consigne est de remplir ces colonnes, pendant 5 à 10 minutes, individuellement ou en groupe en observant l’apprentissage visé par cette démarche. Si c’est un travail écrit (rédaction, dossier, questionnaire, exercice, dictée, graphiques, etc.) on en distribue des exemplaires à chaque élève. Si c’est un travail oral, gestuel, et/ou artistique, il doit se dérouler devant les élèves pendant 5 à 10 minutes, pour qu’ils puissent noter leurs remarques pendant et après. Dans ce cas, cette première étape est plus longue évidemment que pour un travail écrit.

La définition des objectifs par l’apprenant…

L’étape présente consiste à demander aux élèves de lire leurs réponses et de les inscrire au tableau dans les colonnes adéquates. Ce travail de réorganisation des connaissances se fait de façon interactive. On propose à tous d’aider l’élève ou le groupe, qui inscrit ses réponses, à ne pas se répéter, à s’exprimer clairement et à éviter les erreurs d’orthographe. Lorsqu’une information a déjà été notée, le rapporteur inscrit simplement un bâtonnet devant celle-ci et on lui demande de transformer les verbes à l’infinitif et en positif, en supprimant les négations.

Dans l’étape qui suit, l’enseignant demande aux élèves quelles sont les informations à garder pour qu’ils soient capables de réaliser l’apprentissage en question. Un élève peut animer cette discussion qui sera matérialisée en entourant d’une couleur les éléments retenus et en reliant ceux qui sont identiques ou voisins.

A la dernière étape, les élèves doivent recopier sur une autre feuille le modèle ainsi réalisé avec les éléments retenus. L’enseignant, en le recopiant sur un second tableau, attire l’attention sur l’emploi de verbes d’action, explique qu’une grille d’auto-évaluation vient d’être ainsi obtenue, puis fait trouver et ajouter le titre correspondant. La durée de ce travail varie en fonction du nombre de questions éventuelles que les élèves posent encore à ce moment-là.

Cette définition d’objectifs par les élèves prend au total entre 35 à 50 minutes, mais elle permet, en fait, de transmettre de façon dynamique et motivante l’apprentissage concerné. Située en amont de celui-ci, elle place les élèves dans la situation pédagogique fructueuse d’exploration et de prise en charge. Il a été aussi observé que cette démarche amplifie l’effet positif de la pratique auto-évaluative, car les élèves s’approprient l’apprentissage avec une énergie et un enthousiasme accrus par le plaisir qu’elle leur offre de choisir et décider.

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Préalables pour pratiquer l’auto-évaluation

La pratique d’une auto-évaluation demande que l’on soit vigilant sur la procédure préalable, et que l’on utilise des consignes particulières.

Il est préférable de toujours commencer cette pratique en classe. Cela permet de montrer aux élèves comment utiliser une grille d’autoévaluation et de leur donner les informations suivantes : Le sens et l’objectif général et/ou intermédiaire de l’apprentissage, les objectifs opérationnels, les critères de réussite correspondant à chaque niveau de performance et enfin, la méthode pour remplir la grille (consignes, couleurs, organisation du travail).

Pour pratiquer l’auto-évaluation, on propose la démarche de commencer par une grille de co-évaluation qui sera doublement formative. D’une part, par le biais des explications que chaque élève doit donner à son camarade pour être évalué. D’autre part, par le biais des questions qu’il doit poser à son tour pour évaluer. Elle entraîne aussi la prise de conscience, en situation réelle, d’un besoin. Comme, le besoin de s’exprimer avec précision pour être évalué par son camarade le plus justement possible. La co-évaluation incite, de plus, à la créativité, car elle repose sur l’échange d’idées. En fait, elle provoque souvent un déclic qui pousse les élèves en échec à agir et à s’investir dans l’apprentissage.

Les consignes pour pratiquer l’auto-évaluation

Elles consistent à demander aux élèves, après distribution de la grille, de réaliser plusieurs opérations.

  • Effectuer l’exercice exigé
  • Remplir la grille au fur et à mesure. Ainsi, elle servira vraiment de guide méthodologique. Au fur et à mesure est une expression volontairement vague et précise à la fois. Afin que chaque élève suive son propre rythme. Des suggestions de l’enseignant et des élèves entre eux permettent de l’illustrer. Par exemple, découper la grille en 4 ou 5 paragraphes et s’arrêter après la lecture de chaque paragraphe pour réaliser ce qui est demandé. Ou le relire avant de continuer ou se fixer des durées courtes, 5 à 10 minutes, pour lire les opérations décrites et les faire, ou effectuer opération après opération.
  • Remplir la grille au crayon à papier. Les élèves ont ensuite à repasser les indications ainsi notées d’une couleur fixée à l’avance. A la fin seulement du travail ou du temps d’observation lorsqu’il s’agit d’un comportement. D’autres partenaires (camarades, enseignants, parents, administration…) pourront aussi intervenir sur la même grille, en utilisant chacun une couleur différente. L’obligation simple et pratique, d’employer d’abord un crayon à papier, suggère aux élèves l’idée qui est au cœur même du processus d’auto-formation. Ils peuvent revenir en arrière, effacer, corriger, ajouter, bref, améliorer ce qu’ils ont réalisé.

Des problèmes peuvent se poser quand on pense à pratiquer l’auto-évaluation. Les élèves ayant tendance, au début, à se sous-évaluer, à surévaluer leurs camarades et à réagir en fonction de leurs affinités et antipathies. Ces problèmes s’estompent assez vite à condition d’utiliser régulièrement cette démarche. Ils sont peu importants en regard de ce que la démarche apporte à la différenciation des processus, qui offre réellement des chemins variés et des chances de réussite aux élèves en difficulté.

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