Voici comment remédier aux mensonges de l’enfance

L’enfant apprend à mentir par l’imitation des adultes et par l’exemple social. Très vite il s’aperçoit que les adultes, même ses parents, peuvent mentir quand leur intérêt personnel est en jeu ou quand ils veulent faire plaisir à quelqu’un, se montrer courtois, ou lui faire du mal… Il lui devient alors tout naturel de faire comme il voit faire. D’autant plus qu’il s’aperçoit très vite aussi que ce procédé peut lui servir. Dans ce cas le remède aux mensonges de l’enfance est simple, quoique la prévention eût été plus efficace. Le milieu familial érigera la franchise comme règle dans ses rapports interpersonnels et sociaux. Il ne vantera pas le mensonge comme moyen d’arriver à ses fins. Il insistera sur la valeur de la vérité et en donnera l’exemple.

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Le mensonge dicté par le tempérament de l’enfant

Un enfant apathique ou craintif mentira en dissimulant, ou en oubliant de dire, ou encore en niant. Un enfant exubérant ou exalté mentira en inventant des histoires ou en exagérant ses récits. Dans ce cas, c’est une psycho-pédagogie globale du caractère qui atténuera la propension au mensonge.

Les parents donneront plus de mouvement, plus de gaieté à l’enfant apathique et craintif. Ils consacreront plus de temps à organiser des jeux avec lui. Ils lui laisseront davantage manipuler les objets de la maison, répondront toujours à ses questions. Et susciteront celles qui hésitent à sortir afin d’apaiser ses craintes informulées. Un tel enfant, en effet, est beaucoup plus craintif quand il ne connaît pas, que quand il a prise sur les événements et sur les choses parce qu’il les connaît ou les reconnaît. Notez cependant qu’il ne cherche pas spontanément, par apathie, ou par crainte d’être mal reçu, à demander des explications. Les parents lui donneront également confiance en lui. Cette confiance l’aidera à savoir ce qu’il doit faire, quand il doit le faire. Elle lui évitera d’avoir à mentir parce qu’il n’a pas agi de peur de se tromper.

A l’opposé, les parents calmeront l’excitation de l’enfant exubérant qui ment par exagération, en lui proposant des activités concrètes qui le calment et lui permettent de canaliser son imagination. Ceci, parallèlement à des activités sportives où il pourra progressivement réaliser de vrais exploits. Ce type d’enfant, en effet, a tendance à prendre ses désirs pour des réalités. Les mensonges qu’il raconte sont bien proches des prouesses qu’il rêve d’accomplir. Les parents montreront aussi à leur enfant qu’ils ne sont pas dupes de ses exagérations. Ils ramèneront celles-ci à leurs justes proportions. Il ne faut pas laisser s’installer chez un enfant l’idée qu’il peut facilement tromper ses parents.

Les mensonges de l’enfance pour s’attirer l’attention des parents

Ce type de mensonge, qui porte en général sur un malaise physique inventé de toutes pièces par l’enfant, est un mensonge de défense. Il a pour but de rétablir l’équilibre altéré entre l’enfant et son milieu familial. En entourant l’enfant d’affection pour qu’il ne se considère pas comme une quantité négligeable. En ne le confiant pas trop souvent à des tierces personnes, et en ne faisant pas les choses à sa place sous prétexte que cela va plus vite, les parents doivent parvenir à supprimer cette forme de mensonge.

Ici, on peut citer le mensonge de l’enfant qui se dit malade sans l’être vraiment. Il veut peut-être bénéficier des soins de la maman comme sa sœur qui vient d’être sérieusement grippée. De tels mensonges sont facilement repérables. Tout le comportement de l’enfant reflète qu’il se sent coupable de son égoïsme et du mensonge qui l’accompagne. Un entretien en tête-à-tête provoqué par le papa ou la maman soulagera l’enfant.

Quand celui-ci se sera libéré de sa rancœur en l’exprimant, le papa ou la maman s’efforceront de lui faire comprendre que les soins et l’amour de la maman sont les mêmes pour tous ses petits. A travers le symptôme, les parents comprendront aussi que leur enfant supporte mal les frustrations. Ses rapports avec son frère ou sa sœur ne sont pas parfaits. Ils éduqueront alors sa tolérance à la frustration. Ils essaieront d’améliorer les relations entre leurs enfants en modifiant leur propre attitude.

la peur de l'enfant

Les mensonges de l’enfance dictés par la peur

Il est essentiel en effet de toujours arrêter le mensonge à ses débuts afin que l’enfant ne prenne pas l’habitude de mentir à tout propos. Il est non moins essentiel cependant de ne jamais corriger un mensonge en culpabilisant son auteur. Pour peu que l’enfant soit sensible, vous ne feriez que mettre en place une angoisse de culpabilité extrêmement préjudiciable au développement de la personnalité. La plupart des mensonges d’enfants ont pour but d’échapper à une sanction. L’enfant parfois même n’hésitant pas avec perversité à accuser les autres pour se disculper. Ces mensonges sont dictés par la peur. De là, la nécessité pour les adultes d’établir avec leurs enfants un type de relation fondé sur la confiance. Dans tous ces exemples, le mensonge apparaît comme une perturbation de la relation telle que le prouve l’enfant.

Il faut que les parents sachent bien en effet que le plus souvent l’enfant n’éprouve pas la situation et la relation telles qu’elles sont objectivement, mais telles qu’il les vit subjectivement. Ainsi un enfant craindra son père qui pourtant n’est pas du tout sévère au regard d’un observateur impartial, simplement parce que quand il avait 4 ans, il a reçu une grosse fessée un jour où celui-ci étant rentré de son travail très contrarié et que l’enfant lui avant désobéi. Les parents devront donc essayer de découvrir quelle image leur enfant se fait de chacun d’eux à partir de ses expériences quotidiennes. Tâche difficile s’il en existe et qui demande autant d’amour que de réflexion !

Les mensonges motivés par la vanité

En ceux-là, les parents ont une part plus objective. C’est en général parce que l’enfant veut faire comme eux ou parce qu’il désire leur plaire. Parce qu’il sait tout le prix que ses parents attachent aux apparences, qu’il ment en se vantant. A moins que le mensonge par vantardise ne soit une compensation à un sentiment d’infériorité ou de faiblesse par rapport aux adultes. D’où ici aussi, la nécessité pour les adultes, d’accorder de l’importance aux vraies valeurs. Et de trouver à l’enfant des terrains où il puisse valablement s’affirmer et être valorisé en compensant son infériorité de façon mieux adaptée.

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Les formes graves des mensonges de l’enfance

Toutes ces formes de mensonges de l’enfance peuvent être directement guéries avec l’aide des parents qui agiront sur les causes et sur la relation. Mais il y a plus grave lorsque le mensonge devient mythomanie. C’est-à-dire tendance délibérée à la fabulation chez un enfant qui grandit et qui devrait être sorti de la période où réel et imaginaire se confondent. La mythomanie sera traitée par psychothérapie car il ne s’agit plus d’un gonflement de l’imagination normale ou du besoin d’avoir un public, mais d’un symptôme psychique plus préoccupant à long terme. Même chose pour le mensonge par incapacité de distinguer le réel de l’imaginaire. Lui aussi, il nécessite une action psychothérapique destinée à faire mûrir l’enfant.

Assez banal en soi, le mensonge avéré de l’enfant, quel que soit son âge, est indicatif de sa difficulté à être à l’aise dans les relations à l’intérieur de la famille ou avec l’autorité. C’est la raison pour laquelle les parents ne doivent pas le considérer seulement comme une faute du point de vue moral, mais comme un symptôme du point de vue psychologique. Attention, cela ne veut pas dire qu’il faille négliger l’éducation morale d’un enfant en ramenant tout au seul éclairage psychologique. Cela veut simplement dire qu’on ne peut faire de bonne éducation du sens moral chez un enfant à qui on n’a pas assuré de bonnes bases psychologiques et un bon équilibre affectif.

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