Voici comment tenir compte de l’hétérogénéité des élèves

Chaque personne a ses propres modes d’apprentissage, fruit de son histoire singulière. Les élèves présentent des différences qui sont d’ordre cognitif concernant notamment les représentations, les modes de pensée, les stratégies ou les rythmes d’apprentissage, d’ordre socioculturel dues à l’origine familiale, à leurs valeurs et croyances d’ordre psychologique certains étant plus réservés que d’autres, plus téméraires, plus anxieux…Par conséquent, l’enseignant doit tenir compte de l’hétérogénéité des élèves pour les aider à progresser. Celle-ci peut présenter une source de richesse.

des élèves

Quelles réponses pédagogiques apporter face à cette diversité?

Tout enseignant se sent garant de l’égalité des chances. Il est fructueux de chercher à donner les moyens à chaque élève d’accéder au savoir à son rythme et selon ses possibilités, en s’appuyant sur ses ressources personnelles. Ceci conduit à adapter ses propositions aux multiples différences chez les élèves en charge. En d’autres termes, fournir une aide aux élèves en difficulté, porter une attention particulière envers ceux plus critiques pour qu’ils ne décrochent pas, et permettre à tous les élèves d’utiliser leurs compétences au maximum. Cela évite aux plus avancés de s’ennuyer.

Dans des dispositifs où tous les élèves n’ont pas la même tâche à réaliser, l’enseignant doit clarifier quelques aspects. D’abord, il doit objectiver ses remarques pour éviter un sentiment d’injustice chez les élèves. Puis, il faut expliciter ses choix afin de ne pas donner prise à un sentiment d’arbitraire. En plus, il veille à écarter tout jugement de valeur sur les élèves en tant que personnes, de sa part comme de celle de la classe. Il recommande de parler de comportements, d’actions, d’effets produits. Enfin, il doit manifester de la bienveillance, de l’estime à l’élève, qui ressent fortement les marques d’attention et d’écoute de son enseignant.

Si ces conditions sont réunies, la plupart des élèves sont prêts à jouer le jeu de la différenciation, ils comprennent qu’elle est faite dans leur intérêt. Dès que l’on parvient à favoriser les échanges entre les élèves, l’hétérogénéité devient une richesse. Les différences entre élèves donnent lieu à des interactions dans la classe qui favorisent la coopération. Les plus avancés sur le point en question aident les autres. Tout est gagnant. Celui qui bénéficie de l’aide, mais également celui qui donne les explications et doit, face aux questions posées, préciser ses raisonnements. La reformulation de sa pensée assoit celle-ci.

Les différences de représentations initiales et des prérequis

Les élèves ont quasiment toujours une idée des phénomènes à étudier. L’école maternelle, leur expérience personnelle leur ont permis de s’en construire une représentation personnelle. Plusieurs solutions s’offrent alors à l’enseignant : ignorer ces représentations initiales, les contrer si elles sont erronées ou bien, faire avec. Il s’agit d’aller chercher les élèves là où ils en sont dans leurs connaissances sur le sujet et de leur donner les moyens de modifier ces représentations. Pour certains élèves, apprendre, c’est quitter une certitude (même erronée) pour aller vers de l’inconnu. C’est une source de peur qui peut les bloquer, les empêcher d’entrer dans ce processus d’apprentissage. Alors, ils préfèrent rester là où ils sont.

L’enseignant doit donc connaître les représentations de ses élèves, s’il veut agir sur elles. Il se doit donc de les faire émerger. Il en dit l’importance pour la suite du cours et il affirme le droit à l’erreur pour chacun. Quand les élèves sont mis en confiance, les réponses ont toutes les chances d’être multiples, de satisfaire à l’objectif visé. Pour cela, il faut utiliser des questions ouvertes du type : « À votre avis, qu’est-ce qui peut expliquer ce phénomène ? » ou « Que pensez-vous savoir de … ? ». L’objectif de la phase suivante du cours est de valider ou d’infirmer les représentations de départ, par des recherches expérimentales ou documentaires proposées et menées autant que possible par les élèves, afin de construire les savoirs recherchés.

Aborder des notions nouvelles nécessite souvent de mobiliser des prérequis, savoirs ou méthodes étudiés antérieurement. Les élèves qui ne les ont pas acquis sont bloqués dans leur apprentissage. Il revient à l’enseignant de les identifier et de repérer ceux qui les maîtrisent. Il pourra ensuite proposer la remédiation à ceux qui en ont besoin.

hétérogénéité des élèves

Des tâches adaptées pour tenir compte de l’hétérogénéité des élèves

À des différences concernant les rythmes d’apprentissage, l’autonomie dans le travail, les capacités à mobiliser des savoirs correspondent des guidages différents, des exigences adaptées et des travaux de longueur ou de complexité différentes. Cette différenciation peut évoluer au cours de l’apprentissage, afin d’amener les élèves progressivement au niveau d’exigence du contrôle ou de l’examen.

Pour réaliser une tâche, certains élèves ont besoin de plus ou moins de guidage. Il revient au professeur de moduler son intervention et d’adapter ses propositions à leur niveau d’autonomie. Ces différences de guidage peuvent se traduire par :

  • Des formulations de consignes différentes : L’enseignant accompagne plus ou moins l’élaboration de la pensée de l’élève. Il détaille plus ou moins les étapes de résolution d’un problème.
  • Une aide ponctuelle sur le contenu, orale ou écrite (accompagnement d’un raisonnement, questions intermédiaires) qu’il fournit à la demande de l’élève ou quand il constate une difficulté.
  • Des consignes sur l’organisation : L’enseignant indique des ressources possibles, documentaires ou humaines et il suggère des répartitions de tâches dans certains groupes.

Des rythmes de travail divers

L’hétérogénéité des élèves fait qu’ils disposent une capacité plus ou moins grande à réinvestir leurs savoirs. L’enseignant peut proposer diverses options correspondant à des exigences variées. A l’oral, pour donner à chacun la possibilité de participer selon ses capacités propres, l’enseignant peut demander à certains élèves de répondre, à d’autres de donner un avis argumenté sur la réponse.

Dans des exercices écrits, la démarche consiste à donner une série d’exercices écrits à traiter par tous les élèves et à fournir des exercices supplémentaires, sur une feuille particulière, pour les élèves les plus rapides. Parfois, les autres élèves sont stimulés et cherchent à effectuer leur travail plus efficacement pour avoir droit aux exercices supplémentaires. Cela nécessite que chacun soit conscient de ce qu’il a à gagner à augmenter ses capacités à faire de nombreux exercices. La rétribution est un facteur de motivation.

Les élèves travaillent individuellement ou en groupes. L’enseignant passe systématiquement dans les rangs pour les aider éventuellement, en les encourageant ou en redonnant des explications à ceux qui en ont besoin. La séance peut être ponctuée par des moments de correction collectifs, après quelques exercices du même type, avec demande d’attention de la classe entière ou d’une partie seulement. Le professeur doit en même temps garder une vision globale de la classe. S’il constate une agitation ou une démobilisation des autres élèves, il doit intervenir pour rappeler les règles de fonctionnement ou les délais répartis…

La fin de la séance peut être consacrée à la correction des exercices, tous ou une partie. D’autres options peuvent être utiles vu la contrainte temps. Les élèves les moins rapides terminent à la maison les exercices qui seront corrigés à la séance suivante. Les travaux réservés aux élèves plus avancés sont corrigés collectivement, sinon l’enseignant les corrige individuellement chez lui.

hétérogénéité

L’hétérogénéité des élèves peut être socioculturelle, une question d’identité à prendre en compte

Les différences socioculturelles relèvent de l’identité des élèves. Enseigner, c’est aider à renforcer une image positive de soi, c’est aider à grandir. L’enseignant devrait se saisir de toutes les occasions qui peuvent permettre d’identifier et de mettre en valeur les diverses cultures des élèves et les utiliser comme points d’appui dans l’apprentissage. Par exemple :

  • en français ou en langue, proposer des études de textes ou des recherches sur les cultures des pays d’origine des élèves ;
  • aborder l’histoire des disciplines (scientifiques, artistiques…) en montrant la contribution de différentes cultures et civilisations à l’avancée du savoir ;
  • intéresser les élèves aux évolutions techniques et valoriser ainsi une autre forme de culture que celle qui repose sur des idées ;
  • valoriser toutes les expressions de la culture populaire, habituellement peu prises en compte dans l’enseignement.

8 Commentaires

  1. Où est la différenciation dans cet article ? Il ne s’agit que de continuer toujours avec la même pédagogie classique inefficace à base de cours et de leçons.
    Le seul exemple concret cité dans cet article consiste à occuper les élèves les plus rapides en leur donnant des exercices supplémentaires ! Mais ça ce n’est pas de la différenciation, c’est juste faire de l’occupationnel pour se débarrasser des élèves qu’on ne sait pas gérer.

    En réalité la solution pour gérer l’hétérogénéité d’une classe (qui est tout à fait normale, puisqu’on n’a pas 30 clones) consiste à différencier totalement les enseignements pour chaque élève, ce qui implique nécessairement de bannir les cours, les leçons, les séances et les séquences.
    C’est facile, et on sait le faire depuis un siècle, les pratiques ont largement fait la preuve de leur efficacité, il s’agit en particulier :
    – Des plans de travail, associés à des fichiers conçus pour une utilisation en totale autonomie (pas besoin d’expliquer des consignes ni de dire quel exercice faire).
    – De la méthode naturelle, c’est à dire apprendre à partir de la vie naturelle de la classe, des textes produits et utilisés, des projets divers et variés…

    Et ça fonctionne parfaitement dès la maternelle, et même (surtout) pour des enseignants débutants. Dommage que l’article n’en parle pas…

    1. J’apprécie beaucoup votre commentaire Mr. L’article propose des idées émanant de l’expérience personnelle et de celles de mes collègues. Toutefois, je suis très curieuse et je veux bien avoir d’amples informations à propos de cette méthode naturelle qui implique de bannir les cours, les séances, et les séquences comme vous avez dit.

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