Voici pourquoi la formation des professeurs de français reste hermétique

Les étudiants, munis d’une licence de lettres, arrivent aux concours de recrutement avec un bagage littéraire et linguistique très variable selon les choix effectués par leur université d’origine. Ils ne possèdent pas toujours les contenus nécessaires à l’enseignement du français. Les programmes de l’enseignement secondaire, par exemple, impliquent de la part du professeur une bonne connaissance de l’histoire littéraire, des écrivains les plus importants et d’un éventail d’œuvres intégrales. Cette culture générale nécessaire à l’enseignement est si large qu’elle ne peut être assurée que partiellement par les programmes de la licence qui ne sont pas directement conçus dans la perspective d’une formation à long terme de futurs enseignants.

C’est ainsi que certains professeurs en formation regrettent d’avoir surtout approfondi à l’université l’étude d’auteurs inexploitables avec les élèves. Et de devoir acquérir presque simultanément les connaissances disciplinaires essentielles et le savoir-faire professionnel. Ainsi en français, la formation est plus lourde que dans les autres disciplines dans la mesure où la maîtrise des contenus ne peut être considérée comme acquise.

Il est même souvent nécessaire d’apprendre aux futurs professeurs à se détacher des connaissances apprises à l’université qu’ils auraient tendance à vouloir introduire dans leur enseignement; et à se constituer un nouveau bagage plus conforme aux attentes des élèves et aux programmes. La formation pratique n’est pas suffisante pour les professeurs-stagiaires qui doivent aussi investir beaucoup de temps dans la mise au point de contenus disciplinaires réellement utilisables. En particulier, la lecture, la relecture et l’étude de romans; poèmes et pièces de théâtre adaptés aux différents niveaux est une nécessité si l’on ne veut pas se trouver pris de court. C’est en partie faute de cette prévoyance que tant de professeurs de lettres vivent leurs débuts comme une période pénible de survie au jour le jour.

L’impossible normalisation des pratiques

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